10/02/2011

L'épiderme et la neurone

pic.jpgPolaroïd 22 : 12

L’un est incandescent, l’autre glacial.

Ce soir, Céline Amaudruz était invitée à débattre avec Mark Muller à Forum sur la Première.

L’un fulmine, l’autre se défend. Quand l’un crache, l’autre explique. L’un se bat, l’autre argumente. L’un est dans l’opposition, l’autre sur le trône. L’un est qualifié de populiste, l’autre d’incompétent.

On aurait aimé voir bouillir le lunaire protagoniste, son opposant solaire ne l’aura pas obtenu.

L’un aura convaincu, pas l’autre. Qui ?

Mark Muller ou l’humide extase de la Vindicte

Bernini_L_extase_de_Sainte_Th_r_se.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 10 février 2011

Mark Muller.

Cela fait maintenant sept jours qu’on récite son nom, de la façon la plus incantatoire possible.

Une semaine que le rituel d’abattage a débuté. Abattage, saignement et mise à mort de la bête, le tout orchestré par un délateur. On ne sait pas encore s’il appartient à la même espèce, mais qu’importe, le sang n’a pas d’odeur. Une sorte de grande messe, un genre d’offrande. Oui, mais pour invoquer quoi ?

Mark Muller est Conseiller d’Etat en charge du département des constructions. Un département qui a pour tâche, parmi les autres, de gérer le parc immobilier du canton… ô trois fois rien : 123 villas et 135 bâtiments administratifs. Trois fois rien, c’est aussi le prix de la location de certains de ces biens.

Le problème avec Mark Muller, c’est qu’il est déjà, pour beaucoup, présumé coupable. Pas coupable d’une infraction, ni d’un crime mais de tout : la crise du logement, le copinage, mon loyer trop cher, l’autre type du troisième qui a obtenu le 5 pièces et demi et pas moi, les régies acoquinées avec les politiciens, les fonctionnaires qui se plaignent et autres vomissements annexes.

Alors certes, on peut sérieusement en vouloir à l’animal d’avoir traîné les pattes ; le premier rapport de l’Inspection cantonale des finances date de 2005. La Cour des Comptes décochera une autre flèche en 2008, puis une autre en 2009, puis un autre en 2010. Pas suffisant pour réveiller l’animal de sa torpeur.

Certes également, on peut s’étonner du silence du reste de la petite famille : la très jeune cheffe de service de la gérance immobilière, la libérale Caroline Gaillard, entrée en fonction à 28 ans. Pour une femme d’exception et aussi talentueuse pour s’être faite engagée comme ‘’spécialiste en immobilier’’ alors qu’elle est encore étudiante à l’Institut d’Etudes Immobilières, on aurait souhaité un peu plus de répondant. A croire que le mutisme appartient à la classe des maladies contagieuses.

Enfin, on peut aussi s'étonner de sa réponse ce matin sur nos ondes qui ne transpirait pas l'indignation, ni la colère. A vous entendre, Monsieur Muller, ces dysfonctionnements n'ont pas de coupable. On pousse vite la poussière sous le tapis, et on se tourne vers le futur. J'aurais attendu plus de splendeur de la part d'un Conseiller d'État.

Ceci étant dit, il reste du délicat repas qu’est l’affaire Mark Muller, la substantifique moelle.

La moelle, c’est que ces sombres affaires de privilèges, d’arrangements et autres échanges de fluides, n’ont pas débuté, lorsque l’animal est entré en fonction. C’est un peu comme monter un cheval malade, faire saillir des gorgones putrescentes, ou encore accuser Michèle Alliot-Marie et François Fillon d’être les seuls à s’être envoyés en l’air.

C’est surtout avoir la mémoire courte, c’est oublier ceux qui ont précédé.

Mais les 100 députés du Grand Conseil, qui avaient pourtant eu connaissance des rapports publiés, doivent avoir raison:

l’humide extase de la Vindicte est plus jouissive que la sèche froideur de la Justice.

09/02/2011

La République du Silence

death-star-1.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 9 février 2011

La République du Silence à en croire que Genève se serait transformée en une ville silencieuse en moins d’une semaine.

On en arriverait presque à regretter l’année de présidence de François Longchamp, année de cocktails, de petites sauteries sur le tarmac de l’aéroport, de paillettes et autres manifestations d’automne. Saint-François, au moins, s’amusait à menacer la presse, pour cause de publication d’un vieux barbu libidineux, Saint-François faisait fi des statistiques fédérales (hop, le chômage baissait de 7 dixièmes!), enfin Saint-François accordait, sans broncher, le rallongement de la durée des indemnités chômage.

Et voilà, le Saint a quitté la scène, les lumières se sont éteintes, le forçant, dans cette inexorable gravité horizontale, à rejoindre les loges. L’unique et seul mime du premier acte, Saint-François, s’était tu.

On croyait la pièce terminée, ce n’était que le début.

Le rideau s’est ouvert. Apparition bienveillante : celui d’un jeune premier, l’histoire quasi héroïque du machiniste qui devient un jour acteur, Saint-Marc. Première scène, premiers ratages : chute d’un projecteur, oubli des 250 vers qui composent le deuxième acte, comme oublier de réclamer les 2350 francs restants à un poussiéreux locataire de villa. L’avenir nous dira si on le réengagera.

Le public en rit jaune. Deux ou trois hyènes au premier rang n’attendent que sa lente agonie pour lui subtiliser sa place, d’autres appellent à manifester devant le théâtre. En coulisses, Saint-Michel et Saint-Boris se battent pour savoir qui, de l’un ou de l’autre, a le monologue le plus dodu. La bataille se réglera à coups d’échanges de poireaux génétiquement modifiés à l’énergie solaire contre des calculatrices jetables. Le combat est stérile, mais a le mérite d’animer le silence de mort qui a régné sur les deux premiers actes.

Troisième acte : Sainte Isabelle. Parée d’une longue robe de soie, de boucles d'oreille Gilbert Albert en forme de balance, et d’une épée phallique, elle interprétera le rôle de sa vie. Incarnation d’une existence hollywoodienne incandescente, elle aussi, n’en a cure du reste du monde. ‘’Je me prononcerai lorsque j’aurais toutes les indications en ma possession’’ déclarera-t-elle sous le crépitement des feux des photographes.

Le public, lui, croit rêver. Il voulait des réponses, il a reçu comme seul objet contendant rétinien: des ombres chinoises et des mimes. Sauf Deus Ex Machina, la pièce risque d’être particulièrement ennuyeuse.

Sauf Saint-Michel qui continue toujours à hurler depuis les tréfonds : silence, silence, silence !

08/02/2011

Petits-fours et crustacés

Guillotine-Names.gifPolaroïd 14 : 59

Que penser de l'appel à la manifestation du MCG dans le but de perturber l'investiture de nouveau président du Conseil d'Etat, Mark Muller?

Motifs: ''Sous Mark Muller, il ne s'est jamais construit aussi peu de logements''

''Sous Mark Muller, la pratique du copinage et des loyers de complaisance atteint son comble''

Sur le premier motif: on peut accorder le droit à tout citoyen ou à une force politique, c'est vrai, le droit d'afficher son mécontentement. Sauf que, sauf erreur, ce n'est pas dans la région du Palais Eynard qu'on souffre du manque de logements et de constructions. Distribuer des tracts en vue des votations sur le déclassement des Cherpines ''eût été plus judicieux'' (pour reprendre les propos de Saint-François concernant l'absence du gouvernement aux funérailles de Monseigneur Genoud).

Sur le deuxième: on pourrait également laisser la Commission de gestion de contrôle du Grand Conseil, dont Eric Stauffer est le président, faire son travail. Cela aurait l'avantage de nous éviter cet arrière-goût de vindicte populaire. Si la démocratie, c'est avoir le droit de manifester, c'est aussi celui de la présomption d'innocence.

Quant aux ''dizaines de milliers de francs de frais de réception'', on espérera que la fête sera modeste.

 

Très Chère Madame Rochat

prison-monopoly_s.jpgBillet d'humeur Radio Cité Genève

Très Chère Madame Rochat, Chêne-Bourg, quartier carcéral de Champ-Dollon, le 8 février 2011.

Je prends la plume aujourd’hui, non pas en tant que détenu, mais en tant que citoyen, évoluant dans une Genève qui endure un ‘’problème sécuritaire endémique’’. Vous l’exprimiez hier dans les colonnes de la Tribune de Genève.

Et bien sachez, Madame le magistrat, que l’endémie, c’est moi.

Je profite au passage pour vous signaler que le personnel est fort sympathique, que les gnocchis au pesto pèsent toujours un peu sur mon estomac, et que je persiste à me plaindre de mon relatif isolement. En effet, depuis le début de l’année, un nombre conséquent de camarades de jeux ne passent plus par ici, comme si la case ‘’prison’’ avait disparu du Monopoly. Vous conviendrez, Madame, que l’intérêt du jeu se rapproche dangereusement du zéro.

Quelle ne fût pas ma joie matinale que de découvrir la question posée en page 19 par un perfide journaliste, à savoir : ‘’comment expliquer que mes 620 amis l’été passé, soient descendus à environ 460 en janvier ?’’ Aussi insidieux qu’un renard, le journaliste rajoutera : ‘’à moins que 150 personnes qui devraient être en prison soient toujours dans la rue…’’

Vous répondez magistralement : ‘’il n’y a pas véritablement d’explication à cette diminution. A mon sens, il n’y a pas de lien direct avec l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure pénale en 2011.’’

Première constatation, Très Chère Madame : comment pouvez-vous, alors que vous êtes Conseillère d'État en charge de la Justice et de la Police (l’environnement comptant pour beurre), ne pas savoir pourquoi il y a diminution du nombre de détenus à Champ-Dollon ?

Je ne sais pas, tentez une réponse ; les malfaiteurs profitent des températures clémentes pour siffler de la Petite Arvine en Valais, les brigands ont profité de bons de réduction sur des vols low-cost vers de sympathiques destinations, Charm El-Cheikh ou encore, un container de Tamiflu a été largué par erreur sur la zone Figaro, transformant l’horrible endémie en paisible grippe saisonnière.

Deuxième constatation, Très Chère Madame : vous estimez qu’il n’y a pas de lien direct avec l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure pénale, premier janvier 2011.

Qu’ouï-je Madame le magistrat ? Vos policiers se plaignent de ne tout simplement plus pouvoir arrêter les infâmes scélérats. En coulisses, certains disent même qu’ils leur arrivent de fermer les yeux sur des actes répréhensibles, afin d’éviter de se ramasser une colle, celle de devoir passer deux heures devant un bureau et une vieille machine à écrire ‘’Underwood’’.

Madame la Conseillère d'État, je vous fais parvenir, par la présente, deux remarques.

La première : pourriez-vous suggérer à vos proches collaborateurs de ne plus me répondre que l’entrée en vigueur de la nouvelle procédure pénale n’a rien à voir avec votre département ? Jusqu’à preuve du contraire, votre dicastère contient deux mots : justice et police. (Environnement comptant toujours pour beurre).

La deuxième : 450 arrestations janvier 2010 contre 289 en janvier 2011, cela fait tout de même 64% de différence, et vous l’expliquez par un laconique ‘’ ’il n’y a pas véritablement d’explication à cette diminution’’ !

Parce qu’à ce rythme-là, c’est n’est plus au Monopoly que je risque de jouer, mais au solitaire.

 

Bien à vous, amicalement, O.

07/02/2011

Comme un lundi

439.jpgPolaroïd 19 : 07

Comme un lundi 7 février.

08:07 Tribune de Genève: Lire en page 19 qu'Isabel Rochat ne sait pas pourquoi le nombre de détenus chute à Champ-Dollon.

18:35 Plate-forme des blogs de la Tribune de Genève: Assister à un pugilat verbal entre Boris Drahusak et Michel Chevrolet sur la nature des investissements.

18:44 Plate-forme des blogs de la Tribune de Genève: Lire Antoine Bertschy, supputant que les fuites de la Commission de Gestion de contrôle pourraient provenir d'un exécutif.

19: 05 Genève à Chaud, Léman Bleu: Entendre Thierry Oppikofer suspecter Christian Grobet d'être à l'origine des ''villas à 950 .-''.

 

Je comprend mieux la déclaration du président du syndicat de police ce matin, 07:14 sur Radio Cité Genève:

''les policiers n'arrêtent plus''.

Bien évidemment, sans une feuille d'avis officiel, pour vérifier l'une, et une seule, de ces informations.

04/02/2011

Mark Muller

Muller_Mark_0.jpgMark Muller, 4 février 2011, 00 : 46

Je crois l’homme honnête. Je crois également l’homme légèrement dépassé par les évènements.

Je ne m’intéresse guère de savoir qui a fourni l’audit aux médias, même si entendre l’un traiter l’autre de menteur, ou l’autre traiter l’un de délateur, a de quoi susciter un sourire, à l’aube d’une date électorale importante.

 

 

© Olivier Vogelsang / TdG

L’argument qui consiste à dire que la Commission de gestion de contrôle du Grand Conseil ne pourra plus désormais fonctionner correctement me paraît relativement pertinent, tout autant que les fuites, bien que pouvant être motivées par de ‘’très nobles’’ intérêts, me semblent également concourir à ce sentiment ‘’que nul comportement ne sera impuni’’, étant essentiel à la démocratie.

La question se pose : comment un magistrat à la tête d’un département ne pouvait-il pas se douter d’un tel dysfonctionnement ?

Je le crois quand il affirme ne pas l’avoir été. Je le crois également quand il affirme ‘’qu’il n’avait pas attendu ce rapport pour se rendre compte qu’il y avait des problèmes à la gérance de l’Etat’’.

C’est juste que lorsque l’on se doute ‘’d’anormalités’’, j’aurais ressenti la naïve impression que l'on essaie de les corriger. Cinq ans, c’est long.

L’argument qui consiste à sous-entendre que ce sont les précédents magistrats qui auraient fauté, est certes intelligible, mais n’excuse pas l’inactivité de son successeur sur ce dossier.

 

Gouverner, c’est prévoir. Et aujourd’hui, c’est assumer.

03/02/2011

C'était hier après-midi

pic-1.jpgBillet d’humeur, Radio Cité Genève, 3 février 2011

C’était hier après-midi. Enfin un rayon de soleil sur la peau. Infime moment de plénitude légèrement perturbé par le son strident des sirènes, c’était une autre mélopée que l’on attendait. Il était 13h27, l’administration n’ouvrait ses portes qu’à 14.

Sachez-le, les services administratifs de l’Etat vous accueillent toujours 30 minutes après l’heure qui vous semblait être la bonne. Comme si les grains de sable s’amourachent toujours des pignons de remontoir ; de quoi, pour un instant, arrêter le temps.

La salle d’attente était bondée. D’hommes et de femmes pour qui le Temps était paradoxalement vital et futile. On appelle cela ‘’une caisse cantonale de compensation’’. En clair : le chômage. Ces hommes et ces femmes, de toute origine, de tout âge, viennent y déposer des ‘’justificatifs’’. Des justificatifs ?!?!? Jamais la langue française n’aurait autant été si mal utilisée. Justifier de quoi au juste ? D’avoir perdu son travail ? Probablement.

C’est vrai, il faut exiger d’eux de la bonne volonté, comme si c’était le seul sentiment acceptable que l’on tolérait. Il faut exiger d’eux des preuves, comme s’ils étaient coupables.

Le tableau est loin d’être sombre. Un africain fait rire l’assemblée : on devine à sa sonnerie que l’homme prend des cours de salsa. Une petite vieille, et je le dis avec tellement d’affection, me demande si c’est la première fois que je viens ici. Je lui réponds que je viens pour une toute autre chose. Elle rétorque : ‘’mon petit, de toute façon, on s’y habitue’’. Je crois deviner dans ce quasi soliloque qu’elle essaie de se rassurer. Et au passage, de me donner tort : il y a beaucoup plus d’espoir et de dérision que de bonne volonté dans cette salle d’attente.

Je repense à ceux qui ne sont pas nés avec le chômage. Ceux pour qui, l’entreprise était fidèle, pour qui les efforts étaient récompensés. Je ne blâme personne, même si c’est avec nostalgie que je me dis que ces hommes et ces femmes étaient investis d’une sorte de naïveté, celle de croire que les autres étaient reconnaissants. Il y en a, je connais même des patrons de petites PME qui ne dorment plus la nuit, en se demandant comment ils vont régler le salaire de leur employé. En passant, il s’appelait Maurizio, il n’aura pas fini au chômage, mais chuté d’un échafaudage.

Le grain de sable, lui non plus, n’est pas fidèle. La gravité l’aura aussi fait chuter, délivrant au passage la montrer de sa torpeur. Il est désormais 13h59.

Les visages se crispent, certains détournent la tête pour ne pas être reconnus, d’autres transpirent la culpabilité, de mémoire, on aura jamais autant pu observé de si grosses gouttes de sueur. Enfin la honte qu’éprouvent certains nous donne des envies d’hurlement. Le courage n’étant pas notre fort, on se contentera de regards affectueux.

A vous, a eux, à toi l’africain qui prend des cours de salsa, à toi grand-mère et ta peau qui me dit que tu en as vu d’autres, à toi aussi, qui t’es battu pour faire du travail de qualité (tu me disais que les chinois travaillaient comme des cochons, mais qu’ils étaient plus rapides), aux autres que je ne connais pas : conservez ce que vous pouvez. Dignité, humour, honneur, fierté.

Ne vous laissez juste pas décourager par un employé exécrable qui vous prend de haut. Il doit aussi avoir ses propres démons. Regardez plutôt votre montre, il est 14h23, et encore de tonnes de choses à faire.

Le paradoxe du menteur

paradoxe_menteur.jpgPolaroïd 08 : 06

Radio Cité, 07h46, Mark Muller: ''je sais d'où vient la fuite, c'est un député qui n'est ni à gauche ni à droite,

Radio Cité, 07h38, Eric Stauffer: ''Mark Muller est un menteur''.

 

02/02/2011

Les libéraux genevois se détestent.

cannibal-jerky.jpgPolaroïd 18 : 26

Vous ne le sentez pas? Pas encore? Mais oui, le fumet du sang, de la bête qu'on égorge. Elle tressaillira dans un dernier souffle expiatoire.

Les libéraux se détestent. Saint-Pierre au Conseil National ? N’y pensez pas ! Nathalie ? Oui en chœur dans un souci de parité, sous le couvert d’une symphonie de Dvořák, interprétée par Florence.

Jean-Michel Gros dégaine l’artillerie sur un air de Mistral Gagnant, on aurait rêvé humidement le panzer, ce sera le tromblon. D’autres shérifs feront appel à ‘’leur mémoire’’. Aussi courte fût-elle, il n’hésitera pas à enterrer le mort. Il adulait les cercueils, la pelle ne l’effrayera pas, même si au final, aucuns instruments géométriques ne l’effraient, le bougre.

La proie à abattre se vide. La mer rouge. On aurait espéré Christian s’y plonger, becs et ongles, palmes et bouteilles. Il préférera siffloter la cavalerie légère, sur un équidé emprunté.

Et pour dernières paroles : 2500.

Les libéraux se détestent !

01/02/2011

Antonio H. VS Christian L. VS Pascal D.

001226bb_medium.jpegPolaroïd 13 : 00

Je constate (dans la plus grande des délectations) avec quelle fougue, quelle verve les esprits se sont échauffés suite au billet fortement inspiré, pour ne pas dire inhalé, de mon confrère, Pascal Décaillet sur le voyage du frère Antonio en Tunisie.

Je constate surtout avec quelle maîtrise du machiavélisme dans sa forme originel (celle de Nicolas), le journaliste a suscité la cinquantaine de commentaires sur le profil du Vert genevois.

Bien entendu, celui que certains appellent déjà le Maître, aura eu raison de laisser les langues se délier et les plumes couler, puisque personne ne semble avoir pris le temps de questionner le principal intéressé. Une sorte de Grand Architecte, mais sans compas ni équerres.

 

25/01/2011

Comment la Police communique-t-elle?

D41F5EEC8182A4F6CF88A1C5B2624A.jpgPolaroïd 14 : 57

Question: comment Figaro communique-t-il?

Quelle merveilleux communiqué de presse. Oui, l'opération Figaro est un succès ''globalement positif'' et oui, il n'y a pas de déplacement de la criminalité.

Bien. Deux remarques néanmoins.

Première constatation. En matière de cambriolages, on nous annonce que le nombre de cas a diminué de 5,3% à l'intérieur de la zone Figaro, pour faire court, le centre-ville de Genève. Or, on constate également que l'augmentation est de 12,1% dans les communes suburbaines.

La proposition suivante, à savoir: ''il n'y donc pas de déplacement de la criminalité dans la zone couverte par Figaro'' est donc vrai.

Or, s'il y a effectivement corrélation entre la baisse du nombre de cambriolages dans la zone couverte par Figaro, et l'augmentation hors-zone, alors la proposition suivante: ''il y a eu déplacement des cambriolages suite à l'opération Figaro'' est donc vrai, elle aussi.

 

Deuxième constatation et si j'ai bien compris: si le nombre de vols diminue de 7.7%, et si le nombre d'arrestations est resté stable (-0.3%), devrait-on conclure que la Police genevoise arrête ''mieux''?

Si tel est le cas, pourquoi ne pas l'avoir mis en évidence?

Comme un sévillan: prouver que j'ai raison serait accorder que je puis avoir tort!

Du pouvoir (en politique).

335296.jpgEditorial Radio Cité Genève, le 25 janvier

Du pouvoir (en politique).

Je me demande parfois pour quelle(s) raison(s) complètement masochiste(s) devrait-on se lancer dans la politique ?

Subir le venin des journalistes, le quasi mécontentement permanent des citoyens, les messes basses, les coups bas de ses amis politiques. Si avec un peu de chance, vous manquez de charisme ou si votre visage n’affiche que, comme seule image, de la disgrâce, vous pouvez être sûrs d’être cloué au pilori.

Pourquoi tout ça ?

D’avouer que c’est par utopie d’un monde meilleur me semble de loin, être la raison la plus improbable. Sauf peut-être au niveau communal où vous avez encore le pouvoir de changer le sens du trafic d’une rue. De construire une crèche ou une bibliothèque. Et je le dis avec la plus grande affection. C’est important.

Pourquoi n’entend-on jamais : parce que j’aime le pouvoir. Pourquoi ? Le pouvoir décisionnel, le pouvoir d’influence, le pouvoir d’exister et d’être reconnu. C’est agréable, avouez-le ?

Le pouvoir est un magnifique objet, un noble moyen. Un moyen de réalisation, de progrès, d’idéalisme parfois, d’accoutumance toujours. Le pouvoir n’est beau que lorsqu’il est associé à une vision, un sens, une perfection. Le pouvoir isole, rend sourd souvent. Fou ? Parfois.

C’est cette forme de pouvoir qu’il faut abhorrer. Celui qui n’écoute plus, celui qui change de cap ou se réfugie dans les cales lorsqu’il faut affronter la tempête. Celui qui délègue les basses besognes à son homme de main, qui jure de la main gauche tout en tenant le compas de sa main droite.

Tout en lui transpire la certitude, l’obsession et la concupiscence. Autant d’excrétions que même sa propre bouche n’arrive plus à déglutir. Autant de salive qui tapit le cœur des mots qu’on en distingue plus le sens.

On aurait aimé qu’il intimide par sa magnificence, il ne le fera que par les menaces. On aurait aimé être abasourdi par une vérité, on ne récoltera que des armes.

Nul doute qu’il marquera nos esprits, mais pas l’Histoire. Surtout pas celle de la République.

Accointances? Vous avez dit accointances?

images.jpegPolaroïd 06 : 35

Je remercie, avec la plus grande admiration, un élu au Conseil administratif de la ville de Genève, nous rappeler qu'il faut ''absolument'' lire les prochains portraits de ses concurrents dans un grand quotidien genevois.

''Ils ne seront pas flatteurs non plus'' nous avoue-t-il.

Ce qui est flatteur par contre, c'est d'être à ce point voyant ou médium pour deviner le contenu rédaction d'un journal à paraître.

Elle est belle, la guerre, lorsqu'elle est de tranchées!

24/01/2011

Plus de transparence, pour Michel Chevrolet

cherubin6.jpgPolaroïd 09 : 55

Le candidat au Conseil Administratif de la ville de Genève apportera les chiffres du financement de sa campagne. ''Ils seront publiés prochainement''.

''Je n'ai aucun problème avec la transparence'' s'est-il exprimé ce matin dans la matinale de Radio Cité. ''J'aimerais également savoir comment le MCG finance sa campagne''.

Le candidat PDC estime à 400'000.- environ le montant total de sa campagne.