21/01/2011

Christian G.

slow-motion-bullets-1.jpgPolaroïd 11 : 10

Christian G.

C’est un vieux renard. Un technicien du législatif. Un fou de la LDTR. Les yeux ulcérés, l’écume aux lèvres. Il ne nous regarde jamais, une absence révélatrice.

Qu’importe la bannière, qu’importe le socialisme, qu’importent le Conseil d’Etat, le Conseil national ou le Conseil Fédéral.

Qu’importent les critiques, qu’importent les erreurs, qu’importent les louanges.

Qu’importe l’âge.

Il ne gagne pas à tous les coups, suscitant admiration et haine. Il se bat comme un chien de combat, alimenté aux amphétamines idéologiques. Il ne desserrera pas la mâchoire.

Comme une balle dans un champ de guerre, déchiquetant au passage, muscles, tendons et viscères.

Comme Christian G.

04/01/2011

Le cercueil et la balle

Joker.jpgPolaroïd 06 : 59

C'est un Eric Stauffer plus que matinal qui nous livre sur FaceBook une nouvelle proposition:

''La prochaine fois c'est une balle entre les deux yeux qu'il faut leur coller, le tout emballé entre quatre planches et renvoyé à l'expéditeur, c'est à dire la France!''. Référence à ce cambriolage à Bernex, premier jour de l'année 2010.

Hier, le chef de file du MCG comptait renvoyer les vilains bandits dans des cercueils mais nus. Aujourd'hui, c'est décoré de balles qu'il compte le faire.

Demain? Les yeux crevés? La main tranchée? Un organe sexuel amputé? Un peu de mascara? Du fard à paupières?

Genève ressemble de plus en plus à Gotham City. On avait Batman, on a désormais le Joker!


20/12/2010

La Doxa (δόξα)

pic.jpgLa Doxa.

Une de ces soirées qu'on aime bruyantes. Quelques nicotino-dépendants à la fenêtre. De loin, on dirait des spectres, le froid ayant refroidi et transformé leur haleine en buée. Certains hésiteront entre une mauvaise vodka et une vieille bouteille de VAT 69 emprunté à un père nostalgique de St-Moritz, ce que certains appellent du whisky. Le talon est la norme, chaussures italiennes pour ces messieurs, l'écharpe est un plus. Le plus est une croix ''+''. Rive gauche, mais cela n'a aucune importance, on marie tout le monde dans la salle du dessous. Même Pagani.

Ces soirées bruyantes où on parle. De tout, de rien, d'adultère, de grossesse ''qui se passent à la perfection'', d'actualité, de sécurité, de Genève qui a changé, de celle qui a failli se faire voler son sac à mains, de celui qui s'est fait volé son vélo. On y parle un peu politique surtout d'échange de fluides, avec un peu de chance, on y aborde l'architecture ou la musique. On y croise un peu de tout. Des barbantes, des rigolos, des femmes mariées, des ''moi-je'', des gays, des pisse-froid, des silencieux. Des beaux et des gros, des vieilles et des charnelles.

On y parle de tout, mais pas avec les mêmes bagages.

J'aime ceux qui se taisent.  On écrit jamais mieux sur un instant que lorsqu'on le vit. Et si on ne vit rien, on n'écrit pas. Non, on n'écrit pas.

Pas crédible, dixit René Longet

Gare.jpgPolaroïd 10 : 27

On apprend ce matin dans le Temps en page 8 que le Parti Socialiste genevois ''change d'approche'' en matière de sécurité. C'est bien.

Le PS veut gagner ''de la crédibilité'' sur ce terrain, terrain qu'il avait abandonné pendant de nombreuses années. C'est vrai, ''intégration'' et ''répression'' dans une même bouche, ont de quoi transformer son locuteur en un parfait schizophrène.

A l'aube de nouvelles élections, on sent bien la fébrilité d'un parti souvent incompris (on pense à son refus de soutenir la baisse des impôts, en votation en 2009), d'un parti perdant (la gifle des élections au Grand Conseil), d'un parti qui tente de monter lui-aussi dans le train. Parfait.

Oui le PS peut parler de sécurité. Oui le PS peut enfin évoquer le mot ''criminalité'' sans évoquer le mot ''étranger'', le terme ''migrant'' fera l'affaire. Le PS peut même s'aventurer sur le thème de la vidéosurveillance.

Un programme? Fantastique, même si son contenu, tel que présenté dans le quotidien, sent le plagiat, d'autres crieront probablement au suivisme ou à l'opportunisme. On attendra la version finale de la feuille de route.

Monter dans le train? Passer des mots aux actes risque d'être un peu plus compliqué. Bon, c'est vrai, on peut faire semblant. D'autres le font bien, aussi.

16/12/2010

Le cordon sanitaire de Christophe, Darbellay bien entendu

pic.jpgPolaroïd 18 : 31

RSR, Forum, Michel Chevrolet contre Sami Kanaan:

1) ''A Genève, il y a une gauche agressive et arrogante''. L'humble candidat qu'est Michel Chevrolet n'a jamais approché l'UDC, c'est à la base de décider un rapprochement''.

2) ''Une alliance avec l'UDC est purement mathématique''.

3) ''Vous [la gauche] nous forcez à faire ce genre d'alliances''.

4) ''L'UDC vaudoise ou bernoise est tout à fait fréquentable''.

Michel Chevrolet tutoie Sami, tout en parlant de lui-même à la troisième personne.

Ceci étant dit, combien des quatre citations ci-dessus sont-elles tout à fait véridiques? Corollaire?

 

Pendant ce temps, Christophe D. parle de ''cordon sanitaire'' pour expliquer son rapport à l'UDC.

15/12/2010

PDC et UDC en ont commun un D.

PerseeAndrom.jpgPolaroïd 19 : 12

Céline Amaudruz, Genève à Chaud, 19:04: " Oui, Michel Chevrolet souhaite un rapprochement avec l'UDC en vue des élections municipales en ville de Genève".

Le parti et l'union. Le christianisme et le centre.

PDC et UDC ont en commun un mot, et un seul. Enfin en français.

Un peu comme les métamorphoses d'Ovide?  Ou le Bruit et la Fureur de Faulkner? Non, voyons.

 

 


14/12/2010

Non, l'UDC genevoise n'est pas morte!

Ni.jpgNon, l’UDC genevoise n’est pas morte.

Pour preuve, cette invitation à la presse de ‘’faire connaissance’’ avec sa horde de candidats aux municipales 2011, dans une célèbre boîte de nuit genevoise, le Francis. Boîte de nuit, bien évidemment, réputée pour ses bonnes mœurs et sa vodka. A en lire l’invitation, on aurait pu croire qu’elle n’est le fruit que d’une plume aiguisée, un Soli Pardo. Il n’en est rien. L’avocat-poète flirte toujours avec les racailles, mais en bière. ‘’La vodka russe, n’y pensez-pas jeune homme’’ clamera-t-il. ‘’Regardez plutôt du côté du mur, il aime se servir du marteau’’, susurrera le géant.

La campagne 2011 commence fort bien.

Après les zombies en sandales est venu le temps des croque-morts en escafignon. Autant de créatures de l’au-delà (une centaine !) se trémoussant sur une piste de danse ne peuvent, en effet, que ramener les morts à la vie.

‘’Alexandrie… Alexandra’’, chantera gaiement une unique goule en escarpins.

09/12/2010

Ainsi grondèrent les kalashnikovs

Polaroïd 19 : 15Corot.jpg

A Genève grondent les kalashnikovs. Pendant ce temps là, une amazone monte un étalon fiévreux. Les squatters sont expulsés du château de Penthes, la Papouasie remporte 100'000 francs pour dialoguer, 10'000'000.- sont auscultés par la Garde Noire, Sandrine envoie des cartes de voeux, Sainte Marie est un fin bricoleur, Carlos revient vendre de l'eau (autant de budget pub que le montant convoité ci-dessue par le Sbire).

Des peccadilles? Que Nenni!

Baptiste Corot entre au MAH. Jamais Jean-Baptiste n'aura autant pointé son chevalet aussi justement. Menti, aussi.

 

Suite 19 : 43

Le problème (selon certains) d'un nombre ''trop important'' d'étrangers au sein des universités suisses va devenir un vrai sujet. L'UDC s'en est emparé.

Les autres partis vont-ils réagir? Avant. Pas si sûr.

Genève: rive droite ou rive gauche?

Lac.jpgEditorial Radio Cité Genève, 9 décembre 2010

Genève.

Genève est une ville fantastique, multiculturelle ou ‘’multikulti’’ comme disent nos amis germanophones. Genève est riche, pas d’argent évidemment, mais riche de gens différents, des gens d’ici bien sûr, des gens de là-bas aussi, et enfin des gens vraiment d’ailleurs, les vaudois par exemple. Comme aime nous le rappeler notre mairesse Sandrine S., avec tellement de sensibilité, d’ouverture et de compassion, ‘’ Genève est une ville cosmopolite et métissée, qui, dans la tradition de l’accueil et du refuge, s’est construite avec les étrangers, qu’elle a su intégrer ’’. Indigeste mais tellement beau, Sandrine.

Genève est habité par une mystérieuse population : le genevois. Comprenez par là, celui qui habite le canton de Genève, et non pas le genevois pure souche, puisqu’à force de métissage ou d’exil en valais, ce spécimen a quasiment disparu de nos contrées.

Il existe deux types de genevois : le genevois rive droite, et le genevois rive gauche.

Tous les séparent. Un lac déjà, c’est le lac de Genève. Seuls quelques mouettes bavardes, des cygnes gris, et des silures sont accrédités à passer d’une rive à l’autre. Ne vous en faites pas, un pont sponsorisé par la fondation Wilsdorf sera bel et bien construit en 2073. Il portera le nom suivant : le Ferrazino’s bridge, construit en crottes séchées de Laponie, et en fer rouillé, importé d’un ancien complexe minier de Chelyabinsk, charmante petite bourgade de Russie.

Tous les séparent, notamment en termes de mœurs. A droite, on se reproduit avec ses semblables, un peu comme dans le haut-valais. A gauche, on fait quelques infidélités en s’acoquinant parfois d’une étudiante russe de la Servette, d’une stagiaire avocate bulgare des Pâquis ou alors d’un homosexuel colombien de la Jonction. En matière d’achat, à droite, très très pauvre: Denner, très pauvre, c’est la Migros, un peu moins pauvre c’est la COOP, et enfin pour ceux qui ont grimpé socialement, le graal de la réussite sociale : la Placette.

A Gauche, c’est une évidence : le Grand-Passage.

En matière culturelle, là aussi, les habitudes ne sont pas les mêmes. L’un préfère un bon vaudeville ''popu'' au théâtre de Carouge, l’autre ne jure que par la Comédie, histoire de ronfler tranquillement sans avoir à parler à sa femme. Le jeune ‘’rive droite’’ va se droguer à l’Usine, se saouler à la Sportive, ou alors, s’il a fait des études, avaler un café et réciter du Gainsbourg au Remor. Le jeune ‘’rive gauche’’, lui préfère le Java, champagne et bonne musique, les conversations philosophiques. Et s’il n’a pas trop d’argent, existe toujours la SIP, où il pourra, sans trop de difficultés, rencontrer une jeune puplingeoise de bonne famille, pas d’assez d’argent pour s’acheter une Audi TT, elle aussi.

Alors qu’ont-ils en commun ? Ils râlent.

Ils râlent tout le temps, pour n’importe quoi. Une piste artificielle de ski inaugurée au moment même où l’on célèbre la journée mondiale du climat, les TPG qui ne sont même pas foutus d’assurer leur travail, le seul jour de l’année, où on a besoin d’eux, l’infecte décoration de l’île Rousseau, les suisses-totos qui ne votent pas comme nous, la hausse du prix du billet du bus (c’est vrai en comparaison de Paris ou de Londres, c’est vraiment trop cher !), la Migros de Florissant qui est vraiment plus chouette que celle des Charmilles, ou encore, les dealers qui nous empoisonnent la vie. C’est vrai, on en croise souvent du côté de Cologny.

Vous voyez, c’est tellement facile de voir la vie en clichés. C’est arrangeant, c’est commode, c’est réducteur, c’est parfois drôle. En tous les cas, ça nous simplifie grandement la vie, parce que parler en nuances, en degrés, en incertitudes, ou encore en doutes, c’est beaucoup trop éreintant pour notre cerveau.

 

Crédit Photo: Anne-Laure Martin

08/12/2010

La Sainte Trinité. Ensemble, évidemment

17 ANONYME TRINITE TERRESTRE.jpgLa Trinité de l’Entente à Genève à Chaud.

‘’Je ne tiens pas à gérer les acquis, mais développer les atouts [Genève]’’ Pierre Maudet.

‘’Le prix ma campagne ? 300'000 francs.’’ Michel Chevrolet.

‘’ Je propose de lancer des assises de la sécurité’’. Florence Kraft-Babel. ‘’Des assises, n’est-ce pas ce que l'on fait quand on a justement rien à dire, quand on est pas sûr ? ‘’ Pascal Décaillet.

Unie, dynamique, ensemble, évidemment.

Le père, le fils et le Saint-Esprit. A vous d'y attribuer des noms, cela devrait être un jeu d'enfant!

 

Le ridicule ne tue pas, non!

Le ridicule ne tue pas.PDC.jpg

Non. Non. Non. Il ne tue pas. Et il permet même de gagner des votations et des élections ! Démonstration.

Tenez, regardez. Le Parti Socialiste genevois avait réalisé quelques petites vidéos, hilarantes, il faut le dire, pour soutenir le non à l’extension des horaires des magasins. Résultat : victoire dans les urnes!

 

 

Autre exemple : Oskar Freysinger publie ses poèmes sur un Iphone:

La coquette cocotte,

N’a pas une minute,

Car la sotte fricote,

Avec un coq en rut.

 

Un coq en pâte de crête,

Le plus ultra des nec,

La cocotte caquette,

Pour un pète-sec à bec.

Résultat : une initiative plébiscitée par le peuple!

Et puis hier, alors que j’écoutais avec intérêt le même Oskar Freysinger gratter de la corde en récitant du Cé qu'è lainô dans une assemblée d’amateurs de Gamanote, à l’haleine fétide, mon téléphone vibra. Un ami qui me voulait du bien, m’annonça : ça y est ! Le nouveau clip de campagne du PDC fait le buzz sur internet ! Vous me direz: faire pire que les Verts (Michelle chantant dans le parc des Bastions), faire pire que les humoristes Socialistes et les poèmes d’Oskar : IM-PO-SSIBLE !

Et bien vous avez raison. Je fus littéralement soufflé.

Ça dégouline de bonheur, de joie de vivre. A croire qu’au PDC, on ne sniffe ni de la colle, ni de la MD, on prend de la poudre d’ange. Il y a des jeunes, et spécialement des jeunes filles très charmantes, il faut l’avouer, ça change des vieux-grenadiers, mais attention, attention, on se croirait presque dans une vidéo d’enrôlement chez Raël. Christophe Darbellay, en guest-star n’a rien à envier à toutes les autres stars du rock chrétien. Bras ouverts, il est aussi à l’aise qu’un Jon Bon Jovi, qu’un Steve Lee, le Dani Brillant de la pop. Une véritable bête de scène, Couchepin à côté, c’est du pipi de chat.

Michel Chevrolet, lui a raté sa vocation. Il faut absolument qu’il renonce à se présenter aux élections pour se lancer dans le music business. Enfin, cerise sur le gâteau, le pompon : Alain de Kalbermatten, président de la section genevoise, aura couronné l’extase. Il s’exprimait hier au quotidien le Matin :

‘’On ne veut pas tomber dans le piège de ridiculiser les autres, alors on prend le risque de se ridiculiser nous-mêmes.

Jouissance totale. Merci le PDC. Vous avez fait ma journée. Nul doute qu’à défaut de remporter peut-être des élections, vous aurez eu, vous au moins, le courage de faire n’importe quoi.

C’est toujours 1000 fois mieux, qu’une pleine page indigeste, triste à se pendre, du Parti Libéral Radical dans le dernier Matin dimanche.

 

06/12/2010

Non, il n'y a pas de suivisme moutonnier!

Polaroïd 07 : 31

Sandrine Salerno n'a pas parodié l'affiche de l'UDC sur le renvoi des étrangers-criminels. Non. Elle l'affirme ce matin sur nos ondes.

Genève souhaite-t-elle marquer sa différence de vote par rapport à la Suisse? Non. Elle l'affirme ce matin sur nos ondes.

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Ivan_S.jpg

 

 

 

 

 

Il n'y a donc pas de suivisme moutonnier, comme elle l'écrivait sur son blog à l'encontre du centre-droit. Non pas de suivisme, pas de parodie. Non, rien!

25/11/2010

Le Parfum

Cochon.jpgPolaroïd 19 :29

Les sentez-vous?

Obèses créatures qui se tapissent dans l'ombre, les babines humides. Dans la froideur des couloirs aux néons clignotants, nul bruit, sauf peut-être une infinitésimale goutte de salive claquant comme un fouet dans l'air, s'écrasant sur un linoléum vert pâle.

 

L'odeur est enivrante, probablement un vieux Guerlain. Mais elle en cache une autre, la sueur salée des certitudes.

 

Nous sommes contraints de vivre à côté d'eux

Etranger.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 25 novembre 2010

‘’Nous sommes contraints de vivre à côté d'eux’’. Eux, ce sont les suisses. Le message est signé de la plume de notre confrère, français, Emmanuel Rouxel. ''RouXXXel'' diront certains suisses et les parisiens. L’article et ce titre sont parus dans le Messager : hebdomadaire haut-savoyard, hier.

‘’Nous sommes contraints de vivre à côté d'eux’’.

On y apprend que, sur les 14 000 Suisses ayant reçu une amende, française, seule la moitié auraient réglé leur contravention ! Pire encore, les suisses sont des chauffards ! Ne possédant pas de permis à point, ils se permettent, à coup de francs suisse de s’en foutre des répercussions.

On y apprend également que les genevois sont racistes, à grosse louchée de racaille d’Annemasse, et de frontaliers voleurs d’emploi, et profiteurs : les suisses, en effet, sont la cause principale de l’explosion du coût de la vie en France.

Enfin, les suisses sont ‘’dominateurs’’ : profitant de la faiblesse de l’euro, ils en profitent pour dévaliser les magasins.

Alors faute avouée à moitié pardonnée : l’article n’est pas si véhément envers les petits helvètes. L’article est en fait plutôt séduisant. Alors que nous, traitons, les français de chauffards, eux, usent du même qualificatif. Alors que nous, ou certains, les blâment de tous les maux ; eux font pareil.

Ce qui est surtout amusant, c’est que l’on est tous, l’étranger de quelqu’un.

Et les rancœurs sont multiples. Elles sont sociales, esthétiques, économiques, religieuses, culturelles, linguistiques, sexuelles ou encore géographiques.

On a tous détesté un jour, un chef, on a tous détesté des valaisans, des schwyzertütsch, on a tous détesté une fois, un type qui n'était pas comme nous, une bourgeoise puante, un socialo engagé, oui mais un peu trop, une blonde, un black, un grand maigre, un petit gros, une grande brune au parfum incommodant, un américain, un dealer, un trader vénal, un ouvrier militant, un chrétien bigot, un vendeur de kebabs absent.

On est tous, l’étranger de quelqu’un.

Et puis après, on s’est dit que notre chef avait de sacrés problèmes avec sa femme, que le suisse-allemanique pouvait desserrer les fesses, que le petit gros avait eu honte toute sa vie d’être obèse, que la blonde avait toujours rêvé d’être brune, que la bourgeoise donnait 500 francs tous les mois, à Emmaus, que l’américain était né au Pakistan, et que l’ouvrier rêvait de travailler dans la finance.

L’étranger, il est là tous les jours. Celui du troisième, celui de la rue d’à côté, de l’autre ville, de l’autre canton, de l’autre pays, de l’autre langue, de l’autre continent, de l’autre corpulence, de l’autre façon de conduire et enfin de l’autre confession.

Tout ça pour dire ? Pas grand chose en fait. Si ce n’est qu’un jour, ce que l’on appelle la région franco-valdo-genevoise ne sera plus, qu’un joli mot-composé sur un communiqué de presse, ou imprimé dans une rotative genevoise ou annemassienne.

Un jour, on comprendra enfin qu’un bassin d’environ un million de personnes, n’est rien en comparaison de Londres, Paris, Berlin, Cape Town, ou encore Montréal.

Au final, le pire, ce n’est ni les frontières, ni l’indice de masse corporelle, si vous portez une kippa surgelée, ou si vous prononcez Chamonixxxx au lieu de Chamonix.

Le pire, c’est d’en avoir peur. De l’autre. Mais je dois vous quitter ! Malheureusement, mon collègue veut me piquer ma place.

 

24/11/2010

La banderole

Vierge.jpgPolaroïd 12 : 49

On l'aura bien compris, Marie n'est pas si vierge qu'elle n'y paraît. ''Elle aime le sexe''.

Saint Pierre, lui, abhorre l'échange de fluides, les jeunes et la médiocrité picturale.

 

Les Vierges n'accouchent définitivement pas de Saints. Mais quel rafraîchissement ce matin!