02/11/2010

La hyène, la jument et la tortue

Inceste.jpgPolaroïd 20 : 42

L'inceste.

Christophe Blocher déclarait ce soir sur la RSR: "L’UDC ne doit pas lutter contre le MCG. Si nous avons les mêmes buts, il faut travailler ensemble".

J'ai cru comprendre que la hyène n'était ni gauche, ni droite, aucun souci donc que la Tribu ne rejoigne la Horde.

C'est ensuite que je me suis rappelé avoir entendu la tortue déclarer sur nos ondes: "Mais non Monsieur, nous ne sommes ni un parti de droite, ni un parti de gauche!". Alors là, cela se complique. On est proche du coït.

Donc, si le Clan n'est ni gauche ni droite, et si la Horde n'est ni gauche ni droite, alors que voulait dire la jument quand elle a déclaré que sa Horde allait "phagocyter" l'autre Clan?  Ne parlerait-on pas ici d'une banale relation sexuelle incestueuse?

Christoph a raison. Il faut travailler "ensemble".

31/10/2010

La politique à la papa-maman

Banania.jpgPolaroïd 13 : 22

 

Beau décryptage que nous offre le Matin Dimanche en page 3 de notre consoeur Sophie Germanier. Eric Stauffer est un menteur, un voleur, et un fin communicateur.  Ah oui, j'oubliais, Eric Stauffer n'est pas maniéré, il "dénigre" les autorités.

Autant à gauche qu'a droite, on gémit, on se lamente, on pleurniche, on méprise aussi. Autant à gauche qu'à droite, on n'a juste pas compris que faire de la politique à la "papa-maman" est résolument devenu obsolète.

Ce qu'on oublie aussi de dire, c'est qu'autant à gauche qu'à droite, on a laissé le terrain vierge. "Insécurité", quelle insécurité?  "Problème avec les frontaliers", quel problème? "Kadhafi un dictateur?", oui mais non, on ne voudrait pas l'offenser.

Ce qu'on oublie de dire, c'est qu'autant à gauche qu'à droite, on a voulu rattraper le train. Celui de l'insécurité, celui des slogans efficaces et non plus sibyllins. Mais c'était trop tard, le train était déjà parti avec 17 députés dans le wagon première classe, fumeur de surcroît!

 

Les journalistes, eux, pestent d'être "utilisés", "manipulés", de ne pas savoir comment en parler. Résultat: ils en parlent tous. Doit-on aussi rappeler que l'actualité fait les médias, et non l'inverse.

Certains pourtant ont cessé de pleurnicher. Un certain Pierre Weiss, a repris les armes et nourrit son blog de faits, de chiffres, de pédagogie.

D'autres, comme les jeunesses socialistes descendent dans la rue, avec eux-aussi, des slogans que même Faruk, Ismar, et Maurice peuvent comprendre.

D'autres continuent à crier au loup, d'autres continuent d'essuyer la morve qui suintent de leur fosse nasale, ou dévalisent les stocks de kleenex. Restent ceux qui parlent d'épiphénomène. Le rendez-vous est pris.

 

 

30/10/2010

L'échappatoire

pic-1.jpgPolaroïd 20 : 34

Ne comprend pas pourquoi l’Usine descend dans la rue. C’est beau, certes. Mais ne fait que rajouter un problème sur une pile. Moyen de pression ? Peut-être, mais pas si sûr que l’on trouve d’autres lieux avant le printemps, au moins. Reste que descendre dans la rue tous les vendredis, n’amène rien. Ou alors, nos autorités sont sourdes, ou mus par d’autres desseins beaucoup plus vils. Le problème est connu. Point.

Est-ce légitime de faire grève alors que l’association reçoit de l’argent public ? Je n’en sais rien. L’aurait-il fait (la grève) s’ils étaient vraiment autogérés comme ils tiennent à le souligner ?

Peut-on s’autogérer et être subventionné ? Il y a des paradoxes qui m’échappent.

(…)

Tout autre sujet. « Doit-on parler du MCG ou pas ? ». « Sommes-nous piégés par le parti ni gauche ni droite ? ». Ce sont là les questions posées dans Brief et Débrief sur Léman Bleu, ce vendredi.

La question est pernicieuse. Ce ne sont pas les médias qui font l’actualité. L’actualité fait les médias. Sauf pose d’un anneau gastrique d’une femme d’un rupestre élu vaudois. Les journalistes ne devraient pas, dans la mesure du possible, d’avoir droit de vie ou de mort sur l’information.

On ne fait plus de la politique à la Papa Maman. L’UDC et le MCG l’ont compris. Est-ce désolant ?

Ce n’est ni au journaliste ni à un exécutif, un conseil d’état ou un gouvernement d’y répondre. C’est au citoyen.

L’un peut se servir d’un éditorial pour en parler, l’autre peut ajouter « à titre personnel » à chaque début de phrase.

Qui sommes-nous pour juger de la qualité sémantique d’une affiche ? Qui êtes-vous pour juger du rapport entre une votation et un guide révolutionnaire ? Il y a quelqu’un pour cela. Ses armes : les lois. Son nom : la justice.

Il y a des paradoxes qui m’échappent. Comme « journaliste de gauche » ou « journaliste de droite », même si un coming-out peut sensiblement faire avaler la pilule.

Bref, on ne fait plus de la politique à la Papa-Maman. La communication est irrémédiablement le nerf de la guerre politique : exit la qualité du contenu, bienvenue à la silhouette plantureuse de la forme. Constat manichéen, je vous l’accorde.

(…)

Il y a tellement de choses qui m’échappent. En aimer un et en marier un autre. Pleurer sur le carrelage de sa cuisine, et n’avoir personne à appeler.

Prendre des coups et ne plus les rendre.

Ne plus oser regarder un mendiant dans les yeux, et passer devant, comme on pisse aux chiottes. On peut ne pas avoir envie de donner. On peut dire « bonjour, non merci ».

Quitter une femme que l’on aime. Rester avec un homme que l’on aime plus.

La revoir elle. Le revoir lui.

D’autres qui m’échapperont à jamais. Faire un enfant.

 

28/10/2010

Quand le lion dort, la hyène rit

Seins.jpgPolaroïd, 10 : 32

Dans un éclair de génie ou de flair de hyène, le MCG modifie son affiche. «Vous ne vouliez pas du père?», «Je vous livre le fils !».

Et si Mouammar a pris en otage deux ressortissants suisses, le parti d'Eric Stauffer kidnappe les médias.

«Si cette nouvelle affiche entre également dans le séquestre provisoire, le MPC devrait étendre cette mesure à l’ensemble des médias présents et actifs en Suisse. Cela signifie qu’il faudrait retirer de l’ensemble des sites Internet tous les articles causant un outrage aux citoyens Khadafi, souligne le MPC».

Génial, non?

Croyez-bien que je ne suis ni sbire ni suppôt ni porte-parole, et si je le suis, c'est à mon insu, je vous le jure Monsieur le Président.

Je n'aime juste pas la censure, ni le bon goût, ni l'amère impression qu'on fait usage sélectivement de la loi.

Quant aux propos de Me Luscher (l'umlaut n'étant plus nécessaire, le Conseiller National PLR jure qu'il ne sera jamais Conseiller Fédéral), ce matin sur nos ondes:

«ô, vous savez le MCG, c'est un peu le miroir de nos faiblesses politiques, nous les partis traditionnels. Si le MCG existe, c'est un peu de notre faute donc, maintenant nous devons vivre avec. (...) Les électeurs leur ont laissé une première chance, il n'y en aura pas deux».

Oui Monsieur Luscher, s'il existe, c'est de votre faute. Et si «vivre avec» est votre seule réponse, c'est effarant.

Quant à votre dernière prédiction, c'est justement avec un telle assurance (mépris?) que le MCG a raflé 17 sièges au Grand Conseil.

 

 

 

27/10/2010

D'accord, il n'y a PAS de censure

Hyene.jpgD’accord il n’y a pas de censure.

Rappel des faits. Le MCG décide d’apposer une photo du guide de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi sur son affiche en vue des votations sur le renvoi des étrangers-criminels, le 28 novembre prochain. Affiche qui devait être disposée dans les espaces réservés aux partis politiques. Un espace dont la responsabilité du contenu incombe au Conseil D'État. Soit.

D’accord il n’y a pas de censure.

Jeudi dernier, notre bienveillant gouvernement décide d’ordonner la modification de l’affiche MCG. Motif: violation de l’article 296 du code pénal suisse. Outrage aux états étrangers. Ainsi soit-il!

D’accord, il n’y a pas de censure, juste un gouvernement bien-pensant.

Dans le même communiqué : notre débonnaire gouvernement tient à préciser à l'attention des médias (nous) et des personnes (vous) que la reproduction de l'image incriminée est passible des mêmes poursuites pénales, quel que soit le support de diffusion. Homme sandwich, tracts, pin's, berlingot de lait, message subliminal, ou serviette hygiénique, quel que soit le support de diffusion.

Tiens étrange, quelques heures plus tard, l’éminence grise du gouvernement François Longchamp déclare: que chacun pouvait bien évidemment exprimer son opinion de la manière dont il l’entendait.«Si le MCG veut distribuer des tracts dans toute la ville sous sa propre responsabilité, c’est son affaire».

D’accord il n’y a pas de censure, mais un homme qui se contredit.

Au lendemain de cette annonce, vendredi 22 octobre, le ministère public de la Confédération décrète le séquestre de l’affiche.

D’accord, il n’y a pas de censure, mais une procureure fédérale suppléante sous cocaïne. Puisque de mémoire, l’administration fédérale n’aura jamais autant été efficace et rapide pour rendre une décision.

Hier, le MCG rétorque que seul un État peut se plaindre d’un outrage, il peut en effet saisir le Conseil Fédéral… Donc en clair: pas question pour le ministère public de la Confédération, ni pour l'exécutif genevois de s'autoproclamer avocat de la Libye. Après vérification: c’est l’article 302, alinéa 2.

D’accord, il n’y a pas de censure, seulement quelques fainéants avocats, qui n’auront pas pris l’effort de dépasser l’article 296. Pour leur défense, c’est vrai, il fallait aller très vite! Eux aussi, ont profité de largesse du fournisseur de la procureure fédérale suppléante.

Et d’en profiter au passage pour citer un autre avocat, sur le plateau d’un autre journaliste valaisan: «L’article 296 du Code pénal est poursuivi d’office» disait-il. Raté Monsieur l’avocat. «Tu ne sera jamais président du Conseil d'État!» disait pourtant déjà sa mère.

Enfin le Ministère public de la confédération reconnaît son erreur, et demande à Evelyne-Widmer-Schlumpf de se charger de l’affaire.

D’accord il n’y a pas de censure, juste des autorités qui s’affolent.

Vous n’avez pas tout compris. Facile.

Des faits. Le Conseil d'État patauge, et la cocaïne coule à flot, autant dans la République qu’à Berne.

Une question: qui de Genève ou de Berne a décidé de s’occuper de cette affaire? On a notre petite idée.

Une option: et si un guide de la révolution libyenne décidait, dans un éclair de génie, pour le coup, avec autant de remous politiques et médiatiques, de s’emparer du sujet?

Le rire de la hyène résonne encore, Eric Stauffer aura réussi son coup. Nous, nous nous sommes rassurés. Ouf de soulagement, il n’y a pas de censure. Juste de l'incompétence, et de l'affolement.

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25/10/2010

Jusqu'au bout de la nuit

Editorial Radio Cité Genève, 25 octobre 2010

 

Nuit.jpgJusqu’au bout de la nuit.

«Aux sans-papiers, j’ai toujours préféré ma jument».

Les propos étaient signés Céline Amaudruz, «Amaudruzze» diront ceux venus d'ailleurs. Céline Amaudruz est l'invité du grand entretien aujourd'hui, c'est accessoirement la nouvelle présidente de la section genevoise de l’UDC... ce que l'on appelle le parti agrarien.

Et comme on la comprend, Céline Amaudruz. Elle s’y connaît en terroir: la jeune trentenaire pratique l’équitation. Bon pas sûr que ce soit elle, qui nettoie les écuries. Elle aime le jass, bon pas sûr qu’elle n’y joue pas pour de l’argent, elle est gestionnaire de fortune à l’UBS, et enfin, elle n’est ni xénophobe ni raciste, puisque vous n’êtes pas sans savoir que sa jument, répondant au doux prénom d’Ulisca est d’origine hollandaise, peuple pourtant réputé pour ses mœurs débridées, ses fumeurs de joints, et autres mendiants toxicomanes salissants les belles rues tulipées d’Amsterdam.

La belle Céline est une battante, prête à aller jusqu'au bout de la nuit pour s’opposer à une adhésion européenne, jusqu’au bout de la nuit pour remettre de l’ordre dans sa section genevoise, et quitte même à interdire la Williamine aux réunions, enfin jusqu’au bout de la nuit pour faire adhérer père, mère, amis, connaissances, collègues, inconnus à son parti, et si les morts pouvaient voter, elle irait même les chercher dans l’au-delà.

Son parti, en français, c’est l’Union Démocratique du Centre, en allemand: le Schweizerische Volkspartei, le parti suisse du peuple. Erreur de traduction ou pas, le parti suisse se transforme en Union, le peuple se mue en Démocratie. C’est pas beau ça ?

Bref, je vous le disais, Céline Amaudruz, blanche colombe, n’est pas inquiétée par les crachats des vilains crapauds. Pourquoi ? Parce que ce que l’on dit d’elle est faux. La présidente aime le débat, est prête à discuter, figure de proue même de la démocratie.

Pour preuve, samedi matin, place du Molard, je reçois un prospectus du parti agrarien : organisation d’un débat à Genève entre Fulvio Pelli, président du PLR Suisse, et Christophe Blocher, ancien Conseiller Fédéral expulsé.

Intitulé du débat : Criminels étrangers, Point d’Interrogation, faut-il les expulser ou les intégrer ?

Ça y est, je ne manque pas de m’étouffer du dernier marron chaud ingurgité, je m’étrangle puis le recrache. Malheureusement, Eric Stauffer, traînant au hasard dans le quartier est victime du marron expulsé, il essuie sa veste, m’insulte, puis me menace. Et paf, un recours au Tribunal Administratif pour atteinte à personnalité politique. Mes excuses n’y auront rien fait.

J’en reviens à la lecture de l’intitulé : Criminels étrangers, Point d’Interrogation, faut-il les expulser ou les intégrer ?

Mmmh, devrions-nous intégrer les criminels étrangers ? Leur permettre de gagner leur vie honnêtement, les scolariser, ne pas les marginaliser, offrir des cours de français à Faruk et à Ismir, Maurice, lui pas besoin, il est déjà suisse, mais violeur d’enfants, nous lui paierons donc des vacances aux Philippines.

Je m’emporte, je m’emporte. Exceptionnellement, aujourd’hui, je ne terminerai pas ce discours. Ne connaissant pas les intérêts de la Suisse avec les Philippines, je ne me risquerai donc pas, à fâcher le Conseil d'État genevois. Et je rajouterai:

«A Mouammar Kadhafi et au Conseil d'État, j’ai toujours, moi aussi, préféré ma jument».

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21/10/2010

La censure?

Lie.jpgPolaroïd 18 : 59

Que le gouvernement genevois ne souhaite pas se mouiller juridiquement dans cette affaire. Cela va de soit. C'est son droit.

Que le président du MCG décide dans un acte "d'insoumission" d'enrôler ses troupes dans une campagne d'affichage sauvage, à la barbe du Conseil d'Etat.  Cela va de soit. C'est également son droit. Que chacun assume ses responsabilités.

Que chacun y aille de son opinion de juger la qualité sémantique de l'affiche, de juger de sa pertinence par rapport aux votations du 28 novembre prochain, c'est inacceptable. Libre à chacun de pense ce qu'il veut.

Que le gouvernement prévienne, ou menace c'est selon, la presse d'oser publier l'affiche incriminée. Inacceptable. Ou alors bienveillant, merci Messieurs et Mesdames les Conseillers d'Etat.

On conclura avec la question de Pascal Décaillet à François Longchamp: "Et si en lieu et place de la Libye, vous auriez eu à faire avec la Corée du Nord? ".

Ecoutez la réponse.


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Quand l'actu tue

Jack.jpgEditorial Radio Cité, 21 octobre 2010

Si j’ai bien compris l’actualité genevoise cette semaine et avec un tout petit peu d’imagination.

Un certain Daniel Quarcoopome souhaitait organiser le concert de Prince à Genève, et plus particulièrement, au Stade de Genève. Un joli stade à 100 millions. Malheureusement, dans le même temps, Michel Chevrolet, décide, lui, de faire construire une gigantesque boîte de nuit sous le pont de la route des Jeunes. Au GHI mardi, il déclare y avoir pensé il y a deux ans déjà, le soir même sur une grande radio nationale, les deux ans se transforment en une année.

A ce rythme là, demain, l’argentin de Buenos Aires nous apprendra qu’il en a rêvé cette nuit.

Bref, le candidat à l’exécutif de la ville de Genève riposte et invoque la clause de concurrence, Daniel Quarcoopome, dévasté par la nouvelle, finit sa nuit à l’hôtel Président, commande trois bouteilles de champagne, bat sa domestique, et s’endort dans les bras de quatre filles, filles d’origine étrangère, mais déclarées non-dangereuses, raison pour laquelle l’initiative UDC ne peut être appliquée.

On connaît la suite, une trentaine de policiers empruntent le nouveau pont de la Rade, financé par une tribu elle-aussi étrangère, mais riche et donc bienvenue. Daniel Quarcoopome est emprisonné illico presto dans une cellule à Palexpo, Champ-Dollon est toujours surpeuplée, et son extension est toujours au point mort.

Michel Chevrolet, lui, est fâché. Blocage, blocage, blocage, Christian Grobet a déposé un référendum pour violation de l’article 135, alinéa 8 point 2 de la LDTR! L’ex-directeur de Léman Bleu cherche donc un lieu de remplacement pour sauver nos jeunes de l’ennui et de la morosité genevoise.

« Moa, j’irai bien à Vernier » dit-il. Pas de bol, l’endroit a failli être sauvé par Olivier Jornot, le nouveau super-héros libéral défenseur de la culture alternative, mais c’est trop tard, son ennemi juré, l’infâme sheriff Stauffer a dégainé plus rapidement. Vite une solution alternative!

François Longchamp propose de louer un hangar à Cointrin. Raté, les syndicats s’y opposent. Le président du Conseil d’Etat soumet alors, l’idée de faire des « afters » aux Automnales, en engageant de chômeurs en fin de droit. Encore raté, Genève ne peut plus prolonger ses indemnités.

Isabel Rochat lance l’idée de reprendre la patente du Velvet. Mais pas de chance, les policiers, eux ont l’habitude de se rendre à la Coupole.

Véronique (!) Künzler décide d’organiser une techno party, en plein air, sur le site de l’Allondon. Malheureusement, les grenouilles sont encore protégées.

Pierre-François Unger retourne sa veste, pas question donc d’ouvrir un club. Mark Muller, lui, essaie toujours d’obtenir des autorisations. Charles Beer et René Longet papotent dans un coin, David Hiler, lui, s’entretient avec Daniel Brélaz sur la question de l’utilité de la pose d’un anneau gastrique. Bon. Michel Chevrolet repart en Argentine, Sami Kanaan, qui ? Oui, le candidat socialiste devient maire de Genève, et nous ?

Nous. On organise un petit dîner en tête-à-tête avec la chancelière, dans un ballon suspendu au-dessus du jet d’eau… parce que les fiestas géantes à Plainpalais, ce n’est définitivement pas assez compliqué pour notre canton.

20/10/2010

Miroir ou seringue

pic.jpg20 octobre 2010

La télé-morphine et la séringue-télecommande.

On a tous connu à l’école, un ami ou une camarade de classe qui n’avait pas de poste à la maison. Quelle ringardise! Quel conservatisme! Je m’en rappelle, nous, nous la regardions en famille à midi. Sublime rituel! De n’avoir surtout pas besoin de converser avec ses parents. « Et puis le JT, c’est important » disait notre père. « Il faut se tenir informer » rajoutait-il.

Ensuite est venu le temps de demander, que dis-je, d’exiger notre propre poste de télévision… dans notre propre chambre. On pouvait enfin à notre guise, regarder ce qui nous plaisait, là, dans notre lit. Un Fanta orange dans la main droite, pop-corn salées dans la gauche. Un peu plus tard, c’est la bière qui aura remplacé le soda, le pop-corn, lui, sera resté dans la main gauche. Au passage, on aura définitivement enterrée toute forme d’activité sexuelle. Pas grave, l’écran nous donnait tout ce que nous avions besoin.

Et puis les médias sont devenus intelligents, en inventant le concept de télé-réalité. On pouvait enfin, s’immiscer dans la vie des gens, de vrais gens avec de vrais problèmes. Des beaux moments aussi partagés avec le public. La transe était totale.

Les larmes coulaient à flots, des larmes comme des obus qui pulvérisaient la dernière couche de pudeur restante. Des singes derrière un grillage de zoo, nous comme des hyènes en extase, dans la jouissance la plus totale. L’orgasme était proche.

Mais la télévision n’en est pas restée là. L’odeur du sang appelle le sang. Après l’exhibitionnisme et le voyeurisme, était venu le temps des pratiques sadomasochistes. Fini l’époque où toi, participant d’émission, devait t’étaler à raconter comment ta femme t’avait trompé, comment ton mari t’avait battu. Toi, star d’un jour, shooté à la poudre d’étoiles, on ne t’a plus demandé de raconter. On t’a demandé de faire.

Là, devant l’œil de la caméra, en inondant les masses de tes souffrances, de ta bêtise parfois, de tes faiblesse, et Dieu sait, si nous, on aimait en rire, toi tu t’es humilié. Humilier comme on gave une oie. Du foie gras qui coule à la commissure de nos lèvres. L’orgasme était atteint.

Soupir de soulagement. Au final, on aura réussi à s’endormir, ici, entre des cadavres de bouteilles d’alcool et un vieux cendrier froid. Aucune réponse à la question de savoir si on a la télévision que l’on mérite, ou si c’est la télévision qui fabrique elle-même ses propres cochons nourris aux antibiotiques.

Dans les deux cas, miroir ou seringue, le téléspectateur se pare d’un joli costume de collaborateur.

 

14/10/2010

Le Théâtre! Mais en mieux.

Lips.jpgPolaroïd 21 : 28

L'apéro, une petite arvine de Chamoson: ce soir, Genève à Chaud au micro de Pascal Décaillet, Mark Muller gifle la Cour des Comptes, et au passage la décision "collégiale" du Conseil d'Etat.

Plat principal, une assiette de crabes: débats jouissifs au Grand Conseil. Tout y passe, "ne mettons pas nos enfants en danger", "nous ne céderons pas à la pression médiatique", "nous ne devons pas soutenir un lieu commercial", "on croit rêver, les populistes ne sont pas où l'on croit", "Monsieur Jornot, défenseur de la culture alternative", une Céline Amaudruz tout en cravate (cravache?) qui expulsera un "c'est honteux!", ou encore un "Monsieur Poggia, les leçons de morale, vous les gardez pour votre groupe"!

Dessert, un excellent whisky (un bowmore 25 ans d'âge): coups bas, revanches, art oratoire, clap-clap, chuintement, huement.

 

Merci Messieurs et Mesdames les député(e)s. JOUISSIF. Vraiment. De la politique jouissive, cela n'arrive pas tous les jours.

12/10/2010

La nuit porte conseil

la-nuit-du-loup.70819.jpgPolaroïd 01 : 09

De croire que l'on va revenir à l'époque des squats est une pure utopie. Une ère se clôt, une autre s'ouvre. Laquelle?

Reste des promesses, d'élus, de condescendants, et d'autres utopistes. J'aimerais penser autrement mais le temps me donnera raison.

Essayez, tout du moins. Merci.

 

 

 

 

11/10/2010

L'indice

Doisneau2.jpgÉditorial Radio Cité, 11 octobre 2010

Ce qui a animé Genève, ce week-end. C’est une boite de nuit. C’est le MOA club, chemin des Batailles 22, 1214 Vernier.

Une belle manifestation, pas autant de gens que le prétendent certains médias, mais on n’est pas à 500 jeunes près. Un sympathique rassemblement, on ne pouvait que se réjouir de découvrir que nos « jeunes » ne sont pas aussi mous et décérébrés que l’on pouvait imaginer. Se réjouir aussi que parfois, l’idée même que l’on puisse se mobiliser ait pu effleurer leur petit esprit endolori.

Enfin de penser, que les jeunes, qui d’habituellement ne vont jamais voter, pourraient, au hasard, voter en avril prochain pour un certain candidat ? Non, cela relèverait de la pure médisance.

D’ailleurs, le candidat en question est fâché contre moi. Il ne me parlera plus. Dommage. Il aurait pu répondre à cette question : peut-on être médiateur, participer à des séances avec le Conseil d’Etat, être à la tête d’une agence de communication, et être en campagne à l’exécutif de la Ville de Genève ? Il aurait sûrement répondu : mais oui bon sang ! J’aurais, bien évidemment, acquiescé. La réponse m’importe peu, les arguments : un peu plus.

Bref, pour sa défense, lui est vraiment en campagne. Et la campagne, ça forge un homme. On prend des coups, les amis nous tournent le dos… « rôti sur le grill » diront les fin spécialistes de la politique.

Lui est en campagne, à dos de petit mulet, contrairement à deux autres candidats : l’un portant le même nom qu’un raton-laveur : Boris, l’autre le même nom qu’un héros de Scooby-doo : Sami, fameux chasseur de fantômes. A force de travailler tôt le matin pour faire la guerre aux déchets encombrants pour l’un, et l’autre d’opérer dans la discrétion pour débusquer les esprits ; plus que des candidats, c’est des candidats-revenants que l’on pourrait découvrir l’année prochaine.

Toujours est-il que ce qui a animé Genève, ce week-end. C’est une boite de nuit. C’est le MOA club, chemin des Batailles 22, 1214 Vernier.

Alors à ceux qui posent la question de savoir si l’établissement était un lieu culturel ? La réponse est OUI, n’en déplaise à l’élite alterno-culturelle genevoise.

A ceux qui posent la question de savoir si l’établissement était d’utilité publique ? On pourrait en discuter. Mais au regard du Java Club, fréquenté par des fils à papa, et des pauvres… aspirants à être riches, la SIP fréquentée par de jeunes avocats et banquiers, le MAD fréquenté par ceux qui ont été rejetés partout ailleurs, et enfin l’Usine fréquentée par des punks et des pauvres n’aspirants pas à être riche, eux ; on ne devrait plus parler d’utilité publique, mais plutôt d’alternative culturelle bienvenue.

Enfin à ceux qui posent la question de savoir si l’établissement devait fermer ses portes ? Oui, s’il ne respecte pas la législation. 

Genève semble parfois s’embourber dans le manichéisme. Ceux qui aimeraient que le Canton reste ce qu’il a toujours été: "pas question d’un tram qui amènerait une horde de Shadocks dans nos contrés", ni de construction tout azimut, et ceux qui voient Genève comme un grand point G, franco-valdo genevois, lieu technologico-diplomatico-économico-culturo foisonnant.

Et le MOA est loin d’être un événement anecdotique dans toute cette histoire. C’est un indice. Un indice que nos élus devraient saisir, parce qu’à force de ne pas s’entendre, un parti ni à gauche ni à droite, un parti ni bourreau ni sauveur en a fait son terreau, et Dieu sait s’ils ont raison.

Blocage, blocage, blocage. Vous voyez Monsieur Chevrolet, je ne vous veux pas que du mal. Au moins, vous, vous n’aurez, ni tourné les talons ni retourné votre veste. Vous voyez Monsieur Chevrolet, je ne vous veux pas que du mal, je me pose juste des questions.

 

 

07/10/2010

La grenouille et le boeuf

Frog.jpgPolaroïd 11 : 22

Mao et Moa. Le miroir. La grenouille et le bœuf. Ou l'inverse, qu'importe!

Je ne peux que vous inviter à écouter Pascal Décaillet, ce matin sur One FM.

Le journaliste a rêvé. Rêve humide? Que nenni! Rêve prémonitoire? Point du tout, voyons.

Rêve télépathique? Croak. Croak.

A quel titre et au nom de quoi, une grenouille candidate à un exécutif a-t-elle été nommé "médiateur"?

Le bœuf s'en est allé, et la grenouille s'en tape les cuisses. De rire? Pas sûr.

 

 

 

Le MOA: navrant!

Naufrage.jpgÉditorial Radio Cité, 7 octobre 2010

MCG 1, Cour des Comptes 1, Conseil d'État 0, MOA Fermeture.

Une question. Une seule. Elle est simple. Elle aurait du être répondue en quelques heures dans une démocratie limpide.

La question, je vous la pose: le MOA club a-t-il les autorisations nécessaires pour continuer son exploitation ou pas? Visiblement pas pour la Cour des Comptes et pas pour le gouvernement genevois et la Conseillère d'État Michelle Künzler, prise au piège hier sur le plateau de Pascal Décaillet.

Celui qui a mis le feu aux poudres: Eric Stauffer, le président du MCG. Le mouvement Citoyen Genevois qui dénonce des appuis politiques, pour que la boîte de nuit continue ses activités, alors même qu’elle serait dans l’illégalité, c’est-à-dire sans autorisations. On évoque alors des problèmes de sécurité. Eric Stauffer interpelle le procureur de la République. Daniel Zappelli, alors ouvre une procédure contre X.

Et puis l’affaire devient rocambolesque. La Cour des Comptes, organe de contrôle de l’administration cantonale dénonce le magistrat Pierre-François Unger pour être intervenu auprès du MOA pour qu’il ne soit pas fermé, comme l’exige pourtant la loi, page 26 du rapport de la Cour des Comptes.

On assistera alors à un débat enflammé entre le médiateur Michel Chevrolet et Eric Stauffer sur un plateau de télévision. S’ensuivra une conférence de presse de la dernière chance du patron du MOA club et de son avocat, Pierre Bayenet. Les uns avouent détenir des autorisations d’exploitation valables, l’autre, la Cour des Comptes, elle démentira. Enfin, hier soir, toujours sur le même plateau de télévision, Michelle Künzler, ministre en charge de rien, annonce la fermeture provisoire de l’établissement.

Vous n’avez sûrement rien retenu. Une évidence. Nous aussi. L’odeur, la sentez-vous? Le souffre. Nous aussi.

Reste des questions.

Les autorisations concernant la sécurité sont-elles délivrées ou pas? Sont-elles valables ou pas?

Où est donc passé Mark Muller, Conseiller d'État en charge des Constructions, et donc en charge de délivrer les dites autorisations?

Où est donc passé Pierre-François Unger, Conseiller d'État représentant du gouvernement dans la gestion de ce dossier?

De quel pouvoir est investi la Cour des Comptes?

Y'a-t-il eu accointances et influences politiques?

A quel titre et au nom de quoi, un candidat PDC à l'exécutif a-t-il été nommé "médiateur" ?

Trop d’inconnues pour résoudre l’équation. Cette histoire ne sent pas le souffre. Cette histoire pue le souffre.

Reste cette question: vit-on dans une république bananière? Autant de bananes pour ne pas savoir si un établissement est dans la légalité ou pas. C’est un peu navrant. Un établissement qui ferme ses portes, ça aussi, c'est un peu navrant.

30/09/2010

Ainsi soit-il!

Pigeon.jpgÉditorial Radio Cité 30 septembre 2010

Les sept oublis capitaux. J'imagine que vous voyez de quoi je parle.

Nous apprenions donc hier que les funérailles de Monseigneur Genoud avaient été «oubliées» par les autorités genevoises.

 

Prenez une séance du Grand Conseil, rajoutez-y une élection soporifique au Conseil Fédéral, vous obtenez une occultation de l'esprit du Conseil d'État. Pas un esprit, pas deux esprits, pas trois esprits, mais sept esprits qui auraient, dans un élan communautaire de télépathie, enterré, tous ensemble, l’événement pourtant majeur en Suisse romande.

Soit.

Prenez le statut FaceBook d'un Conseiller d'Etat le 25 septembre dernier, jour des obsèques et vous obtenez son état d'esprit : "Allez Serveeeette !". Bon, pour sa défense, disons que c’est le seul représentant du gouvernement genevois qui est présent sur le réseau social. Malheur lui en a pris, le réseau social, lui ne l’aura pas oublié.

Soit.

Alors soyons clair. Que nos sept sages n’assistent pas à des funérailles ne relève pas de la faute grave, tout juste de la légère faute de goût ou de courtoisie.

Que certains croient que le Conseil d'État se soit transformé en une sorte d’escadron anti-catho brandissant le glaive de la laïcité, cela relève de la psychose. De penser qu’il vaille mieux s’afficher avec un rabbin, un imam ou un pasteur, «plus tendance», cela relève carrément de la paranoïa.

Je comprends mieux désormais les propos officiels du gouvernement dans son point presse d'hier et dans l’utilisation d’un glacial et hautain «plus-que-parfait», écoutez : "Le Conseil d'État indique qu’il eût été préférable qu’il y fût officiellement représenté".

Alors, Messieurs et Mesdames les sept victimes d’Alzheimer, on peut comprendre que vous aviez bien d’autres choses à faire, un 25 septembre. Du baby-foot, du patinage sur glace, vous engager pour un avenir durable, pester sur votre blog contre une amnistie fiscale ou profiter d’une soirée de gala, cigare à la bouche.

Mais de grâce, arrêtez de nous rouler dans la farine. Ne nous parlez pas d'oubli. Et dites-le franchement: Monseigneur Genoud, qui?

Et ainsi soit-il!