30/09/2011

Le MCG ignore-t-il le coût d'un scrutin?

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Le MCG annonce vouloir annuler le scrutin genevois pour les élections fédérales du mois d’octobre.

Motif: la publicité offerte, selon lui, au candidat PLR Christian Lüscher, prénommé par erreur Christophe Lüscher sur les bulletins de vote. Le Mouvement Citoyen Genevois devrait déposer prochainement un recours, ''en phase de rédaction'' nous dit-on.

Je trouve cocasse que le parti, qui se revendique d'être à l'écoute des genevois, puisse oser penser annuler le scrutin genevois d'une élection fédérale. La raison est simple: combien la petite manoeuvre coûtera-t-elle au contribuable, au citoyen genevois, si cher au parti ''ni gauche ni droite'' ?

Le MCG a pourtant fort bien raison de hurler au scandale. Nul doute qu'on parlera tout autant de Christophe Lüscher que du MCG lui-même. Bravo! En atteste ce présent billet.

29/09/2011

L'attractivité du bassin lémanique vu par Temps Présent.

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Excellent reportage de Temps Présent ce soir sur les conséquences de l'attractivité de Genève sur la population indigène.

Regards croisés de ces ''étrangers'' relativement fortunés s'établissant en Suisse, et de ces Suisses forcés à vivre un peu plus loin, devenant eux-mêmes, aux yeux des frontaliers, de riches étrangers responsables de la hausse du prix de l'immobilier.

Enquête pertinente que nous a livré la RTS ce soir, exposant avec sensibilité la complexité de la problématique du développement de la région. Où quand les histoires personnelles et les témoignages en disent beaucoup plus que tous les chiffres et indicateurs du monde.

Genève? C'est l'hôpital qui se fout de la charité, parfois.

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Que font les joueurs de bonneteau agressés?

Ils déposeraient plainte, nous apprend la Tribune de Genève aujourd'hui, citant l'avocat-député-candidat Me Mauro Poggia. Un peu comme si un cambrioleur invoquait la justice pour avoir glissé sur le parquet ciré de l'entrée d'un loft champelois. Un peu comme si un dealer déposait plainte au poste de police de la Jonction pour avoir reçu des faux billets. Un peu comme si un conducteur aviné déposait plainte contre Mark Müller pour avoir déplacé ''ce foutu lampadaire au milieu de la route''.

Que fait l'Usine et l'Union des Espaces Culturels Autogérés?

Ils promeuvent la culture et la réflexion, en organisant une rencontre internationale : ''Urbanisme et culture. Une gentrification inéluctable? ''. D'accord bravo.

L'email faisant ainsi office d'invitation se conclut par ces quelques mots: ''l'humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste''. Phrase célèbre de Voltaire détournée par René Viénet en 1968.

Question pertinente d'une collègue: le jour où l'humanité sera heureuse, l'Usine recevra-t-elle encore des subventions?

 

12/09/2011

Comment communiquer pour ne rien dire.

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Aujourd'hui s'est réuni le GPC, acronyme de ''Groupe permanent conjoint Confédération-canton de Genève sur les priorités de la Genève internationale''.

Rencontre très attendue entre Micheline Calmy-Rey, Isabel Rochat, Mark Muller et David Hiler. Thème: la préoccupation de la Conseillère Fédérale sur l'insécurité ''grandissante'' à Genève.

Qu'avons-nous appris? Que ''les autorités fédérales et cantonales genevoises ont procédé à une analyse de la situation sécuritaire'' et que ''les diplomates sont des habitantes et habitants du canton au même titre que les autres''. Ou encore que ce groupe ''souligne l’importance que la Confédération et le canton accordent à la situation sécuritaire à Genève et l’attention qu’il convient de donner à ce sujet''.

Qu'avons-nous appris? Qu'il est important de communiquer, même si on a rien à dire.

Qu'avons-nous appris? Rien, mais qu'il est important de communiquer, même si on a rien à dire.

02/09/2011

Revue de presse

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Qu'avons-nous appris des journaux ces dernières semaines?

Qu'un jour d'été, un fils de diplomates s'est langui à l'idée d'acheter un nouveau skate-board, des préservatifs, de la lessive bio ou encore du shit, on ne sait pas trop. Mais pour sa défense, il est amnésique. La recherche fut infructueuse puisque notre homme n'aura pas obtenu la précieuse substance, seuls un poignet fracturé et une arcade sourcilière abîmée attesteront de sa quête. Auteurs des blessures? Une trentaine d'homme d'origine maghrébine, la ''féminine'' garde rapprochée de Mouammar Kadhafi, ou encore ''deux à trois individus'', on ne sait pas trop. Mais pour sa défense, il est ivre. [Le Matin, 2 sept.]

Qu'il suffit d'être vilement agressé pour alerter notre ministre des affaires étrangères. Fils de diplomates? Un plus. [Le Matin, 15 août]

Que les élections fédérales approchent. [Décaprod, du 21 oct. 2007 au 2 sept. 2011]

Que les dealers aiment bien Genève. Et que Genève le leur rend bien. Conditions d'entrée: moins de 2.5 kilos de haschisch ou 60 grammes d'héroïne [Tribune de Genève, 2 sept.]

Que le magistrat en charge de la sécurité ne maîtrise pas l'arithmétique. [RSR, 24 août]

Que son nouveau responsable de communication rattrape la ''bourde''. Individu formé à Tamoil et Expo 02. [RSR, 25 août]

Que le magistrat en charge de l'environnement est dur, sec, distant, sans humour, anxieux, versatile dans son appréciation des gens. [Le Temps, 1 sept.]

Que le magistrat est une femme et surnommée ''la stagiaire''. Dernier supporter, le député libéral Olivier Jornot. [Le Temps, 1 sept.]

Qu'Olivier Jornot doit désormais porter une tenue décente. Par ailleurs, lui aussi pourra participer aux cortèges en tête. [ATS, 1 sept.]

Que le procureur de la République est schizophrénique. Version alternative: amnésique ou ivre. [TDG, 2 sept.]

Enfin, qu'on devrait ''distribuer tout de suite aux dealers de la bière fraîche et un dépliant sur les charmes de Genève''. [TDG, 2 sept.]

Amen! [Apocalypse de Jean, I.VI]

 

31/08/2011

Non, Pierre Maudet ne se bat pas!

peaceandlove49591.gifPolaroïd 10 : 50

Pierre Maudet ne se bat pas.

Non, il ne se livrera pas à des ''guéguerres'' sur un sujet aussi important que la sécurité, déclare-t-il en page 4 du Matin d'aujourd'hui. ''Qui minimise l'insécurité?'', s'interrogent nos collègues Winnie Covo et Fabiano Citroni. Le Conseiller administratif n'y ''répond'' pas. Non, il préfère rappeler que la majorité de gauche lui a refusé dix postes de policiers municipaux.

Pierre Maudet ne se bat pas contre Micheline Calmy-Rey. ''Est-ce normal qu'il ait fallu qu'un fils de diplomate se fasse agressé pour que la Conseillère Fédérale intervienne?''. Non, le magistrat ''retiens de son courrier qu'il y a une préoccupation'', tout en précisant qu'il ne distingue pas le diplomate de la personne ''normale'', lui.

Pierre Maudet ne se bat pas, non plus, contre le canton, ''un sujet trop important pour rentrer dans cette logique''. On aurait presque cru à une collaboration ville-canton dans le domaine de la sécurité, pensant naïvement que cette dernière relevait de la chaîne causale. Pas du tout, rétorque le radical: ''nous sommes pas dans un modèle de cogestion''. On l'aura compris. Chacun pour soi. Mieux pour la paix des ménages.

L'aspect préventif, c'est lui. Les tags, l'affichage sauvage, l'éclairage, la salubrité, la fermeture nocturne des préaux. Discours immuable, l'homme est fidèle, on ne le lui reprochera pas.

Pour quoi combat-il alors? A le lire, pour vingt policiers municipaux supplémentaires. Les tags, l'affichage sauvage, l'éclairage, la salubrité, la fermeture nocturne des préaux.

25/08/2011

Les 300 hommes d'Isabel Rochat

annex2020day20doris20cad.jpgPolaroïd 15 : 08

300. Le chiffre est lancé, comme on tire une balle. Isabel Rochat annonçait hier la création d'une réserve opérationnelle affectée aux missions urgentes. Il fallait dégainer, pas question de laisser pour lettre morte, l'appel de Micheline Calmy-Rey. Il fallait dégainer, pas question d'expulser du petit calibre. Du lourd, du 300 millimètres.

Amusant communiqué de presse du Conseil d'État lorsqu'il déclare que ''les réponses ne doivent pas être dictées par la pression de l'urgence mais s'inscrire sur le long terme''. Le gouvernement a raison, surtout, quand trois lignes plus bas, il annonce avoir ''demandé à la cheffe de la police que la mise en œuvre des mesures [suivantes], issues des recommandations Phénix, soit accélérée''.

A croire presque que les termes ''urgence'' et ''accélération'' sont des antonymes pour le Conseil d'État.

Une oreille encore abasourdie par le projectile s'est alors rapproché du transistor. Une voix limpide et espiègle s'y est extraite, celle de Pierre-Antoine Preti: ''ces 300 hommes supplémentaires ne fouleront le terrain qu'à la fin de la réforme de la Police, soit pas avant deux ou trois ans au final'', murmurera mon collègue de la RSR. Pour l'heure, cette brigade d'intervention supplémentaire ne serait composée que d'une vingtaine de policiers. ''Effectif qui n'est d'ailleurs pas définitivement chiffré à une semaine de sa mise en place'' rajoutera-t-il, dans un malicieux fredonnement.

Éteignant ma radio encore hébété, j'ai remarqué que si la fumée s'était dissipée, l'odeur, elle aussi, avait disparu.

16/08/2011

La limpide explication d'Isabel Rochat

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Isabel Rochat était l’invitée aujourd’hui du journal du matin sur la première.

La ministre en charge du département de Justice et Police commentait la lettre reçue de Micheline Calmy-Rey, laquelle s’inquiétait de la ‘’détérioration de la sécurité à Genève’’. Une missive qui fait suite à l’agression d’un fils de diplomates survenue en juillet dernier. Nul doute que la Conseillère Fédérale tenait à démontrer qu’elle avait empoigné le dossier à bras-le-corps, qu’elle tenait à réassurer les instances internationales, et qu’elle avait bien tenu compte de l’email ‘’d’alerte’’ envoyé aux trois milles fonctionnaires que compte la Genève internationale. Quitte à spéculer, la démarche de la socialiste semble plus relever d’une attitude politico-médiatico-diplomatique que d’une réelle inquiétude.

Dans une longue logorrhée probablement alimentée par un texte et des chiffres sous les yeux, Isabel Rochat s’est fendu d’un discours quasi inchangé depuis plus d’une année. Je ne l’en blâme pas mais m’interroge sur quelques points.

Qu’est-ce la détérioration de la sécurité à Genève ? De quoi parle-t-on exactement ? De cambriolages ? D’agressions physiques ? D’incivilité ? D’un sentiment ou de la ‘’réalité’’ des chiffres ?

Justement sur ces chiffres, la Conseillère d’Etat évoque une tendance à la baisse des agressions : ‘‘-16% sur les lésions corporelles simples, -7% sur les lésions corporelles graves, et en règle générale, les infractions pénales accusent une baisse de -3%’’ déclare-t-elle. Piquée à vif par notre collègue, Simon Matthey-Doret, qui rappelle l’article paru aujourd’hui dans la Tribune de Genève en page 15, à savoir : ‘‘vous dites Isabel Rochat, baisse des agressions à Genève, (…) je lis, Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la Police, ne cache pas que les plaintes ont explosé en début d’année, agressions en hausse cette année, etc, 46 agressions, vous n’avez pas du tout les mêmes chiffres ?’’

Réponse de l’intéressée : ‘‘Non, écoutez, moi je parle des chiffres qui sont des statistiques nationales’’. La magistrate ne répondra finalement que partiellement à la question évoquant les priorités du Conseil d’Etat, les coups de pieds vers Berne et autre réorganisation de la Police, dans une tentative de noyade plutôt brillamment exécutée pour un auditeur à 7h40 du matin.

Les chiffres sont-ils en hausse ou pas ? Nous ne le savons toujours pas. Quelques minutes plus tard, le couperet tombe. A la question : ‘‘Isabel Rochat, là, vous reconnaissez donc que ce genre d’agression est en augmentation ?’’

‘‘Bien sûr’’, rétorquera-t-elle.

Magie du journalisme, une magistrate peut facilement en moins de 7 minutes déclarer à la fois que la tendance est à la baisse, et à la fois qu’elle est à la hausse. Evidente limpidité lorsqu’on compare des poires et des pommes.

27/06/2011

Les Hauts de Hurlevent

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J’entends encore certains membres du parti démocrate-chrétien et des radicaux hurler lorsqu’il a fallu évoquer une alliance UDC-Entente lors des dernières élections au Conseil Administratif de la ville de Genève.

Aujourd’hui ? Cette même Entente accepterait le ‘‘deal’’ (sous réserve de l’accord des comités directeurs). Enjeu ? Soutien de l’UDC Yves Nidegger à la Cour des Comptes, contre un ticket Christian Lüscher (PLR) – Luc Barthassat (PDC) aux élections fédérales.

Mais quel chemin a donc emprunté le PDC qui, pourtant, avouait déplorer ‘‘cette demi-alliance contre nature qui dénote un certain strabisme au sein du [feu] parti Libéral’’ ? Quelle illumination a traversé le PDC qui refusait l’association avec l’UDC, au nom ‘‘des valeurs’’ qui la séparent du parti blochérien ? Qu’en pense Pierre Maudet, celui-là même qui se disait ‘‘prêt à faire des compromis, mais pas de compromissions’’ ?

Alors c’est vrai, on peut changer d’avis. Ils diront sûrement que les enjeux ne sont absolument pas les mêmes.

Mais de grâce, que ces mêmes personnes arrêtent de clamer ‘‘qu’il n’y a jamais d’alliance de circonstance’’.

 

''Je m'attardai autour de ces tombes sous un ciel serein, suivant des yeux le vol des papillons de nuit sur la bruyère et les campanules; j'écoutais souffler le vent léger sur l'herbe et je me demandais comment on pouvait imaginer que ceux qui reposaient dans cette terre tranquille pussent dormir d'un sommeil troublé''.

15/06/2011

Majid Pishyar est agaçant

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Majid Pishyar est agaçant.

Nous l’apprenions ce matin de la Tribune de Genève en page 12 que le président du Servette FC, Majid Pishyar avait ‘’gelé’’ le versement des salaires des employés de sa nouvelle bijouterie Gilbert Albert.

Motif de l’acte, selon les propres lèvres de son avocat et accessoirement ex-chancelier d’Etat et président administrateur de Palexpo, Robert Hensler : ‘’Majid Pishyar a été très déçu par le manque d’engagement d’une partie du personnel. Pour encourager leur mobilisation, il ne lui restait plus qu’un seul moyen: retarder le versement des rétributions’’.

Encore plus étonnant encore, Robert Hensler rajoute : ‘’ les mesures incitatives du patron s’écartent il est vrai sensiblement de la loi. Celle-ci n’autorise qu’un retard de dix jours dans le paiement des salaires. Et ce délai est déjà dépassé’’.

Que Majid Pishyar, et disons-le clairement, fasse appel aux menaces et à un ultimatum, pour inciter le gouvernement genevois à investir 2,5 millions pour le centre de formation est une chose. C’est encore son droit, il demeure un investisseur privé, non sans rappeler que l’Etat lui a presque amicalement mis à disposition, l’exploitation du stade de la Praille pendant 32 ans.

Mais que ‘’magique Pisyhar’’, visiblement adepte du chantage, retarde le versement de salaires pour motif de ‘’manque de motivations’’ est totalement inacceptable.

Nul doute que notre ministre de l’emploi ne courbera pas l’échine et fera respecter nos lois. Même si l’avocat de l’un fût le chancelier de l’autre.

N’en demeure pas moins que Majid Pishyar, à force d’agacer, est agaçant.

13/06/2011

Les schtroumpfs roms

8_YPx40.jpgPolaroïd 21 : 22

Il est vrai, c’est schtroumpfant. Un schtroumpf rom.

Parmi les schtroumpfs roms, il y a le ‘’schtroumpf rom’’ farceur, tapis au coin de l’entrée d’une banque, prêt à vous schtroumpfer à la gorge pour vous rappeler à quel point vous êtes schtroumpfissime et lui pas.

Le ‘’schtroumpf rom grognon’’, qui vous schtroumpfe sa désapprobation quant à votre inexistante générosité, le ‘’grand schtroumpf rom’’ qui a du mal à schtroumpfer tous ses schtroumpfs, la ‘’schtroumpfette rom’’ qui essaie de vous schtroumpfer de ses beaux yeux clairs, le ‘’schtroumpf rom bricoleur’’ qui, avec deux bâches et un bout de bois, a schtroumpfé une maison. Enfin, il existe toute une autre multitude de ‘’schtroumpfs roms’’.

Parmi eux, existe le ‘’schtroumpf rom’’ musicien. Dernièrement, il s’est vu schtroumpfé dans les rues de Genève dans le cadre de l’opération menée par la ville de Genève: ‘’jouez, je suis à vous’’. Opération qui consiste à mettre gratuitement à disposition du public, des pianos à des points stratégiques de notre cité. Là, sous nos yeux enschtroumpfés: deux musiciens du voyage et deux jeunes genevois aux commandes de l'instrument ainsi mis à disposition.

Ce qui est enschtroumpfant, ce sont les réactions des passants ou les commentaires sur les réseaux sociaux. D’un coup, le ‘’schtroumpf rom’’ est ‘’sympa’’, ‘’incroyable musicien’’, ‘’capable de s’adapter quand il le faut’’.

C’est vrai. C’est un peu moins schtroumpfant un schtroumpf rom. Surtout quand on constate que c'est aussi un schtroumpf.

 

10/06/2011

Juste une délocalisation.

pic-1.jpgRien. Juste une délocalisation. C'est son droit.

Le départ de la société genevoise EndoSense, implantée à Meyrin, pourrait menacer 80 emplois.

Quelle ironie de constater que l'entreprise avait reçu en 2006 de la part de Genève, le prix de la jeune industrie. Quelle ironie de lire dans un communiqué de presse que la société se félicite de son excellente collaboration avec les HUG. Non sans rappeler, que l'un de ses fondateurs, le cardiologue Vitali Verin, a été employé aux Hôpitaux Universitaires Genevois.

C'est vrai, on vit dans un monde libre, avec la liberté d'aller où on veut. Libre de soulever des fonds, liberté à son patron, dans un entretien accordé à Bilan le 5 mai 2010, de déclarer qu'on compte ''engager une dizaine d’employés supplémentaires d’ici à la fin de cette année.''

''Puis, en 2011, nous allons encore augmenter nos équipes de 10 à 20 personnes. Ces embauches s’avèrent nécessaires afin d’augmenter nos capacités de production.'' rajoutera-t-il.

On organise alors des réunions avec le personnel, les versions s'entrechoquent: processus participatif pour l'entreprise, terrible sélection pour garder les ''plus motivés'' de l'autre.

Rien. Juste une délocalisation.

15/05/2011

Double crème

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Double oui aujourd'hui aux deux objets cantonaux disputés. Oui au déclassement des Cherpines-Charrottons, et un petit oui à l’initiative 144 sur la mobilité douce.

Quelques constations. Le oui relativement massif (56,6%) au déclassement de terres agricoles laisse penser que la crise du logement et des prix de l’immobilier auront eu raison des arguments, à la fois des acteurs du développement durable et du commerce de proximité, et à la fois des Verts qui critiquaient le caractère peu abouti de ce projet de 3'000 nouveaux logements.

A savoir si les genevois n’en avaient cure de la ‘’qualité du projet’’ ou s’ils estimaient que ce projet était le bon, difficile à dire. Une chose est plus certaine, le plan localisé de quartier (PLQ) prochainement déposé, sera sans doute l’objet de l’attention de tous les partis, et surtout de la gauche. A souhaiter que ce PLQ rassemble, sans quoi, l’éventualité d’une nouvelle contestation par les urnes devrait encore ralentir l’émergence de ce nouveau quartier.

Sur l’initiative 144, ce petit oui (50,3%) n’est que le reflet des tensions entre cyclistes (et piétons) d’un côté et automobilistes de l’autre. Pas question d’abandonner sa voiture ! Quand bien même l’enjeu ne portait pas sur ce sujet.

Un conflit qui ne se résoudra que par un développement fort du réseau des transports en commun. Sans cela, à choisir entre 45 minutes de voiture ou 20 minutes de bus, il préférera son confort.

13/05/2011

L’étrange été du Conseil d’Etat

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Pendant des années, le gouvernement a relativisé l’influence de l’impact des travailleurs frontaliers sur le fort taux de chômage genevois. Je me rappelle avoir entendu un certain Conseiller d’Etat fortement minorer l’influence des travailleurs frontaliers sur le marché de l’emploi genevois. S’en est ensuit l’argument suivant, certes valable : ‘’les chiffres du chômage fournis par le SECO ne sont pas représentatifs, le secrétariat à l’économie se base sur un recensement de la population active de 2000’’. D’accord.

La semaine dernière, il présente sa politique en faveur de l’emploi et de lutte contre le chômage. Tiens ? Etrange prise de parole alors que selon ces mêmes autorités, le canton a connu pour le deuxième mois consécutif, une baisse ‘’importante’’ du nombre de demandeurs d’emploi.

Mieux encore. Alors que l’Office Cantonal de l’Emploi est pointé du doigt par un audit du SECO, le Département de la Solidarité et de l’Emploi met en scène une agréable conférence de presse pour tenter de ‘’responsabiliser les entreprises à engager des travailleurs locaux’’ sans qu’aucune sorte d’autocritique ne soit formulée à l’encontre de l’OCE, sauf un vague : ‘’ l’organisation reste encore trop marquée par l’ancienne législation’’.

Soyons rassurés, les autres départements vont bien !

Départs et doubles dysfonctionnements au DCTI (quelques villas loués 150.- / mois, et un rapport de la Cour des Comptes sur l’administration en ligne), Mark Muller rétorque : ’je n’ai jamais considéré qu’il y avait eu des erreurs’'.

Isabel Rochat figure dans les 100 personnalités ‘’qui font la Suisse romande’’ (Charles Beer en perd d’ailleurs son latin), et le département de Michèle Künzler n’aura jamais été autant actif (renaturation par ci, cartographie des risques par là).

Le pire, c’est qu’à entendre certains d’entre eux, la réponse est souvent la même : ‘’il n’y a rien à commenter’’. Surtout pas soi même.

10/05/2011

L’été meurtrier. Des roms.

pic.jpgL’été meurtrier. Des roms.

Seul une légère caresse d’un vent venu du nord pouvait encore effacer cette horrible puanteur. La putrescente puanteur de celui qui a fait de son habitat, ses propres fesses. Son jardin ? L’angle d’une UBS ou de la Migros. ‘’Il n’est pas complètement crétin’’, avouera à mots ricanés un homme de passage. Le gnome, visiblement demi homme à en croire sa posture, dérange. ‘’Moi pas avoir argent’’, ‘’Moi enfants’’ sont les seules syllabes qu’il expulsera dans un français approximatif et une lourde logorrhée. La grammaire étant optionnel pour ceux qui auront reçu ‘’ce cadeau qu’est l’école’’, rajoutera le badaud n’ayant apparemment pas détourné son regard de l’horizon. C’est vrai, ‘’leur tenue, tant vestimentaire que physique’’ créent un sentiment d’insécurité. Sans compter ‘’leur problème d’alcool’’, déclarera un illustre porte-parole de la police.

Le conseiller National Christian Lüscher, qui visiblement lit avec attention le Temps, s’offusque des 40'000 francs suisses offerts par la ville de Genève à l’association Mesemrom. ‘’Association de défense et de soutien aux roms de passage à Genève’’, peut-on lire sur leur site internet.

 

Très Cher Monsieur Lüscher.

Affirmer que ‘’le but principal [de l’association Mesemrom] consiste à contester les amendes infligées aux mendiants illégaux et à calomnier les policiers qui ne font pourtant que leur travail’’ est une accusation légèrement approximative.

Je n’oserais remettre en cause, bien évidemment, votre hostilité à ces gens qui harcèlent le bon citoyen, à ceux qui s’enivrent aux frais d’une bourse subtilisée, ou encore la gêne occasionnée par tant de misère urbaine et la descente verticale d’une pupille dilatée sur un homme tronc. Non.

Ne méprenez pas mes propos. Mesmerom joue son propre rôle : ‘’défendre’’. Vous ? Vous attaquez. Les roms sont-ils tous respectueux des lois ? Visiblement pas à en croire l’illégalité de la mendicité dans notre canton. La police outrepasse-t-elle ses droits ? Vous connaissez la réponse.

Je tiens à rappeler que ‘’le problème’’, puisqu’il l’est à vos yeux et aux yeux d’un nombre conséquent d’autres genevois, que la problématique des roms dépasse largement les compétences de la ville de Genève, et probablement de nos autorités fédérales. La solution à cette problématique n’est visiblement pas, pour le moment, légale, à en croire la lenteur des procédures (amendes, poursuites, etc.) mais bien sociale.

Vous offusquer alors de ces 40'000.- me paraît alors relever de l'émergence hirsute et émotionnelle d'une pilosité érectile. Comme l’été.