25/11/2014

Cherche appartement dans le Vieux-Carouge

Olivier, Francey, Le Temps, Genève, JournalistePolaroïd 00:33

 

Il ne faut jamais tirer sur l’ambulance. Non. Jamais. Sauf quand l’ambulance, pneumatique dégonflé, s’engouffre dans une allée piétonne. C’est le cas de la conseillère administrative Jeannine de Haller, dont le bilan est sans aucun doute félicité aujourd’hui. On ne manquera pas de lui envoyer une gerbe de fleurs. 

 

Je veux bien entendre que l’élue d’Ensemble à Gauche (à droite, aurions-nous dit la même chose), après presque douze ans d’appartenance à l’exécutif carougeois, décide de devenir candidate à l’attribution d’un appartement, 67 m2, 1600 francs par mois, 9 place du Marché, 1227 Carouge. Certes, elle en a le droit. Après tout, c’est une Carougeoise comme les autres. C’est en tous les cas c’est qu’elle déclare. Vraiment? 268 000 francs de revenu cumulé avec son mari, ex-vice-recteur de l’Université de Genève? D’accord, son revenu va baisser lorsque son mandat prendra fin. D’accord encore, pas facile d’obtenir un nouveau logement lorsqu’on porte l’étiquette d’«extrême gauche». Le député Christian Dandrès, avocat de l’Asloca, est une mine d’or sur le sujet. 

 

Seulement voilà, les pleurs viennent à manquer. Salaire d’une conseillère administrative carougeoise: plus de 112 000 francs par année. Plus un misérable pécule de 1500 francs annuels par magistrat pour les frais de transports. Et une bourse de 14 000 francs pour les frais divers que se partage l’exécutif. Le montant équivaut à un taux d’occupation de 60%, mais chaque magistrat, dit-on, travaille à 100%. Parfait! Mais les glandes lacrymales viennent encore à se tarir un peu plus à s’imaginer que les 19 autres postulants ne répondaient pas aux critères, selon la présidente libérale-radicale de la Fondation Anne Hiltpold. «N’habitant pas la commune, ne disposant pas d’un revenu suffisant», distille entre autres la conseillère municipale et candidate à l’Exécutif. (Ah oui, c’est vrai. Elections municipales, il y aura à Carouge en 2015.). Aucun ne répondait aux critères? Personne? Les misérables usurpateurs! De la légalité de l’attribution de la part de la Fondation du Vieux-Carouge, envahi par des personnes politisées, nul n’en doute. Les membres du Conseil de fondation (ne pouvant voter que pour un et un seul unique candidat) ont donné, âme et conscience inclus, leur opinion. 

 

Le problème n’est pas tant dans la méthode d’attribution (quoiqu'il faudrait des règles limpides), mais plus dans l’attitude de la pluri-conseillère administrative, rodée à la politique. Que la principale intéressée ne voit aucun problème à son cas, rappelle un autre, celui du conseiller d’Etat Mark Muller habitant un sept-pièces, rond-point de Plainpalais, proche d’un loyer mensuel de 2000 francs. Pas une loin enfreinte. Non. Pas une seule. Mais la politique est autre chose que la loi. 


A ce point ne pas saisir que son cas est un cas d’école, laisse dubitatif. Un tel aveuglement, une telle faute politique, ne peut que susciter que les quolibets. De ceux qui voulaient habiter le centre-ville, Carouge ou le quartier de Saint-Jean. Mais qui se retrouvent aujourd’hui en périphérie. Ou ailleurs. En France. Voisine. 

Commentaires

Monsieur Francey,

Excellent résumé pour cette attribution.
Mais il y a 3 ou 4 ans, personne n'a fait cas lorsque cette même fondation a attribué un magnifique appartement (sauf erreur de 5 pièces ) à l'ex mari d'une membre de la FVC.......

Et que dire de cette Fondation qui a violé ses statuts en prêtant une somme importante à un commerçant en difficultés !!!
Pour information, le dossier du café des Négociants n'est toujours pas réglé

La Cour des Comptes a fait un rapport en 2011
Ne pas oublier qu'en mars 2015 il y a des élections

Écrit par : Huber | 26/11/2014

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