22/03/2011

Isabel Rochat aurait-elle fait appel à une agence de communication? Affirmatif

220px-Sandro_Botticelli_042.jpgPolaroïd 11 : 28

Isabel Rochat aurait-elle fait appel à une agence de communication? Et pour faire quoi?

La réponse est affirmative concernant la première question. Montant du mandat? ''Minime'' nous confirme-t-on très amicalement du côté du département de la Sécurité, de la Police et de l'Environnement.

Que Madame Rochat fasse appel à une entreprise externe pour améliorer l'efficacité de sa communication pose-t-elle problème? A ceux qui l'ont élu, ou pas, d'y répondre. Ces derniers devant être ravis à ce que des deniers publics soient utilisés à améliorer l'image du candidat qu'ils ne souhaitaient surtout pas voir accéder au pouvoir.

La question devient plus pertinente lorsqu'il s'agit de savoir, pour quels types de missions exactement, l'agence de communication a-t-elle été employée?

«Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie!... Noblesse, fortune, un rang, des places: tout cela rend si fier! Qu’avez-vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus...».

Figaro Acte V, scène III.

Figaro qui pourrait bien renaître de ses cendres. Tel un phœnix. Zephyr ne manquera pas de venir souffler sur les braises.

Vous reprendrez bien un rafraîchissement à 100'000 francs?

Diabolo_Menthe.jpgPolaroïd 08 : 50

J'apprécie particulièrement l'article de ma consœur Aurélie Toninato, paru ce matin dans la Tribune de Genève.

Oh, rien de grave, un article timide, cachée au fond à droite de la page 20. Me voyez-vous maintenant?

Le commentaire est absent, la plume légère. On devine sa main merveilleusement sournoise.

Oh, rien de grave. Une petite salle: la salle Petitot, comme sa rénovation, petite.

Aurélie Toninato fait appel au champ lexical du boudoir, de l'étroit, de l'étriqué pour évoquer la restauration.

Oh rien de grave, une ''bagatelle'' consignera la journaliste, 100'000 francs, rajoutera-t-elle.

Le rafraichissement est à l'honneur de l'article: petit. Rafraîchissement pour un homme, le ''seul'' Renaud Gautier. Bien seul comme le crayonnera avec délicatesse notre consœur.

Un petit article de printemps: espiègle et taquin. Rafraîchissant. Mais moins cher.

 

18 : 58 L'intéressé a répondu par le biais de son blog. Je vous encourage à vous rendre à l'adresse suivante : www.renaudgautier.ch

 

21/03/2011

Faut-il engager des frontaliers comme Assistants de sécurité publique ?

dyn004_small150_300_350_jpeg_47953_ab7845ac2269e6a4601d5680dfde7f11.jpgFaut-il engager des frontaliers comme Assistants de sécurité publique ?

C’est ce qui a provoqué l’indignation du président de l’union du corps du personnel de la Police genevoise, Christian Antonietti, en apprenant, qu’effectivement, trois ASP frontaliers auraient été formés l’an passé.

Première constatation avant de crier aux invasions barbares : un agent de sécurité publique n’est pas un gendarme. Il est considéré, aux yeux de la loi, comme un fonctionnaire. Il occupe des tâches administratives. Un fonctionnaire particulier certes : un secrétaire qui répond au téléphone, une personne qui se charge du transfert des détenus ou encore un individu qui protège nos ambassades, en rappelant que cette mission avait été confiée à l’armée, autant dire: à vous, à moi, au fleuriste et l’avocat. En outre, sa formation dure 4 mois contre 12 pour suivre une école de police traditionnelle.

Deuxième constatation : on comprend bien la prise de position du syndicat qui craint, à juste titre peut-être, qu’on crée une police ‘’au rabais’’. Un syndicat étant en charge de la défense des intérêts du corps de métier qu’il défend, nul doute que Christian Antonietti est entièrement légitimé à pousser des hurlements. Le problème, c’est que dans l’acronyme UPCP est contenu le mot ‘’police’’, et que les agents de sécurité publique ne sont pas des policiers.

Troisième constatation : le département d’Isabel Rochat évoque trois personnes dans cette situation. Chiffre à relativiser quand on connaît le nombre total d’agent de sécurité publique : 160 et que le nombre de gendarmes à Genève se monte aux alentours des 1300. Même si je réitère l’argument : les ASP ne sont pas des policiers mais bien des fonctionnaires.

Que des infirmière nettoient nos vieux, oui. Mais ne venez pas me parler de sécurité?  C'est l'étrange amalgame envoyé hier par l'UPCP. Etonnant quand on sait que Christian Antonietti rêve de voir ses policiers dans la rue.

C'est aussi le titre de mes confrères de la Tribune de Genève: ''la Police genevoise a engagé des travailleurs frontaliers''. Ils auraient pu tout autant titré: ''les HUG engagent des travailleurs frontaliers''.

17/03/2011

Le chant de mort

38141.jpgElegeía, 17 mars 2011

Le PDC genevois dénonce les attaques dont il est victime, avoue ‘’ne pas comprendre’’, affirme ‘’avoir toujours eu une position constante’’ concernant une éventuelle alliance avec l’UDC. Cet étonnement et cette élégie me laissent perplexe. Il faut toujours se méfier de ceux qui tentent de se disculper, action invoquée lorsqu’il s’agit de réparer des fautes. L’UDC est infréquentable ? Visiblement, pas en coulisse.

Quant à préférer ‘’la politique à l’épicerie’’, c’est beau, c’est noble, c’est touchant, c’est surtout niais. N’est-ce pas pourtant l’art occulte auquel s’est adonné Christophe Darbellay lors de cette fameuse nuit du 11 au 12 décembre 2007 ?

Les radicaux ne font pas mieux, pis encore, ils ‘’affirment leur fidélité à l’Entente’’. Là où ils y voient de la fidélité, j’y vois de la couardise pure et simple. Le propos de son président, Patrick Malek-Asghar est hallucinant : ‘’Il ne peut avoir élargissement que si les trois partis sont d’accord’’. Courageux quand on sait que le PDC l’a déjà refusé.

Enfin les Libéraux, décomplexés, n’hésitent pas à s’autoproclamer ‘’leaders de l’Entente’’. Son président, Cyril Aellen s’en fout, il a perdu des élections, mais pas le nord. Le nord, c’est demain. Et le calcul pourrait payer.

Cyril Aellen est perdant et le dit. D’autre perdent et fanfaronnent. L'un calcule, l'autre moralise et le dernier se meurt.

16/03/2011

De l'immoralité d'abattre les morts

Juan_de_Juanes_003.jpgPolaroïd 12 : 55

On croit rêver!

On l'apprenait hier soir, 21:39 de l'agence Decaprod: la section Ville de Genève du PDC ouvre une procédure d'exclusion envers l'ex-rival ''candidat à la candidature'' de Michel Chevrolet à la course à l'exécutif, Didier Bonny.

Pêché du sujet? La traîtrise, le coup fourré, la perfidie*.

Qu'on le pende tout de suite pour avoir osé égratigné le Roi!

Qu'on l'expulse, celui qui aura blasphémé, conspué et œuvré dans la lumière des caméras!

On remarquera juste que Didier Bonny a eu l'honneur de s'exprimer après l'annonce des résultats. Pas évident pour l'homme, il est vrai, d'avoir rongé son frein autant de temps.

La section Ville de Genève du parti démocrate chrétien doit avoir raison: on ne tire pas sur les morts. C'est mal.

 

(*avoir déclaré lundi soir sur le plateau de Genève à Chaud: Je ne suis pas surpris par le score du PDC mais par celui de Michel Chevrolet. Je me dis que si ça avait été moi, j’aurais peut-être été élu. J’aurais en tout cas fait aussi bien que lui).

Michel Chevrolet: il n'y a plus le feu au lac

anna_pavlova.jpgBillet d'humeur, 16 mars 2011

Michel Chevrolet.

3'973, c’est le nombre de voix que le candidat PDC à la course à la Mairie de Genève a récolté. Je dis bien ‘’course à la mairie’’ supputant avec une perfide méchanceté, qu’un simple siège de Conseiller administratif ne soit pas suffisant pour satisfaire son ambition stomacale.

3'973, c’est 42 voix de moins que le candidat UDC Michel Amaudruz, à ne pas confondre avec Amoudruz, entreprise de vidange de fosses sceptiques. Non, Michel Amaudruz, lui, est connu pour avoir enfanté une amazone qui choisira toujours les équidés aux génuflexions de mendiants étrangers, Céline Amaudruz. On ne dira pas, ici, du ‘’papa avocat’’ qu’il a brillé dans les médias, l’homme préfère arpenter les couloirs du palais de justice à ceux, sombres et humides du Francis, boîte de nuit réputée pour ses karaokés et ses dames de compagnie.

3'973, c’est également une voix de plus, que Jacques Pagan, pourtant ex-Conseiller national transparent certes, mais connu pour disposer d’une biographie sur wikipédia. Trois lignes exactement suffiront à décrire l’homme d’influence. Trois lignes, c’est aussi une de moins que le non moins célèbre Conseiller national défenseur des droits de l’homme, du suisse-allemand et des ‘’Birkenstock’’ : Antonio Hodgers.

Enfin 3'973, c'est beaucoup moins que le nombre d'amis dont dispose le candidat sur Facebook. On le rappelle: vos amis sur le réseau social ne sont pas forcément vos amis dans la vie réelle.

En tous les cas, Michel Chevrolet est bien entouré, devant et derrière par des UDC. Au final, ne resteront que comme seul point commun : une simple lettre : le ‘’C’’. Le centre de l’un n’étant pas le même que les deux autres.

Bon, arrêtons de parler chiffons, chiffres et des lettres. Michel Chevrolet a été transparent : 320'000 francs provenant de jetons de présence des conseillers PDC. 120'000 francs d’un compte ouvert à la Poste à la manière d'un Julian Assange et alimenté par de mystérieux investisseurs ‘’que je vous révélerai plus tard’’. Coquin!

Pas de quoi affoler l’électeur, le candidat avoue ‘’ne pas avoir promis quoi que ce soit en retour’’. Je le crois. Moi aussi, on m’a déjà donné 120'000 francs pour que je m’épanouisse. ‘’L’amitié n’a pas de prix, pour le reste, il y a visa’’, disait le slogan. Avec un peu de mauvaise foi, le compte est bon : un siège au Conseil municipal (et ils en ont sept), n’aura coûté au parti chrétien, que seulement 63'000 francs. ‘’Bagatelle !’’, dira François Gillet, président du même parti genevois.

Là n’est pas le problème. Le problème, c’est comment expliquer cette inimitié de la populace qui a, avec un acharnement certain, biffé le candidat pourtant fort sympathique ? Quoi ? Qu'ouïs-je? Genève, ville triste ? Pas de vidéos en chantant, ni pin’s, ni soirée pour alimenter ma vie quasi moribonde de genevois protestant ?

Qu’en sais-je ?

Le genevois ne doit pas aimer la politique spectacle, préférer les cols serrés et les cravates droites. A l’équerre la cravate ! Les caravanes doivent lui faire penser à des gens du voyage. Le MOA club et ses jeunes délinquants doivent lui susciter de l’urticaire. Les bagnoles américaines sont trop grosses et polluantes.

Nul aujourd’hui, ne le saura. Reste qu’à l’évidence : ‘’il n’y a vraiment plus le feu au lac’’.

15/03/2011

Les Vierges Effarouchées.

pic-1.jpgPolaroïd 17 : 50

Si j'ai bien compris.

La Gauche fustige les libéraux de s'acoquiner avec l'UDC, parle de ''trahison'' lorsqu'il s'agit d'imaginer une infidélité UDC-PDC.

La Droite accuse la Gauche de relation incestueuse lorsqu'il s'agit d'échanger quelques fluides avec l'extrême gauche.

En clair, à Droite comme à Gauche, tout le monde ''couchotte'' un peu, sous réserve d'une position commune (missionnaire bienvenue).

Mais lorsqu'il s'agit de passer la bague au doigt, on se transforme en hystérique Vierge effarouchée?

Je comprend un peu mieux que ''ni à gauche ni à droite'' reste de loin la position la plus agréable. En terme de latitude.

Alberto

ombre-des-tenebres.jpgÉditorial Radio Cité Genève, 15 mars 2011

Il s’appelle Alberto, il a 64 ans.

Il aurait pu être poète, révolutionnaire, fumeur de havanes ou ouvrier sur une chaîne de montage, il sera ingénieur.Son regard et ses rides en disent beaucoup plus que ses mots. C'est vrai, certains se moquent de lui, parce qu’il parle mal. Je crois, au contraire, que l’homme veut en dire beaucoup trop, que ce que sa bouche ne le lui permet. L’homme parle avec son ventre, c’est ce qui le distingue des autres.

Alberto était député au Grand Conseil jusqu’en 2009 où il y fût éjecté après 12 ans. ‘’Saleté de MCG’’ aurait-il pu expulsé, Alberto de toute façon s’en fout : la politique, il la fait partout. A la constituante également.

Avant hier, Alberto s’est classé à la cinquième place des candidats élus. 7'493 voix sont sortis de terre pour soutenir l’homme. Il n’y a pas que sa bouche qui soit terreuse, ses mains aussi. Des mains trapues, un corps râblé. Ce doit être un homme de réseau, de terrain. Ou un hasard de liste.

Son homonyme, l’écrivain aura eu le mérite de ne jamais publier de son vivant. Alberto, lui, aura eu le mérite de ne pas avoir occupé le devant de la scène. Candidat de l’ombre médiatique, on l’aura juste aperçu, ici et là, sur une affiche électorale. Même Google n’en veut pas.

Sans bus, sans vidéos, ni badges, ni supporters, Alberto est arrivé cinquième. Cinquième sans champagne ni miroirs ; sans cocktails ni blogs. Juste une écharpe rouge.Pas du rouge bordeaux, ni du rouge cardinal. Non, du rouge sang, de l’ocre rouge terre d’Espagne. Alberto vous fait la bise, là où Sandrine vous serre la main. Il déclare pouvoir passer ses nuits blanches à défendre ses convictions, alors que d’autres répondent qu’ils les gaspillent pour n’importe quoi.

Dimanche soir, aux alentours d’Uni Mail, ils étaient tous là, les candidats anonymes des communes dont tout le monde se fout éperdument mise à part ceux qui les habitent, qui les conquièrent, et quelques journalistes. Les angoisses se mélangeaient aux sourires, les amertumes aux cris de joie. Mines patibulaires improbables de candidats ‘’ni gauche ni droite’’ ; jupes serrées de jeunes candidates en quête d'approbation ; haleine de vin blanc pour certains, cigares pour d’autres.

Alberto, comme d’autres avaient reçu presque 8000 voix. Sans presque rien. De quoi rendre mon sourire laconique, en pensant à ceux qui en avaient reçu deux fois moins. En dépensant beaucoup plus.

14/03/2011

Le MCG n'est ni à gauche ni à droite, sauf parfois.

michel_ange_la_tentation_d_.jpgPolaroïd 18:49

Le Mouvement Citoyen Genevois revendique un siège au Conseil administratif de la ville de Genève. Soit, c'est son droit.

Eric Stauffer annonce vouloir établir des alliances élargies avec l'Entente et l'UDC. Si j'ai bien compris, le MCG n'est ni à droite, ni à gauche, sauf parfois à droite quand ça l'arrange?

En fait, c'est vrai, on peut parfaitement conspuer une femme tout en couchant avec.

Ah, merveilleuse schizophrénie!

Polaroïd 19 : 06

A noter le cure-dent qu'a planté Florence Kraft-Babel, sur le plateau de Genève A Chaud, contre son colistier de l'Entente, Pierre Maudet, en déclarant qu'on l'avait élue ''pour ne pas s'abaisser à des combats de basse-cour''. Déclaration expulsée après qu'Eric Stauffer et le magistrat radical se soient fait traités de ''coqs'' par Pascal Décaillet.

 

Petits meurtres entre amis

splash.gifPolaroïd 08:59

Eric Stauffer annonce ce matin, sur nos ondes, lancer deux candidats à la course à l'exécutif de la ville : Carlos Meideros et Soli Pardo.

Cyril Aellen veut, quant à lui, briguer deux sièges. Michel Chevrolet, lui, ne renoncera pas à se présenter au Conseil administratif. ''J'ai fait le score auquel je m'attendais'', a-t-il rajouté ce matin.

Les Verts ne présenteront, vraisemblablement, qu'un seul candidat: Esther Alder, la mieux élue. Reste Rémi Pagani pour la gauche de la gauche, et l'UDC.

Beaucoup de prétendants. Cinq sièges. De la salive, de la mauvaise foi, des unions et des assassinats, l'inceste peut-être? On s'en réjouit déjà.

07/03/2011

L'obligation de servir

Embrasse-Moi-Vampire-010.jpgPolaroïd 16 : 29

Certaines voix s’élèvent, ici et là, contre les médias suisses qui ne respectent pas le temps de parole accordé aux différents partis politiques, ou aux différents partis tout court.

Il existe en France, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui, jour après jour, comptabilise les minutes de présence des hommes et femmes politiques sur les radios et télévisions françaises.

Jean Jacques Bourdin a émis une idée fortement intéressante. A contrario, le journaliste de RMC et de BFM souhaite saisir le CSA pour forcer ses invités à s’exprimer sur son antenne. En cause : le refus systématique d’Alain Juppé d’apparaître dans ses émissions.

L’idée est alléchante.

Ne serait-ce que pour ‘’forcer’’ certains candidats au CA qui ‘’refusent de débattre avant les élections municipales du 13 mars prochain’’, de justement venir débattre.

Ne serait-ce que pour ‘’obliger’’ ceux qui sont retournés vivre dans les ombres de leur dicastère, à se frotter à la lumière vive du soleil.

 

 

Soirée FIFDH ou l'horizontalité d'un tapis roulant d'aéroport

Aeroport_de_dubai_terminal_3_tapis_roulant.jpgBillet d'humeur, 7 mars 2011

Samedi soir à l’Alhambra se tenait l’une de soirées du Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains: le FIFDH.

Thème de la soirée : l’Europe à la botte des populismes. Au programme : séance de projection d’un documentaire de l’agence Capa intitulé sans aucune forme d’orientation : ‘’Ascenseur pour les fachos’’. Véritable travail d’investigation traitant de la montée des partis, que dis-je des groupuscules et des mouvements d’extrême droite en Europe. Pas une trace pourtant des mouvements d’extrême gauche.

S’en est suivi un petit débat avec pour invités : l’indignation personnifiée par Stéphane Hessel, la force du droit de Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, le journalisme engagé de Marc Semo, responsable du service monde à Libération et enfin, la force de l’âge et de la raison, Ruth Dreiffuss, ex présidente de la Confédération.

Quelques constatations.

Le documentaire fut navrant! Un panorama horizontal des mouvements d’extrême droite, pas une seule explication des causes de leur émergence, on se serait cru au rayon charcuterie de la Migros. Un militant italien avoue avoir été enrôlé à l’âge de 13 ans; pourquoi comment ? On n’en sait rien. De la musique effrayante, gros plan sur des insignes nazis et sur des têtes de mort, une voix-off qui se gargarise d’avoir obtenu, en première mondiale, l’interview d’un des bras droits du maire de Rome, facho déguisé en homme politique.

Bref, un documentaire qui n’avait pour but que de confirmer l’idée de départ de ses auteurs : ''oulala, ça fait peur !''

Et pendant ce temps-là, dans la salle, transformée pour l’occasion en séance psychanalytique collective du bien-pensant : on a entendu des ‘’ouh !’’, des ‘’oh !’’ et des ‘ah !’’. L’orgasme avait été presque atteint lorsque les lumières se sont rallumées, le coït était proche.

Stéphane Hessel, a confessé que son ouvrage ne délivrait aucune solution quant aux attitudes à adopter face à la ''rampante'' progression de ces mouvements, Marc Semo n’a fait que donner la parole aux intervenants, dans un débat qui lui avait échappé, Viviane Reding a rappelé l’importance du droit, merci ! Quant à Ruth Dreiffuss, elle a peut-être sauvé de l’ennui, les quelques esprits critiques qui avait survécu à l’interminable documentaire.

23h30, l’open bar était ouvert, on pouvait y siroter quelques verres de blancs, de rouge et de jus de pomme. Quelques grandes figures politiques de gauche serraient des mains (Ueli Leuenberger!), sauf Sandrine Salerno, qui ne nous aura pas fait part, à ma connaissance, de sa présence, trop occupée à critiquer ces mâles en chaleur qui fricotent avec des poupées dans des bagnoles de luxe.

Au final, une soirée comme les autres pour des auditeurs déjà convaincus. Le triomphe de l’auto-satisfaction de ses propres idées. Une soirée où il n’y aura eu, ni tentative d’explication de l’émergence de ce qu’ils appellent le populisme, ni remise en question du discours politique des partis traditionnels.

Une soirée qu’on quitte de la même manière qu’on est arrivé, est une soirée gâchée.

A ‘’l’ascenseur pour les fachos’’, on aura malheureusement assisté à l’horizontalité d’un tapis roulant d’aéroport, la musique qui va avec, cela va de soit, en cadeau.

03/03/2011

Délivrez-nous du mal!

17 RUBENS TEMPTATION OF CHRIST.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 3 mars 2011

Vous m’en voyez désolé, mais j’ai l’impression, ces dernières semaines, de voir le mal partout.

Tenez, par exemple : j’apprends que l’un des candidats à la course au Conseil administratif, le PDC Michel Chevrolet encourage les électeurs étrangers à se rendre dans les bureaux de vote. C’est vrai, qu’après les jeunes, les handicapés, les paquisards, le hockey sur glace, la programmation de l’Usine, les soirées de soutien aux associations, ne manquaient qu’à l’appel : les étrangers.

Je taquine, je taquine, c’est le principe même d’être en campagne.

Alors vous imaginez ma déception, à la lueur du résultat du candidat PDC sur le site smartvote.ch, d’apprendre que le même Michel Chevrolet refusait d’accorder le droit de vote et d’éligibilité au niveau communal pour les étrangers.

Alors de deux choses l’une : soit notre candidat est dyslexique de la souris, soit il préfère que les étrangers votent pour lui, mais sans pouvoir se présenter à des élections. Ce qui serait drôlement malin de sa part.

Autre exemple : un confrère bien intentionné, cela va de soit, me signale qu’une intéressante conférence se donne le 9 mars prochain au Club Suisse de la Presse. Pour les novices, sachez que le Club Suisse de la Presse est un bel endroit, près de l’hôtel Intercontinental, où les journalistes peuvent siroter un verre de blanc et rencontrer des grandes stars qui font la une des médias : Micheline Calmy-Rey, Julian Assange, Michel Platini, même Evelyne-Widmer Schlumpf s’y est rendue, nous affirmant ‘’qu’il n’y avait pas de problèmes avec les étrangers’’. C’était quelques mois avant les votations sur l’érection, ou pas, de tours pointues.

Je disais, le 9 mars, se tiendra une conférence pour présenter le nouveau livre de Guy Mettan et de Christophe Büchi : le dictionnaire impertinent de la Suisse. Super Tip Top !

Seul anicroche: Guy Mettan n’est autre que le directeur du même Club suisse de la Presse. C’est un peu comme si je m’invitais moi-même, sur cette antenne, pour parler de ma propre émission, pour vous dire à quel point je suis formidable, c’est comme si un administrateur de Palexpo organisait ses propres expositions dans ses propres hangars. Le salon de l’Auto au hasard. Comme si c’était le Canton de Genève qui était actionnaire majoritaire de Palexpo. Comme si les équerres étaient en exposition au Salon du Livre.

Bref passons, je vous le disais, je vois le mal partout.

Quant il faut y voir des plumes, j’y vois des objets contendants, de l’encre, du sang, des gens qui toquent à me fenêtre, des car-jackers. Quand il faut y voir des amis, j’y vois des traîtres, quand il faut il y voir des dictateurs, j’y vois des acteurs de cinéma, quand il faut y voir du rouge à lèvres, j’y vois du maquillage, enfin quand il faut y voire des mendiants voleurs-de-poule, ce ne sont que des policiers.

C’est décidé, aujourd’hui, je ne me fierai qu’à une seule chose: les larmes.

24/02/2011

Persiflages et autres sarcasmes

Hypocrite_1.gifPersiflages et autres sarcasmes, 24 février 2011

Constate, qu'à la différence d'Isabel Rochat, Daniel Zappelli a le mérite d'offrir une explication au manque de popularité de Champ-Dollon. ''La cause majeure de ce phénomène est le nouveau code de procédure pénale'' déclare-t-il en page 3 de la Tribune de Genève. C'est toujours mieux qu'un ''il n’y a pas véritablement d’explication à cette diminution.''

Remarque que l'ex-président des jeunes socialistes genevois, Romain de Sainte-Marie s'occupe avec talent du site ''non-électoraliste'' de Sandrine Salerno. C’est dommage, si j’avais aperçu l’offre d’emploi, j’aurais probablement postulé. Comme elle, j'aurais dû être plus à l'écoute.

Se demande enfin s'il est bien raisonnable ou juste présomptueux qu'un Conseiller administratif ait décidé d'engager un collaborateur après les échéances municipales?

Genève est toujours autant sexy. Autant que le sourire péroxydé à l'hydrogène de Fathi Derder.

17/02/2011

126 levers de soleil

942144samson_blinded.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 17 février 2011

Il est 07h57. Je suis derrière un micro, et je n’ai aucune idée de l’endroit où vous êtes. En réalité, je n’ai aucune idée de qui vous êtes. Je n’ai aucune idée de votre âge, si vous êtes doté d’un physique gracieux, ou paré d’une sorte de bouée adipeuse que vous dissimulez par le port d’un vêtement ample. Je ne sais pas non plus si vous êtes encore dans un lit, si votre visage s’illumine à la lueur d’une allumette, ou enfin si vous grillez votre dernière cigarette sur un rebord de fenêtre décoré par un pigeon à rendre jaloux Jackson Pollock.

L’un de mes collègues qui se distingue par son cynisme, me rappelle au moins une fois par mois, que tout cela ne sert à rien. Il me dit que les gens ont la mémoire courte, qu’un fait divers remplace un viol, qu’on trouvera bien une femme dont les implants ont explosé ou un manchot joueur de poker pour remplacer la disparition d’une joggeuse, ou de jumelles… ‘’Plus vendeur’’ rajoute-t-il avec ce sourire qui me donne envie de lui donner une claque. Au final, on finira par rire. C’est vrai, on vient d’apprendre que Baxter le molosse ne sera pas condamné. C’est plus commode.

On arrive bientôt à 7h58. Les sondages, réputés pour leur fiabilité, nous disent que vous avez de moins en moins de temps à accorder à l’information, que votre durée d’attention se rapproche délicieusement du temps nécessaire pour faire l’amour: c’est vrai 7 minutes devrait faire l’affaire.

En fait, je me dis parfois que les sondages sont surtout rassurants pour ceux qui vendent de la publicité. De mémoire, il me semble que la corrélation entre la qualité et l’audience n’a jamais été réellement démontrée. Tiens, ça me fait penser à un élu UDC qui, dernièrement, m’a expulsé au visage: le peuple a toujours le dernier mot. Il avait raison, aurait-il dû préciser que même le peuple pouvait se tromper. Un peu comme une immense radio qui fait beaucoup d’audience : on devrait dire d’elle que ‘’c’est une radio qui fait beaucoup d’audience’’ plus que de conclure que ‘’si l’audience est au rendez-vous, c’est qu’elle doit être bonne’’. Et pour vous prouver ma bonne foi, l’argument est réversible: une radio qui ne fait aucune audience, n’est peut-être, au final, qu’une radio tout simplement mauvaise.

Bref, là n’est pas la question. Il est bientôt 07h59, vous êtes coincés sur le pont du Mont-Blanc ou à Adrien-Lachenal, pas de parcs de jeux à proximité pour vous permettre de vous ressourcer. De toute façon, les policiers, qui ont fait du grattage de terre leurs priorités, ou des élus angoissés à l’idée de perdre une élection, sont déjà passés avant vous. Il vous faudra donc tirer un trait sur les boulettes.

Reste que je ne sais toujours pas qui vous êtes, sauf cet auditeur qui continue dans une logique implacable à me reprocher mon patronyme. J’avais pensé tout d’abord à un président de parti politique, accessoirement employé dans une grande société de vente d’abonnements téléphoniques pour le compte de Sunrise, puisque c’est lui qui m’a fourni mon téléphone portable : abonnement illimité 25 francs par mois. Il m’a juré que ce n’était pas lui, je l’ai cru sur parole.

Voilà, on effleure désormais les 08h00. Toujours aucun indice sur votre profil.

Ni si votre café est Nespresso compatible ou si vous avez le bon goût de faire appel à la cafetière italienne. Nulle preuve d’un dépareillement de vos sous-vêtements, si votre mal de ventre est dû à une ingurgitation massive de Williamine hier soir, ou à cette maudite horloge biologique. Aucunes idées quant à vos orientations politiques ou la date à laquelle vous avez pleuré pour la dernière fois. Pas de preuves si vous êtes encore en retard à votre travail, ni de symptômes quant à l’excuse que vous allez invoquer.

Il est 08h00. Vous allez bientôt pouvoir assister au dernier flash d’information de Stéphanie Géroudet-Règes. C’est une collègue et je ne sais rien d’elle.

Affligeant quand on pense que nous avons partagé 126 levers de soleil. Vous voyez, c’est tellement pratique de ne rien savoir.