02/03/2014

L'absurdité

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00:26

 

L’absurdité.

 

Celle de constater que ses cheveux, fournis, n’auront été que blancs. Je ne l’ai jamais connu autrement. Fort. Aujourd’hui, ce sont ces yeux qui me terrorisent le plus. Ils sont de plus en plus vitreux. Mots hésitants, gestes gauches, souvenirs ressassés, il n’a toujours pas perdu sa poigne. Il s’en vante toujours, lui qui a connu les plus belles années du tertiaire genevois. Il a raison, j’ai toujours mal aux mains. Il s’en vante. J’en ris volontiers. La force, c’était la vie. C’était le mâle.

 

L’absurdité.

 

Celle d’avoir omis qu’elle s’est toujours astreinte à lécher les première personnes du singulier, en les multipliant comme le fils unique. D’avoir oublier cette affection toute particulière pour les questions, surtout lorsqu’elles lui sont adressées. Vraisemblablement à terre, génuflexié, il n’a cessé, amoureux, de contempler les auréoles. Elle avait espéré n’en avoir qu’une. Elles seront nombreuses, délicieusement âcres sous un bras ou deux qui se lèvent. Aujourd’hui, son miroir demeure son meilleur ami. Celui qui reflète désormais ses seins démesurés, à la texture si artificiellement tendue. La peur l’anime. Celle-là même qui suinte. Horriblement attachante à s’attacher à l’image. Ce qui lui reste, alors que ce n’est pas ce qui lui a plus. Il y a quarante ans. L’esthétique, c’était la vie. C’était la Femme.


Ils ne ressemblent pas. Pas plus qu'ils ne se connaissent. L'absurdité commune. Le jugement.

Les commentaires sont fermés.