24/11/2010

κριτικός : qui discerne.

Paris.jpgÉditorial Radio Cité, 24 novembre 2010

En honneur à Guy Mettan.

Et si vous n’avez absolument aucune idée quant à l’identité de ce personnage, pourtant public ; dirons-nous alors qu’il est encore pour quelques temps, président du Grand Conseil.

Il est aussi victime du rejet des Vieux-Grenadiers. Étonnant ! Il est valaisan d’origine. On imagine que les amateurs de chasselas n’ont probablement pas voulu d’un féru de petite arvine.

Il est enfin accessoirement auteur d’un blog sur lequel il a récemment tiré le bilan de son année de présidence démocrate-chrétienne. Oui, Guy Mettan est aussi journaliste, il assiste d’une main de maître le club suisse de la presse. Il fût aussi dans ses plus espiègles années, rédacteur en chef d’un grand quotidien genevois.

Guy mettant empoigna la plume pour rédiger ses mémoires, intitulé : le bilan de moi-même, écrit par moi-même. S’il le peut, je le peux aussi. C’est ma façon à moi de lui rendre hommage aujourd’hui. Et quoi de plus révérencieux que de dédier, à un homme qui a toujours su garder son indépendance d’esprit, une hymne à la liberté de la presse.

Vous n’êtes pas sans savoir que la plus grande garden-party du gouvernement vient de fermer ses poternes. Ce sont les Automnales.

Alors je vous vois venir. Travailler dans une radio, détenue par une maléfique créature qui, de ses charmes envoûtants, a œuvré, avec le Malin, dans la destruction de la Foire de Genève, peut ''prêter à collusion''.

Ceci étant dit, si les faits s’avèrent véridiques, nul doute que je finirai transformé en crapaud boutonneux. Et probablement au chômage.

Non, là n’est pas la question. La question est la suivante : pourquoi ne nous a-t-on pas dit, ouvertement, que les Automnales étaient une magnifique fête, organisée par un brillant gouvernement, et payée par des contribuables, adeptes de Marie-Paul Belle ?

Qu’on organise des fêtes ne me dérange pas, et même si nous en sommes les aimables contributeurs. Ce qui me dérange un peu plus, c’est la dépêche de l’agence télégraphique suisse qui nous dit que les Automnales ont été un succès. Un succès pour qui ?

108'000 visiteurs, c’est 12'000 de moins qu’attendu, pas grave. 28'000 de plus qu'en 2009, soit. Mais c’est 52'000 de moins, au vu des 160'000 billets offerts gracieusement. A 10 francs l’entrée, c’est 1,6 million de francs, mais cela, personne n’en parle.

Ce qui me dérange aussi, c’est l’absence de sens critique sur la manifestation. Combien va-t-elle nous coûter ? Est-il vrai que les exposants sont payés pour s’exposer aux Automnales ? Si oui, combien ? Pourquoi?

Enfin ce qui me dérange encore, c’est l’absence de critiques quant aux 500'000 francs dépensés en marketing. C’est vrai, c’est ‘’peanuts’’ en comparaison du budget de l’Etat, et des 14 millions du MOA Club.

En fait, ce qui me dérange, c’est l’absence de sens critique tout court. Tout le monde s’en fout, on dresse des portraits élogieux, on se fait agent de communication décérébré, le qualificatif « reportage publicitaire » est certes lisible, oui, mais avec une loupe et une bonne acuité visuelle.

Bravo ! Merci à tous, la fête est finie, l’Automne avec. Guy, s’il vous plaît, revenez au journalisme.

 

''L'automne a beau se parer, comme une vieille coquette, s'orner de feuillages pourpres ou mordorés, il n'est que leurre et trompe-l'œil''.

23/11/2010

La recourite des écrevisses

PU.jpg23 novembre 2010

Ce qui a délié les langues hier, ce n’était ni les 48 employés de DHL licenciés (après avoir dépensé 14 millions pour une boîte de nuit, le Conseil d’Etat devrait sûrement arriver à dégoter un budget pour les aider), ni la conférence donnée par notre ministre de la Sécurité, Isabel Rochat, à l’Institut National Genevois (quoique, on y a appris que les joueurs de bonneteau seraient désormais systématiquement détroussés de leur gains quotidiens, et Dieu sait si ces dangereux criminels le méritent).

Non, ce qui a délié les langues hier, c’est la ‘’recourite’’ aiguë dont est victime Genève.

On l’apprenait de la bouche du directeur de la branche ‘’infrastructures’’ des CFF : l’ouverture du chantier du CEVA est toujours bloquée par 27 recours.

La ‘’recourite’’, c'est un peu comme attendre la beauté de l'automne et se plaindre des chaussées glissantes recouvertes de feuilles humides.

La ‘’recourite’’, c’est comme les étrangers: loin de chez nous, on souhaiterait les aider, au mieux les intégrer. Mais dès qu’ils franchissent le seuil de notre quartier ou de notre rue, on les imagine déjà à bord d’un charter, direction Tunis, Alger ou Zagreb, villes bien évidemment tirées au sort sous assermentation d’un huissier de justice.

En clair, tout le monde souhaite construire à Genève, mais pas à côté de chez soi.

Ce qu’il y a de plus beau dans le débat démocratique, le vrai, pas celui des alcôves ou de l’assemblée, mais celui de la rue, du coin du bar, ou de la pause café, c’est le nombre d’opinions, de certitudes, de faits et de mensonges qui s’y échangent. Au coin du bar ou de la machine au café, on refait souvent le monde, souvent aussi, avec peu de succès, mais au moins, on vit. Les prises de positions se succèdent : tantôt fausses, tantôt vraisemblables, les unes pertinentes, les autres chimériques, les ‘’sans-rapports’’, les digressions xénophobes, les parenthèses théologiques, ou encore les divagations ‘’éthylo-concentrées’’.

La ‘’recourite’’, c’est un peu comme ces discussions qui ne mènent souvent à rien. Elles ne sont pas absolument nécessaires, mais qu’est-ce qu’elles font du bien.

La ‘’recourite’’, c'est protéger le con du bien-pensant et inversement le bien-pensant du fou.

La ''recourite'', c'est peu ce qui relit encore le citoyen du pouvoir, et de rappeler au pouvoir qu'il n'est pas tout puissant.

La ‘’recourite’’, c’est chiant. Mais qu’est-ce que c’est utile à la démocratie.

Ah oui, j’oubliais. Dans la même veine, on apprenait aussi que les travaux de la plage des Eaux-Vives pourrait débuter au printemps 2013. En précisant, bien évidemment : ‘’si aucun recours n’est déposé’’.

Pas si sûr, au vu du nombre de défenseur d’écrevisses à pattes blanches qui sévissent dans la République.

 

22/11/2010

14 millions, 160 000 billets et des écrevisses à pattes blanches

Ecrevisse.jpgÉditorial Radio Cité, 22 novembre 2010

Si vous avez été absent de notre chère République ces derniers jours, je me dois, dans la plus grande objectivité, cela va de soit, de vous rendre compte des évènements qui ont bouleversé l’actualité.

Le Canton de Genève règle désormais ses problèmes à coup de millions, 14 pour être exact. Il s’achète 20'000 mètres carré à Vernier pour conserver sa boîte de nuit préférée, le MOA Club. Promis, nous dit-on, les gendarmes, les pervenches et tout autre personne affichant un écusson genevois sur leur veste ne bénéficieront pas de la carte platine VIP et seront soumis à une fouille corporelle. Thierry Cerrutti, le représentant de la culture à Vernier fulmine, il n’a pas été mis au courant. Enfourchant sa mobylette, il se dirige tout droit vers le Grand Conseil.

Dans le même temps, Michel Chevrolet, sans domicile fixe depuis qu’il a décidé d’offrir son gîte à des étudiants ayant peine à se loger, conduit son bus de campagne, sa petite maison roulante, direction : les Automnales.Fan de Marie-Paul Belle, il a, lui aussi, pu profité des 160'000 entrées gratuites, généreusement offertes par un bienveillant ex-chambellan. Dans un rapide calcul mental, le candidat à la Mairie de Genève se dit que 160'000 billets à 10 francs l’entrée, c’est un 1,6 millions de francs. « C’est décidé, quand je serais Maire, moi aussi, j’investirai dans la culture ».

Pas de chance, pris dans ses pensées, il ne voit pas le cyclomotoriste enragé qui déboule sur le bitume. Et là, c’est le drame. Thierry Cerrutti est emmené d’urgence à l’hôpital cantonal, chambre 547, qu’il partage avec un hippie valaisan moustachu, et ce n'est pas Jean-Charles Rielle.

Notre élu verniolan est vert de rage. Faute à un majeur fracturé, il ne pourra pas voter ce soir sur les écrevisses à pattes blanches, sujet en votation au Grand Conseil. Son collègue de chambre, aveugle mais pas encore sourd, lui propose de voter à sa place. « Chantage, chantage, chantage » hurle Michel Chevrolet posté dans le couloir. « On a déjà condamné un élu de couleur pour fraude électorale, on ne va pas te condamner toi aussi ! », rajoute-t-il.

Ni une ni deux, trois infirmières bulgares accourent et tentent de maîtriser notre trio infernal. Manque de chance ou heureuse destinée, Eric Stauffer, victime lui aussi d’un accident de tracteur, débarque dans le couloir, pour pester contre cette prise d’otage. Organisant de suite une conférence de presse dans le hall de l’hôpital, il déclarera avoir été brutalisé, non pas par trois, mais par 120 infirmières, elles-mêmes tout bulgares.

Dans le même temps, et apprenant que le leader du MCG avait décidé de convoquer la presse, Monica Bonfanti et Isabel Rochat quittent immédiatement les Bains des Pâquis où elles profitaient d’une langoureuse séance de massage à deux (quelles petites coquines!), pour se rendre à l’hôpital.

La suite, vous la connaissez. Le Gouvernement genevois débloque des fonds spéciaux, puisque c'est sa nouvelle manière de faire.

Eric Stauffer est envoyé en vacances à Tripoli, où il pourra s’adonner à ses premières amours : la photographie.

Bernard Rappaz retournera cultiver l’abricot en Valais.

Michel Chevrolet, quant à lui, se voit offrir un abonnement général CFF en hausse de 3% pour sillonner la Suisse et mener campagne dans tout le pays.

Vous voyez, l’actualité, on peut tout lui faire dire à force de l’imaginer.

Quittant l’hôpital, Thierry Cerutti voyant, main dans la main, Monica et Isabel, sifflote : « Ah, qu’elles sont jolies les filles de mon pays ».

20/11/2010

Le gardien et la hyène

Black.jpgPolaroïd du samedi 13 : 15

Etonnant de poursuivre une hyène pour une affiche dont le contenu n'aura jamais été diffusé, in fine.

On ne retiendra qu'une interdiction (pardon, amputation) aux relents de censure. Une mise en garde amicale envers la presse. Un Conseil d'Etat prudent, mais délateur.

Et enfin, deux gagnants:  un gardien de chèvres et une hyène.

L'un les aura mis à genoux. L'autre pourra bomber le torse en 2011, histoire d'oublier qu'on lui avait refusé le magnum de champagne dans une boîte de nuit cantonalisée.

Pendant ce temps-là, au Grand Conseil, on vote sur les écrevisses à patte blanche, Rappaz, lui, tente de retrouver les barres vitaminées qu'il avait caché dans un coussin "enchanvré". Surveillé par trois infirmières bulgares, attentionnées cela va de soit, qui rêvent de passer leur soirée aux Automnales pour rendre hommage à Michael Jackson.

 

J'aime.

18/11/2010

Supercalifragilisticexpialidocious

mary-poppins.jpgPolaroïd 11 : 24

L'Etat veut acheter le terrain et le bâtiment du MOA Club pour 14 millions, 19'639 m2.

Mark Muller, Nicolas Grange, Olivier Jornot, Michel Chevrolet, tous présents à un point presse du gouvernement.

Tous ensemble. Pour dynamiser Genève évidemment.

 

 

 

 

pic.jpgPolaroïd 12 :25

Eric Stauffer poursuivi par le CF sur plainte de la Libye.

Sans rappeler ceci (http://olivierfrancey.blog.tdg.ch/archive/2010/10/27/il-n...)

(...) Une option: et si un guide de la révolution libyenne décidait, dans un éclair de génie, pour le coup, avec autant de remous politiques et médiatiques, de s’emparer du sujet?  Le rire de la hyène résonne encore, Eric Stauffer aura réussi son coup. Nous, nous nous sommes rassurés. (...)

17/11/2010

C'est un scandale!

CH.jpgPolaroïd 18 : 36

 

Léman Bleu, journal & Genève à Chaud. Sur la motion déposée par l'UDC genevoise sur la suspension de la taxe automobile.

Céline Amaudruz:  "Au lieu de coller des contraventions, ils [les agents municipaux] devraient mieux s'occuper des étrangers-criminels".

Je n'arrive pas,  moi non plus, à parquer ma jument. Que fait la Police?

© Crazy Horse

16/11/2010

Le temps sur Genève est bien lourd.

Pluie.jpgHier, sur Genève, le temps avait donné raison encore une fois à William Sheller : il était bien lourd.

Un temps à rester chez soi. Un ciel sombre et oppressant à vous plomber le moral, une météo à rêver d’un autre lieu, d’un autre temps.

Ce fût le cas. Hier. Regarder ces gouttes de pluies glisser lentement sur le carreau de la fenêtre, n’aura jamais autant susciter d’images, de souvenirs et de réflexion.

C’est facile des gouttes d’eau, me direz-vous. Facile comme un couple, pourrait-on presque rajouter. Après s’être lentement rapprocher, elles commencent d’abord par s’effleurer, puis s’embrasser, pour inéluctablement finir par s’accoupler. Tiens ! Il n’y a plus DEUX gouttes, mais UNE seule grosse goutte. Cherchez la métaphore !

La grosse goutte n’est pas farouche, ni fidèle : elle continue sa descente sur la vitre, rencontre une autre goutte, devient encore plus grosse, descend toujours plus vite. La fin, on la connaît : l’obèse goutte finira par s’écraser lamentablement sur le bord de la dite-fenêtre, fin de l’histoire.

Vous voyez ? Ne rien pouvoir faire, faute d’une météo hargneuse, peut vous pousser parfois à penser.

Hier donc, le temps était bien lourd : « interdiction de mettre le nez dehors, tu vas attraper froid », disait déjà une mère anxieuse à l’idée que sa petite prunelle puisse tomber malade. Voilà la naissance de la réflexion. L’interdiction.

Il me semble qu’il fût un temps, où il n’y avait pas beaucoup d’interdiction. A part bien évidemment, voler des bonbons, incendier une poubelle et sonner à la porte d’un méchant voisin, avant d’avoir bouté le feu à un journal rempli d’excréments. Un temps, où l’on ne vivait pas dans le champ des interdits, mais bien dans celui des possibles. On interdisait peu, on préférait éduquer, conseiller, prévenir.

Je ne sais pas si tout cela a changé aujourd’hui, la mémoire est une menteuse, celle qui peut transformer une pathétique histoire d’amour en une relation passionnée. Vivons-nous aujourd’hui dans un monde encerclé d’interdits ?

On interdit aux vendeuses de rentrer chez elles avant 19 heures. On interdit à Rappaz de mourir. On interdit à Sandrine Salerno, LE maire de Genève, de faire payer son site promotionnel de campagne politique par les contribuables. Ah non, ça, on ne l'a pas fait! On interdit les voyages d’étude, on interdit aux journalistes de dire du mal des Automnales. Vous l’aurez compris, l’interdiction est à la mode.

Hier donc, le temps était bien lourd.

L’occasion surtout de se remémorer à quel point c’était tellement bon de les violer, ces interdictions.

On est donc sorti, là sous la pluie. Trempé mais heureux, on s’est dit qu’au lieu d’aller à la Foire de Genève voir un groupe qui rend hommage à Michael Jackson, on ira voir William Sheller, le 31 mars prochain au Théâtre du Léman.

De là à devenir un homme heureux, c'est une toute autre question.

12/11/2010

Bullshit

Cadre.jpgPolaroïd 01 : 04

"Un voyage culturel" déclare Charles Beer. "Le DIP n’est pas une agence de voyages! Un voyage doit d’abord répondre à des critères culturels".

Les plus jeunes répondront "Bullshit", et ils auront raison.

En partageant l'opinion de Raphaël Leroy sur son blog (raphaelleroy.blog.tdg.ch), je rajoute qu'il n'y a PAS de voyage d'étude CULTUREL.

Le voyage "culturel" est la formule politiquement correct. Un voyage d'étude, c'est un moment de vie. Là où les souvenirs se construisent, parfois les liens aussi. C'est raser la hiérarchie, c'est partager un verre de vin avec son professeur. C'est grandir.

Un voyage d'étude, c'est se rendre compte que lui, encyclopédie de savoir, épée de Damoclès et autorité auto-proclamée, a lui aussi, ses problèmes. Que lui, aussi, a du plaisir à vous côtoyer, adolescent boutonneux et anxieux.

Un voyage d'étude, c'est espérer l'embrasser, elle, la fille aux beaux cheveux longs.

Ne vous déplaise, un voyage d'étude, c'est partager deux, trois, parfois trop, six canettes de bière avec ceux qui partagent notre vie.

Un voyage d'étude, c'est partir. Loin. Des notes, des parents, du résultat, des ambitions, des exigences.

Un voyage d'étude, c'est tout SAUF un voyage culturel. C'est un moment de vie. Grandir, c'est aussi faire des erreurs. Ils seront punis, on le sait.

Mais de grâce, arrêtez de ne nous parler de "discipline".

11/11/2010

Vous reprendrez bien un peu de dynamite?

Valseuses.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 11 novembre 2010

«Ensemble, dynamisons Genève».

Voilà, c’est le slogan de campagne de Michel Chevrolet, candidat à l’exécutif de la ville, présentement directeur d’une agence de communication, ancien directeur et rédacteur en chef de Léman Bleu, présentateur-à-son-insu-humoriste d’une émission sur une télévision locale en quête d’argent ou d’économies, c’est selon, ancien journaliste à la RSR, et accessoirement, dans ses idéalistes années d’éphébisme, président des jeunes du parlement de Meyrin.

Mais jeune, il l’est toujours, à voir ses efforts déployés pour sauver sa boite de nuit fétiche et non pas SM, le MOA Club.

« Ensemble, dynamisons Genève », c’est aussi ce qui trône, sur le « nouveau » site internet que le candidat a lancé hier, à grand coup de communiqué. Le PDC est donc fortement présent sur la toile : MichelChevrolet.ch, mchevrolet.blog.tdg.ch, espace-chevrolet.ch ou encore facebook.com/michel.chevrolet.

Bien.

Dans le même temps, on ne peut, sauf atteint de mauvaise foi, critiquer l’omniprésence du personnage un peu partout. SamiKanaan.ch n’existe pas, BorisDrahusak.ch non plus. Et pour ceux qui ne les connaîtraient pas, sachez que ces deux illustres inconnus sont également candidats au même poste. Sauf que eux, ont décidé dans la plus grande machination, dans la plus haute forme de machiavélisme (à croire qu’ils ont pris des cours avec d’autres dont les noms seront passés sous silence ici), ont décidé d’attendre le dernier moment pour se lancer dans la bataille.

On se pourlèche déjà les babines, imaginez : des lancers de ballons à leurs effigies, des cartes postales au couleur du parti, des clefs USB, 16 go, promis à toute électeur leur étant favorable, et enfin, roses offertes à toutes les dames, graine de ficus à tous les hommes.

Seul problème, me direz-vous, c’est la différence de moyens financiers dans cette campagne, c’est vrai, je le regrette amèrement, j’imagine que Michel Chevrolet aussi. L’homme est noble, un combat déséquilibré lui donnerait, à coup sûr, de l’urticaire, se battre à armes égales fait parti de ses sacro-saints principes.

Bon, c’est vrai, pour sa défense, et il faut le rappeler, notre candidat n’est pas libéral, il est PDC! C’est tout le problème.Ouste la manne financière des notables genevois! Ouste les bas de laine des promoteurs immobiliers!  Ouste les deniers des banquiers!

Ne lui reste que ses œuvres d’art qu’il expose dans sa galerie, 5 rue du Diorama, 1204 Genève. Il lui faudra en vendre, du Newton, du Botero, ou encore des poèmes originaux de Soli Pardo, l’album de bonnes blagues dédicacé de Guy Mettan, le manuscrit des voyages de Laurent Moutinot, et enfin, masterpiece, un extrait tamponné à l’aigle, de la quittance d’achat d’un sauna équipé en jets puissants d’Eric S.

Vous n’êtes pas sans savoir, que nous avons souvent houspillé le godelureau trentenaire sur nos ondes. On taquine. On tacle. Parfois on fait mouche, et le candidat nous annonce qu’il ne nous parlera plus. Parfois, on se trompe en qualifiant l’animal de « fêtard », alors qu’il est rentré dans les ordres.

Mais le problème est simplissime. Quand il n’y a qu’un coureur dans le couloir, qu’un Travolta sur la piste, et que les autres sont dans les starting-blocks ou au bar en train de charmer une pianiste libérale… et bien, facile: pas besoin de traquer la bête, elle s’offre à vous.

Alors, de deux choses l’une.

Soit le coureur se trompe, et ce n’est pas un 100 mètre qu’il courre, mais bien un décathlon, auquel cas, notre athlète risque fortement, sauf dopage, de finir essoufflé.

Soit, c’est bel et bien un sprint, auquel cas on invitera les retardataires à arrêter de s’échauffer.

Et de conclure par ces paroles, Monsieur C.

« Ne faites pas attention à ce que dit la critique : on n'a jamais élevé une statue, à un critique »

Comme cochon

pic.jpgPolaroïd 12 : 51

"A Genève, accusations de copinage concernant le conseiller d'Etat Mark Muller. En cause: le magistrat libéral, responsable des constructions, a autorisé des travaux de surélévation sur trois immeubles se trouvant en zone protégée. Cela par le biais d'une dérogation spéciale".

C.L. Libéral, M.M. Libéral, H.H. Radical.

On densifie, on densifie.

"Je lutte contre la pénurie de logements" dixit M.M. Qui rajoute: "D'un point de vue esthétique, j'ai été convaincu que ces immeubles pouvaient être surélevés".

Le combat politique fait rage. Jouissif.

"Le bât blesse, car les immeubles en question appartiennent au conseiller national libéral et avocat Christian Lüscher et à l'associé de ce dernier, Olivier Carrard." Extase!!!

Enfin, horreur! Quand la réalité vous joue des tours. "L'acharnement de la ville de Genève" dira-t-il.

On le croit. Il gagne contre les tribunaux.

09/11/2010

Un gouvernement qui ne décide pas, ne gouverne plus

Float.jpgPolaroïd 20 :46

L'article m'aurait échappé, page 22 de la Tribune du 9 novembre, s'il ne m'avait pas été rappelé par le biais du blog tenu par Pascal Décaillet.

Sous la plume de Christian Bernet, on apprend que pour le Conseil d'Etat, le Tribunal Administratif n'est pas habilité à traiter le recours du MCG.

Doit-on le rappeler, mais le gouvernement genevois avait "ordonné" la modification de l'affiche du parti d'Eric Stauffer, en invoquant l'article 296 du Code Pénal Suisse: "Outrages aux Etats Etrangers".

On apprend donc aujourd'hui que pour le Conseil d'Etat, le MCG ne peut pas recourir. Motif du gouvernement: "Ce que j’ai décidé n’est pas une décision au sens propre, elle n’est donc pas attaquable devant les tribunaux".

 

On nage en plein délire. Un gouvernement qui ne décide pas, ne gouverne plus. Il patauge.

Les Portes du Soleil et de l'Ombre

La Garde Noire.jpg9 novembre 1970, 08 : 12

Aujourd’hui, jour de mémoire pour tous les nostalgiques de Charles de Gaulle, et Dieu sait s’ils sont nombreux, il nous faut être résistant ce matin.

Amis de l’extrême-gauche genevoise, et Dieu sait si vous, vous n’êtes pas nombreux, mais toujours autant divisés bande de petits coquins, ne m’en veuillez pas, si je ne consacre pas cet éditorial à VOTRE jour funeste, le 9 novembre 1932.

Flashback. Nous sommes donc le 9 novembre 1970.

A Genève, en ce jour d’automne, une grande fête se prépare, et elle se prénomme la Foire. Ou le Salon des Arts ménagers. Comme si l'Art s'acoquinait du ménage. Et bien détrompez-vous Mesdames!

On y trouve de tout : des aspirateurs Electrolux, des presses-agrumes Moulinex, des grille-pains, des gaufriers, des épileurs SEB, et SEB c’est bien, des poêles TEFAL, des fers à repasser Calor, des nains de jardins, des pics à glace et des objets vibrants pour caresser son visage. Bref, tout ce qu’il vous faut pour devenir la ménagère idéale.

Dans le même temps, le gouvernement souhaite faire la promotion de cette fantastique, que dis-je, de cette mirifique manifestation, populaire, cela va sans dire. Et pour preuve, Michel Sardou et Mireille Mathieu, en personne, animeront les fins de soirées sponsorisées aux couleurs de la marque Suze.

Le gouvernement ne lésine pas sur les moyens. Le gouvernement n’est pas radin, le peuple doit en avoir pour son argent. En parlant d’argent d’ailleurs, généreux comme il est, de nature bienveillante, il n’hésitera pas à dépenser sans compter pour voir ces sourires s’afficher sur le visage de ses concitoyens, pour que les portes du Soleil s’ouvrent à eux.

Un demi-millon,c’est le budget marketing!

Les grands quotidiens de la place salivent, c’est l’occasion d’engranger des sous-sous. Reportages exclusifs au cœur de la manifestation, sublimes portraits des instances dirigeantes, les coups de cœur des journalistes s’étalent, ou bavent sous le bourrèlement des rotatives. Sabrez le champagne, l’enivrement est total !

Mais les autorités ne s’arrêtent pas là. Dans un communiqué publié le 3 novembre, ils savent déjà que l’orgasme sera atteint. Je cite de mémoire : la foire 1970 : « le succès en vue » !

Mais comment sont-ils si sûrs de caresser le firmament, alors que 80 000 personnes ont visité l’édition 1969? Facile !

N’ayons pas peur de la démesure, faisons comme les syndicats marseillais, on prend le chiffre de l’année précédente, 80 000, on le divise par PI, on le multiplie par le nombre de radicaux au Grand Conseil, que l'on re-multiplie par la racine carrée du nombre de dents qui raient le parquet de l'hôtel-de-Ville et on obtient: 120 000 personnes attendues en 1970 ! Quelle bande de petits coquins !

Bon, c’est vrai, ce que l’on oublie de dire, c’est que 160 000 billets ont été offerts généreusement à ceux qui en ont le plus besoin. Mais Dieu sait si on les comprend, l’extrême gauche n’a toujours pas de moyens, pas facile de débourser une thune, tarif AVS, pour s’offrir le précieux sésame de la manifestation.

Vous l’aurez bien saisi.

Être résistant, c’est réfléchir avant d’avaler.

Être résistant, c’est avoir le courage de ses opinions.

Être résistant, c’est surtout ne pas se taire.

Être résistant, c’est un peu l’extrême gauche. On ne partage pas toujours les idées, mais, eux, ont le mérite de se battre, en plein soleil. Et pas dans l’ombre, comme une garde noire.


Allez, Charles, Champagne pour tout le monde, c'est mon tour!

 

07/11/2010

En passant

Seul.jpgPolaroïd du dimanche soir, 20 : 22

Peut-on être Conseiller National et défendre les ex-dirigeants de la BCGE?

La question est-elle si insipide que personne ne l'ait posé?

(...)

Peut-on offrir 160 000 billets gratuitement pour une jolie foire d'automne?

Combien a coûté et coûtera la jolie foire d'Automne au contribuable?

A 500 000 francs la campagne de pub, j'espère votre foire magnifique, pleine de succès. De quoi tous nos redonner le sourire. Et effacer le souvenir de ce vilain procès. Que tout le monde souhaitait se produire, bien évidemment.

04/11/2010

Le Mensonge ou la Couverture?

LieToMe.jpgPolaroïd 11 : 19

On apprend de la Cours de Justice genevoise que le président de la Cour correctionnelle Jacques Delieutraz a admis avoir vu "3 ou 4 fiches" de jurés potentiels, de profession libérale (donc trop cher et/ou indisponible), et de les avoir volontairement écarté. Soit.

La question: quand l'a-t-il réellement admis?

 

Si c'est fin août: La Cours de Justice aurait-elle décidé de couvrir le juge Delieutraz pour que le procès puisse commencer?

Si c'est le mercredi 3 novembre: Le juge Delieutraz aurait-il menti lorsqu'il a été auditionné fin août?

Dans les deux cas, est-ce scandaleux?

 

03/11/2010

Vous avez dit séparation des pouvoirs?

Dark.jpgPolaroïd 16 : 52

Après le Conseil d'Etat qui censure, voici le Conseil d'Etat qui "déplore", qui "entend que".

Je vous l'accorde, le gouvernement est partie civile dans le procès de la BCGE. A ce titre, il a le droit de faire valoir ses idées, ses opinions, ses sentiments.

Le seul problème, c'est que le Conseil d'Etat est un exécutif. Le seul problème, c'est que la démocratie a inventé un concept: la séparation des pouvoirs.

En reprenant vos propres expressions Très Cher Gouvernement, puisque bien entendu, un CONSEIL d'Etat est composé de SEPT membres:

"Il eut été préférable que vous y envoyiez votre avocat, Maître Eric Alves de Souza".

Enfin, à défaut de violer la séparation des pouvoirs, vous auriez fait semblant.

 

18 : 06 Forum RSR

François Longchamp invoque l'article 124 de la Constitution.

Art. 124  Surveillance des tribunaux

Sans préjudice des règles relatives à l’organisation intérieure et au fonctionnement des tribunaux et sous réserve des compétences disciplinaires du Conseil supérieur de la magistrature, le Conseil d’Etat veille à ce que les tribunaux remplissent leurs fonctions avec exactitude.

Certes. Mais “il eut été préférable que le gouvernement veille aussi aux règles de procédure de la sélection du jury“, non ?

 

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