24/04/2014

Cette humide compassion

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Tu as choisi de te montrer. De faire parler de toi, de rappeler à quel point ton existence nous importait. «Je compte», sembles-tu vouloir signifier, quasi itérativement à chaque photographie publiée, à chaque mot que tu sembles avoir fait échapper. Forcément, tu évites les lieux communs. Tu n’es pas la moitié d’un con. A la main de ta fille, tu lui préfères quelques doigts fragilo-fébriles sur la tienne (velue) en te drapant de la pudeur paternel. «Je ne suis pas n’importe qui», ne lanceras-tu jamais, non sans omettre de préciser que tu «emmerdes le monde». A la nudité de la bête convoitée et acquise ou rémunérée, tu vendras une esquisse de talons ou un abandon de mégot dans un cendrier en cristal, pour rappeler que tu ne fréquentes que les cinq stars de la Riviera.

Pas question d’aduler ce qui n’est pas approuvé par le NME, voire le Rock’n’Folk. Tu crèves d’envie de dire, les lèvres boursouflées quand ce n’est pas le nez, que ta vie mérite d’être relatée. Gangreneuse envie d’exister qui te dévore. Tu inondes les réseaux sociaux de tes propres propos, de tes propres vidéos ou de tes propres chats. Velus, pattes à l’air, mines aimables.

Données si peu comestibles tant elles reflètent ta vanité. Pour toutes ces raisons, il faudrait te haïr. Mais comment te refuser la haine du monde? Tant tu la suintes.

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