09/05/2011

L'éveil

la-verite-si-je-mens-1997-8266-1654922433.jpgPolaroïd 12 : 00

Voilà. Il aura suffi de quelques prises de paroles moralisatrices et d'un sursaut absolument catatonique du Conseil d'État pour apprendre que les Transports Publics Genevois ''veulent (aussi) recruter des chômeurs genevois''.

Non pas que cette attitude soit inédite, apprend-on de la bouche du directeur des ressources humaines de la régie publique, en page 17 de la Tribune de Genève de ce jour, ''cet objectif ne date pas d'aujourd'hui'' dira-t-il à ma consœur Laurence Bézaguet. A ne pas douter, le rappel d'une nouveauté qui n'en est pas une, devait être, en toute logique, relevée.

Je dois avouer que je ne sais quoi penser de toute cette histoire et surtout du réveil protectionniste (ou de préférence nationale, dira-t-on) du gouvernement genevois.

De dire qu'il ne fait que conforter ce qu'un autre parti n'a cessé de clamer? Certainement, et avec énormément de retard.

De rappeler que le principe de non-discrimination fonctionne dans les deux sens? Certes.

D'alléguer que cet éveil est soit suspicieux, soit chronologiquement affligeant? Affirmatif.

03/05/2011

Lépide, Octave et Mark

pic.jpgPolaroïd 16 :47

Mark Muller était l’invité de notre rédaction ce matin, 8h03 précisément. Trois dossiers :

I. Cherpines

II. Libre circulation

III. Dysfonctionnements du DCTI.

I. Sur le déclassement des Cherpines, le Conseiller d’Etat en charge des constructions aura eu le mérite d’être limpide. ‘’ Nous votons sur un déclassement. Si ce déclassement est accepté, alors nous passeront au prochain niveau : le Plan Localisé de Quartier’’. Au reproche lancé par les Verts, à savoir ‘’que ce projet était vide et confus’’, Mark Muller rétorque : ‘’Si nous avions déjà un PLQ, et que le déclassement aurait été refusé, on m’aurait accusé de dilapider de l’argent public’’. Les Verts rappelleront sûrement que le déclassement d'autres terrains avaient déjà été accompagnées de PLQ.

II. Sur la libre circulation, Mark Muller suit la tendance déjà initiée par son article publié dans le Temps la semaine dernière, à nouveau répétée de manière incantatoire hier par David Hiler et François Longchamp : ‘’Nous devons faire attention à ce qu’il n’y ait pas de perdants dans le développement économique de Genève. (…) Comprenez-moi bien, nous avons besoin des frontaliers.’’ La synonymie est alors complète avec un autre slogan : ‘’frontaliers d’accord, genevois d’abord’’.

S’ensuit une proposition tout à fait hallucinante du président du gouvernement genevois. Son idée ? Faire appel à la responsabilité des entreprises et des propriétaires. ‘’Vous ne devez pas casser cet outil qu’est notre modèle économique’’ leur adresse-t-il. ‘’Des logements, 4 ou 5 pièces loués à des prix exorbitants, 4 mille francs par mois à des expatriés, ça ne va pas !’’ clame-t-il. ‘’Il faut que les propriétaires pratiquent des prix corrects avec des rendements autorisés par la loi’’.

Dois-je être si naïf pour penser que c’est à l’Etat de vérifier la légalité des loyers demandés ? Ou Mark Muller est-il si naïf qu’il pense pouvoir faire appel au ‘’civisme’’ des propriétaires pour qu’ils acceptent affectueusement de faire baisser leurs propres rendements ?

III. Sur les dysfonctionnements de son département, Mark Muller expulsera sèchement : ‘’je n’ai jamais considéré qu’il y avait eu des erreurs’’. ‘’Il y avait des pratiques que je suis en train de corriger’’. ‘’Je m’étonne aujourd’hui que l’Asloca vienne hurler parce que l’Etat pratiquerait des loyers trop bas !’’.

Amen.

26/04/2011

Cherpines et autres babioles

pic.jpgPolaroïd 17 : 02

Sur nos ondes ce matin, nous accueillions Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre Genevoise Immobilière. Pour celui qui occupe également un siège de député libéral au Grand Conseil, le constat est très clair : ‘’il faut construire’’. ‘’Plus’’. Soit.

Oui mais comment ?

‘’Il faut passer de la parole aux actes’’, ‘’dépasser les idéologies’’ dira notre invité qui aligne trois axes : la densification, la surélévation, et le déclassement de terrains.

‘’S’il y a des surélévations créés en ville, elles sont de qualité, s’il a densification de quartiers en ville, ils sont de qualité, et quand nous devrons déclasser des terrains en zone agricole pour construire, ces quartiers seront de qualité’’. Le secrétaire général rappelle enfin que le projet directeur des Cherpines prévoit 3'000 logements, dont 25% de logements HBM, 25% de logements ‘’un peu moins subventionnés’’ et 50% de logements à ‘’des prix contrôlés par l’Etat’’. Voilà pour le discours.

Cela fait maintenant quelques jours que le débat fait couler de l’encre numérique sur la plate-forme de blogs de la Tribune, et c’est une bonne chose.

N’empêche qu’entre ceux, qualifiés de ‘’vilains promoteurs-mécréants qui comptent s’engraisser’’ et ceux affublés de doux surnoms de ‘’bobos adorateurs de cardons en sandales’’, il n’y a qu’une certitude : le débat va être passionnant. Distinguer le vrai du faux, un art. Ou un travail, c'est selon.

19/04/2011

L’Usine. Oui mais à quoi ?

sd_181.jpgPolaroïd 21 : 55

N’en déplaise au Maître Bonnant qui n’a que très peu d’estime pour ‘’ces jeunes qui estiment que sortir en disco est une forme de culture’’. Marc Bonnant est un brillant avocat, Marc Bonnant est un orateur hors pair, mais Marc Bonnant est élitiste. Je serai le premier à reconnaître la qualité de la langue et de sa plume, également le premier à estimer que certains de ses éditoriaux sont tout simplement inaccessibles à tous. La culture, c’est aussi autre chose. ‘’Aussi’’ ne faisant pas parti de toute évidence du champ lexical du prophète.

L’Usine est pour beaucoup un lieu social, un lieu où on avale des hectolitres de bière et autres substances à un prix tout à fait abordable. L’Usine est également pour beaucoup, un lieu où on danse, un lieu où on espère que sa langue finisse autre part que dans son propre palais, un lieu où la programmation musicale est loin des formatages habituels des grandes agoras que sont le Paléo et le Montreux Jazz. L’Usine est aussi cela.

L’Usine est aussi le lieu où règne en maître, le concept vide mais porté en adoration qu’est l’auto gestion, on pourra néanmoins décemment reconnaître l’ ’’alternativité’’ culturelle du numéro 4 de la place des Volontaires, enfin on passera volontiers sur le copinage. Que l’Usine soit parfois hargneuse, voire dédaigneuse envers les autorités, je le rappelle, aimable fournisseur économique du lieu, est assez désagréable. Surtout fort peu utile en considérant qu’une grande partie de la population n’a déjà pas beaucoup d’amitié pour le lieu, imaginant déjà qu’il n’est qu’un repère de drogués et de dealers.

Mais là n’est pas l’essence de l’épine. Que la multinationale soit financée par des fonds publiques ou privés ne change en rien la problématique qui nous intéresse aujourd’hui. Même si rejeter une certaine forme de capitalisme tout en acceptant des deniers publics relève de la schizophrénie.

Très Chère Usine (et vous l’êtes à mes yeux).

J’avais naïvement cru que vous vous étiez amicalement débarrassé de l’élu MCG, ne souhaitant pas risquer qu’il se fasse agresser. Vous avouez pourtant, que vous l’auriez viré ‘’parce c'est un homme politique dont le parti diffuse la haine’’ ? Aujourd’hui, vous ne m’inspirez qu’une seule ligne : l’intolérance, le dogmatisme et l’idéologie.

J’avais naïvement cru qu’on pouvait être plus intelligent, pour un lieu qui prône une autre vision du monde.

17/04/2011

La relativité

Ontario-Brothel-01.jpgPolaroïd 01 :10 La relativité.

La passion, la guerre des mots assassins, les alliances et les couches humides. L’inceste, la quête, le but, la gloire. Les applaudissements et les trompettes, les cris et les pleurs. Les interprétations et les commentaires, les pronostics et les paris. Les mises à mort, la leptospirose, les myxomatoses urticantes, la tarologie, la cartomancie, et autres arts divinatoires.

Pendant ce temps-là, les hedge funds, les contrôles ‘’inopinés’’ d’identité de roms indésirables, les joueurs de bonneteau du jardin anglais, les faux louboutins botoxés du Java, la vacuité du concept ‘’culture auto-géré’’, l’inhalation répétée d’eau de toilettes, les pulsations des désirs.

Entre le ‘’tri’’ et le ‘’nettoyage’’, les ‘’conditions cadres’’ et la pelure de patates, les blocages et les Maldives, la classe moyenne, et celle supérieure, les mensonges, les propos expulsés de manière aviné, ne restent qu’une certitude: un chiffre, un vague intérêt. ‘’Pas grand chose’’ me direz-vous. Un électeur sur trois.

Comme un billet discrètement glissé dans une main manucurée. Après l’orgasme, rien. Si ce n’est l’expulsion d’un ‘’on s’en fout’’ par un badaud dont le seul souci est de savoir si le tram passe par chez lui.

11/04/2011

Mise au Coin

pic-1.jpgPolaroïd 21 : 21

J’aurais aimé vous dire à quel point la dernière émission ‘’Mise au Point’’ de la Télévision Suisse Romande est un chef d’œuvre.

Vous dire à quel point les neuf (j’ai compté) éternelles secondes de silence de Michel Chevrolet sont jouissives. A la question du journaliste : ‘’est-ce que vous avez un conseil à donner aux gens qui cherchent un appartement maintenant’’, le candidat PDC répond avec la plus grande des impuissances: ‘’euh, mmmh, euh, c’est dur, c’est dur pour tout le monde’’. ‘’Blocage, blocage, blocage’’ de l’organe vocal, aurais-je perfidement envie de rétorquer.

J’apprends également, ô stupéfait, de la propre bouche de l’intéressé qu’il appartient ‘’à la classe moyenne’’. C’est vrai mon bon Monsieur: ‘’c’est dur, c’est dur pour tout le monde’’.

Vous dire qu’Abdallah Chatila, promoteur autoproclamé d’un gigantesque complexe immobilier, justifie les deux appartement réservés au maire de Cologny avec l’argumentaire suivant : ‘il a eu l’intelligence de venir vers moi, en me disant : Monsieur Chatila, s’il vous plaît, le jour où vous avez quelque chose à vendre, mettez moi sur la liste, et c’est là que j’ai eu l’idée de créer une liste’’. Suis-je si naïf ? Quelle merveilleuse idée, Monsieur le Maire, d’avoir eu l’outrecuidance d’insuffler l’idée d’une liste au promoteur momentanément cérébralement défavorisé!

Enfin vous dire que le reportage de Mise au Point sur ‘’ces logements que vous pouvez posséder si vous avez des relations’’ aurait pu se passer d’images. Un seul titre aurait suffi. Quelques mots contre douze minutes. Une onomatopée contre un plan de la Porsche Cayenne du diamantaire.

Avec en note de bas de page : ‘’si vous avez plus de 700'000 francs’’. J’aurai aimé. Mais ne vais pas.

06/04/2011

Sous un tas de feuilles mortes où habituellement on cache des corps

pic.jpgPolaroïd 19 : 00

L’idée avait germé là, sous un tas de feuilles mortes où habituellement on cache des corps. Elle appelait cela ‘’avoir le cerveau en champ de batailles’’.

Elle n’était pas très gloss et louboutin. On disait assez facilement d’elle qu’elle était moche. ‘’Un adjectif cru comme on fait l’amour’’, rajouta-t-elle en s’essuyant. Elle ne pouvait le faire autrement. L’affection est à l’amour, ce qu’est le trottoir à l’abysse. Les affres de la verticalité contre la platitude du bitume.

Pourquoi se lancer dans la course à un exécutif ? Essuyer les coups répétés, les crachats, les rumeurs, la critique et la corde. Pour quoi ? Ni pouvoir ni reconnaissance comme objectifs. Pas même le bruit de verres qui s’entrechoquent.

Et puis dans un quasi instant de grâce, piqué à vif, dans la chair, le corps s’est levé. Délicieux moment d’automne. A fleur de peau, nue.

Certains ont alors pensé qu’elle pourrait être douée.

04/04/2011

La mystérieuse nébuleuse des assistants parlementaires de la Constituante

fond d ecran mer limpide. Sea wallpaper.jpgPolaroïd 21 : 30

La mystérieuse nébuleuse des assistants parlementaires de la Constituante.

60'000 francs par année sont alloués à chaque groupe de la Constituante (et ils sont au nombre de onze) afin de rétribuer le travail d'un assistant parlementaire. Soit.

La cour des comptes relevait déjà en décembre dernier, que '' l’usage des indemnités aux assistants parlementaires qui en était fait par les groupes ne répondait pas dans tous les cas aux exigences légales stipulées par le Bureau de l’Assemblée constituante. Certains groupes ont engagé des assistants à un tarif inférieur à celui que permet l’indemnité globale annuelle. D’autres ont engagé au titre d’assistant le secrétaire de leur parti ou un membre permanent du secrétariat du parti, voire un employé de l’organisation faîtière du groupe, cette dernière manière de procéder apparaissant comme un mélange des genres assez peu judicieux.'' Soit.

D'autre part, le salaire d'un assistant parlementaire correspond (toujours selon un rapport de la cour des comptes) à un emploi à 50%.

En clair, un assistant parlementaire touche 5000.- francs par mois à 50%, pour offrir son cerveau, ses idées, et ses talents de rédaction à son groupe représenté à la Constituante genevoise.

Selon mes sources, certains assistants ne travailleraient effectivement que ''3 à 4 heures par semaine''. Je ne m'aventure pas, bien évidemment, à supputer que tous les assistants parlementaires sont des fainéants. Je constate que 660'000 francs ont été versés en 2010 (550'000.- en 2009) pour onze salaires considérés comme des ''mi-temps''.

Ce que je constate, c'est que 660'000 francs sont lâchés dans la nature, sans qu'aucune forme de contrôle n'intervienne, si ce n'est la propre honnêteté des groupes de la Constituante.

C'est beau, c'est pur, c'est limpide. J'aime.

30/03/2011

Le lobe occipito-temporal d'Eric S.

depsicologia.com.wp-content.uploads.orlando_ballet_thumb.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 30 mars 2011

Le ‘’seul défaut’’ de Carlos Medeiros, candidat MCG au Conseil administratif, c’est son accent portugais.

La phrase est signée Eric Stauffer, président convalescent du même parti, sous la plume de mon confrère Marc Bretton en page 23 de la Tribune de Genève, c’était hier.

Oh, rien de grave, me direz-vous. Une petite phrase anodine lancée dans l’air, comme on tire des balles pour souligner sa joie. L’une de ces phrases assassines ou freudiennes qu’on me reprochera, à raison, de sortir de son contexte.

Nul doute que le président du Mouvement Citoyen Genevois, n’avait que pour dessein, que de prononcer : ‘’le seul handicap’’ de Carlos Medeiros dans la course à l’exécutif, c’est son accent portugais, en lieu et place de : ‘’son seul défaut, c’est son accent portugais’’.

Nul doute, non plus, qu’une exposition prolongée à la morphine, suite à une intervention chirurgicale invasive, n’ait atteint le réseau périsylvien de l’homme fort du parti. On pourrait supputer à l’infini : un accident de chaise roulante poussant le lobe occipito-temporal d’Eric Stauffer à percuter la partie postérieure basse d’une élu socialiste, ou encore une infirmière frontalière ayant subrepticement versé quelques gouttes de Williamine dans la perfusion de l’homme au bord de la mort, ressuscité dans un hall ressemblant à une prison : uni-mail. ‘’Hallelujah’’, déclarèrent en chœur le comité MCG de bienvenue, transformé pour l’occasion, en groupe vocal de gospel, à faire pâlir le comité de soutien, visiblement sous antidépresseurs, de Michel Chevrolet.

Et puis, c’est vrai, pour un type qui se présente au Conseil administratif sous une bannière MCG, c’est pas très sérieux, l’accent portugais. C'est vrai, qu'un candidat MCG aux voyelles lusitaniennes, c'est étrange.

Nous, on aimerait des genevois, avec des grandes gueules, qui avalent des hectolitres de Calvinus, qui cultivent le cardon, qui préfèrent Morisod à Mamarbachi. Des gens qui feront leur vie ici, plutôt que de nous voler notre travail pour s’offrir une maison sur une charmante plage d’une côte méditerranéenne pour y faire du surf toute la journée.

Allez Monsieur Medeiros, courage ! Ne vous laissez pas abattre par l’usage perfide du mot, faites le tri. Dites vous que votre seul défaut: c’est le lobe occipito-temporal d’Eric Stauffer.

29/03/2011

Le seul défaut de Carlos Medeiros...

peau_de_banane-4fdd5.jpg... c'est son accent portugais.

Dixit Eric Stauffer sous la plume de mon confrère Marc Bretton en page 23 de la Tribune de Genève de ce jour.

Rien de grave, me direz-vous. Une petite phrase anodine lancée dans l’air, comme on tire des balles en l'air pour souligner sa joie, ou dans le pied, c'est selon. L’une de ces phrases assassines ou freudiennes qu’on me reprochera, à raison, de sortir de son contexte.

C'est vrai, qu'un candidat MCG aux voyelles lusitaniennes, c'est étrange.

Nul doute qu'Eric Stauffer parlait d'handicap pour une course, plus qu'un défaut pour une défaite.

28/03/2011

Isabel Rochat n'est pas contre l'engagement d'agents de sécurité publique étrangers

pic-1.jpgPolaroïd 10 : 09

''Je ne vois aucun problème à ce que nous engagions des Agents de Sécurité Publique étrangers, mais seulement des ASP de type 1 et 2''. Déclaration ce matin d'Isabel Rochat, sur nos ondes.  ''Il faut bien entendu privilégier l'engagement de chômeurs, mais dans le cas où cela ne suffirait pas, je ne m'oppose pas à l'engagement de personnes ne disposant pas du passeport suisse''.

En outre, la Conseillère d'Etat a confirmé faire appel à une agence de communication externe pour l'assister dans la rédaction de communiqués. Isabel Rochat avoue y avoir fait appel, n'ayant pas encore trouvé une personne à engager au sein de son département.

Enfin, la ministre en charge de la Sécurité, de la Police et de l'Environnement assure que l'agence de communication ne ''gère pas son image, mais la communication du département dans son ensemble''. La question du coût ainsi que les missions exactes de cette agence n'ont pas été soulevées.

Son intervention est à retrouver sur notre site internet: radiocité.ch

Le Bestiaire

10_animaux.jpgBillet d'humeur, Radio Cité Genève, 28 mars 2011

Mémento à l’usage de l’électeur genevois.

Entendez par genevois, celui qui habite en ville de Genève, parce qu’à en croire l’actualité des communes (une partouze politique à Vernier, une affaire sodomite à Onex), rien n’indique que l’actualité n’ait déjà foulé l’herbe humide de Jussy, Veyrier ou encore Puplinges, si ce n’est d’étranges soirées déguisées où une jeune sosie de Marine Le Pen fait claquer une cravache sur le derrière rougeaud d’un canasson aviné.

A croire également que l'actualité ne foule plus, non plus, le parquet de l'Hôtel de ville, fief et bastion d'un Conseil d'État qui ne communique que pour nous annoncer le retour, tel un phénix, du brochet dans le lac Léman.

A toi, très Cher électeur, enfin surtout si tu es PDC, je t’offre ce matin un bestiaire des dix candidats au Conseil administratif. Un recueil éclairé et objectif des animaux qui hanteront peut-être tes quatre prochaines années. Alors oublie l’onanisme nocturne de l’électeur hésitant, saisi-toi d’un crayon et d’une gomme, n’hésite pas à biffer, rayer, barrer, raturer, corriger même, celles et ceux que tu jugeras indigne de ta voix.

Pierre Maudet. Meilleur élève de sa volée, c’est celui qui, au premier rang des pupitres, levait la main pour répondre aux questions. Moi Monsieur ! Moi Monsieur ! C’est l’étudiant irritant, celui qui t’a volé la première place et ta première copine, même si aujourd’hui, il t’apparaît plus proche de ton grand-père que de tes amis, certes. Néanmoins, tu peux toujours compter sur lui, lorsqu’il s’agit de débarrasser ton grenier, de faire le ménage ou d’exécuter un groupe de musique tzigane qui t’interprète pour la vingtième fois, la version roumaine de Titanic par Céline Dion, sous tes fenêtres.

Sandrine Salerno. Elle, était à gauche de la salle, à côté de la fenêtre. Elle rêvait déjà, en secret, de rencontrer l’homme de sa vie dans une manifestation pour la dépénalisation du cannabis. Militante, elle l’était déjà en distribuant, à la sortie des cours, des tracts contre ce diktat qu’est la charnelle attirance du corps féminin. Enfin, Sandrine Salerno est réputée pour sa gentillesse et son aptitude à reconnaître ses erreurs.

Sami Kanaan. Le petit garçon en a toujours voulu à ses parents, de l’avoir prénommé du nom d’un héros de dessin animé, et pas le plus réveillé. Rancunier, il n’hésita pas à s’inscrire à un cours de clarinette pour pourrir les oreilles de ceux qui l’ont vu naître. Aujourd’hui, on dit de lui qu’il incarne le changement dans la continuité. Un peu comme si on avait remplacé Sophie Favier de ‘’Ciel, mon mardi !’’ par Victoria de la Roue de la Fortune.

Rémy Pagani. Déjà tout petit, Rémy préférait les jeux de constructions au Monopoly. La rumeur dit qu’il aurait déposé plainte contre le jeu de plateau ‘’Destins’’ parce qu’on ne pouvait devenir que Médecin ou Avocat, il aurait préféré gardien de centrale nucléaire ou ouvrier métallurgiste à la chaîne.

Florence Kraft-Babel. Déjà artiste, ses professeurs ne comprenaient pas toujours ce qu’elle voulait dire. On lui prête déjà des ‘’jeux de mains, jeux de vilain’’ avec Eric Bertinat, qui lui, n’avait qu’une obsession en tête : dénoncer ses petits copains francs-maçons à la maîtresse. Eric Bertinat, qui ne cachait pas sa passion pour les femmes, et de l’utilité de la reproduction.

Reste Carlos Medeiros, qui n’hésitait pas chaque premier août, à porter une kippa de jodleur et à se couvrir d’un drapeau helvétique, tout en se moquant de l’accent argentin du petit Michel Chevrolet. Ce dernier étant réputé pour son amour inconditionnel des boums de fin d’année et pour sa haine du dernier de la classe : Soli Pardo. Lequel n’en avait cure, puisque trop occupé à composer des poèmes lyriques pour la fille du pasteur. ‘’O toi, pacsé infécond’’, poème célèbre que lui empruntera Eric Bertinat quelques années plus tard.

Enfin, petite voix timide sortant du placard, Esther Alder, défendait déjà l’économie solidaire de proximité. Terme incompréhensible soufflé par l’élève redoublant, Boris Drahusak.

Voilà c’est fait, sortez vos crayons! Vous avez 19 jours pour biffer.

25/03/2011

Bla-bla-bla et autres considérations

6a00d8341d1ea853ef01053688327d970c-450wi.jpgPolaroïd 12 : 40

On ne répond jamais par la pertinence. Jean-Jacques Roth a beau avoir une plume, elle ne saigne pas. Il est, en effet, délicat de répondre à Charles ‘’Carlo’’ Poncet, je le lui accorde. (l'Hebdo, 17 mars).

Quand il s’agit de tuer, il n’y a jamais deux tentatives d’assassinat. On meurt ou pas. Autant dire, que si le combat n’a pas eu pour issue fatale, une mort certaine de l’un ou l’autre des protagonistes, qu’on a assisté effectivement à un combat de poules, ou de vagues cétacés en fin de marée.

L’écume aux lèvres ne suffit pas. Soutenir une patinoire non plus.

Soit il faut se battre par conviction, soit être brillant, ces deux éléments n’étant pas mutuellement exclusifs. Le reste n’est que poudre d’apparat, signe ostentatoire de médiocrité, ou de poudre tout court.

Etre brillant ? Ranimer un blog inactif depuis le 23 novembre 2010. Son propriétaire : Pierre Maudet. Sa motivation : la peur.

Etre brillant ? Engager Romain de Sainte-Marie, ancien ex-futur-nouveau président des jeunes socialistes pour alimenter, 24/24 et 7/7 le blog non électoral de la Maire de Genève. Je l’espère toujours aussi vivant, ce blog, après le 17 avril.

Etre brillant ? Se taire. Tuer. Accepter la sentence populaire. Etre fourbe et calculateur aussi. Le but nous importe peu. Le pourquoi un peu plus.

Rassurez-vous: à l'écoute. A l'écoute, même si la mémoire de l'électeur n'est pas la même que la mienne.

 

24/03/2011

Olivier Jornot ou comment le Colonel Moutarde s'est débarassé de Madame Pervenche

_49__cluedo.jpgPolaroïd 09 : 07

Ce que j'aime chez les Libéraux, c'est l'art d'assassiner et de flinguer au nom de la liberté de pensée. Qu'importe la cible pourvu qu'on tue, qu'on saigne, qu'on coupe!

Tenez ce matin, Olivier Jornot, s'en est pris au Conseil d'État et à sa propre ministre Isabel Rochat.

Sur la question des agents de sécurité publique étrangers, le député libéral déclare que ''ce débat est généré par la stupidité de nos autorités''.

''Je me demande simplement qu'en lieu et place de s'exprimer dans la presse pour dire des décisions qu'ils [les Conseillers d'État] ont eux-même prises sont mauvaises, n'auraient pas simplement dû prendre les bonnes décisions avant!''.

''Si le Conseil d'État avait un peu de plomb dans la tête, ils n'auraient pas dû engager des ASP frontaliers, surtout en période électorale''.

Les libéraux sont des tueurs-nés.

 

Enfin rien à voir. Mais Sami Kanaan devra s'acquitter de droits d'auteur auprès de Pierre Vanek!

''Genève, Monaco-sur-Léman'', c'est son slogan, son idée, son enfant. On n'ôte pas les combats de la bouche de Pierre Vanek, non, on n'ôte pas!

 

23/03/2011

Isabel Rochat préfére-t-elle les Suisses ou juste les syndicats ?

thumb_ballons_croix_suisse.jpg

Je vous l’accorde, Madame, sans aucune forme de contestation : la formule interrogative est un peu brutale. Néanmoins, votre prise de position, publique cela va de soit, me laisse sans mots. Vous avez déclaré, je cite : ‘’je ne suis pas favorable à l'engagement de frontaliers’’, sous-entendu l’engagement d’agents de sécurité publique, les ASP.

Les médias se sont saisis du sujet. Vous aurez remarqué, Madame, que le terme ‘’étranger’’ s’est subtilisé mystérieusement au terme de ‘’frontalier’’. Ce même terme [frontalier] par ailleurs utilisé précédemment, dans les éditions de la Tribune de Genève ainsi que dans le gratuit 20 minutes.

Bref, passons sur ce détail, le frontalier étant, pour beaucoup, synonyme d’étranger. Je rappelle, tout de même, que le frontalier peut être suisse, pour autant qu’il réside en Suisse et qu’il travaille en France. Un frontalier, est donc une personne qui dispose d’un lieu de résidence et d’un lieu de travail, tous deux se situant dans des pays différents.

Revenons à ce qui nous importe aujourd’hui. Faut-il, ou pas, engager des agents de sécurité publique étrangers?

Première question : les agents de sécurité publique sont-ils des policiers ? Réponse du service de presse de la Police genevoise : ce ne sont pas des policiers ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont des fonctionnaires.

Deuxième question : qu’est-ce qu’un policier ? Un policier est un fonctionnaire, oui mais de police. Différence ? Le premier tombe sous la Loi générale relative au personnel de l’administration cantonale, du pouvoir judiciaire et des établissements publics médicaux, la LPAC. Le travail du deuxième, le policier, étant régit par la loi sur la Police, la LPol. En clair : il y a des vrais policiers avec de vrais salaires de policiers et une formation plus longue. Et tout autant avec honneur, il existe des agents de sécurité publique, qui n’ont pas suivi la même formation, avec un salaire moins élevé mais qui, selon les cas, peuvent aider au travail de la police. Exemple : gestion des appels d’urgence, régulation du trafic, transport des détenus ou encore protection des ambassades.

De deux choses l’une : soit il n’est pas possible de recruter des agents de sécurité publique étrangers, soit c’est possible. Madame la magistrate, je vous donne la réponse, si vous ne la connaissiez pas : c’est possible.

Dès lors, vous estimez, et c’est votre choix, qu’il n’est pas du devoir d’un étranger de représenter l’Etat, la nation, le pouvoir ; une tâche régalienne. Il vous faudra donc, Madame, faire modifier la loi sous laquelle seront régi les ASP. Je rappelle à votre mémoire, que vous avez, vous-même, assermenté 22 nouveaux assistants de sécurité publique, le premier septembre 2010, et que votre propre lieutenant-colonel et commandant de la gendarmerie, M. Cudré-Mauroux, ainsi que votre chef de police adjoint, M. Sanchez se sont félicités de l'introduction des ASP. (http://www.geneve.ch/GRANDCONSEIL/data/texte/M01830A.pdf)

Point de rancune ici, Madame, mais je porte à votre attention que vous ne pouvez pas, en tant que magistrate, afficher dans des médias, votre préférence à l’engagement d’un suisse plutôt qu’un étranger. Je rappelle également, que vous pourriez être condamnée, si par un malheureux coup du destin, l’un des prétendants pouvait prouver que vous l’avez refusé pour cause ‘’d’étrangeté’’.

En conclusion, Madame. Soit vous êtes adepte de la préférence nationale et c’est votre choix, soit vous suivez le vent. Dans l’un ou l’autre des cas, vous aurez fauté. Non pas à titre d’individu, mais de magistrat. Evidemment.