21/02/2014

Un peu

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00: 30


Un peu d’amour, pour ses yeux bleus profonds et ses regard perdus. Un peu de désir, pour cette façon de se chausser, pour cette prestance aquiline, pour ce grain de peau asymétrique, pour ces gestes d’effroi. Il ne s’agirait pas d’être trahie. Non. Jamais.

 

L’abandon? Un peu. Mais pas trop. Le désir? A mort. Mais sans le moindre chuchotement, tant que le fil nous relit. Qu’importe le reste du monde, le rachat de WhatsApp, les émeutes ukrainiennes, les affects post-9 février. «Putain, aime-moi. Je veux tout, tu comprends? Je veux ça, le reste, et les miettes. Je veux le corps et l’esprit, les désirs et les haines, je veux recevoir.» Accueillir, dit-elle prête à tout. 


Un peu, ne suffira pas. Un peu ne suffira jamais. Le fil ne tiendra pas. Il le sait. Là. Quelque part. Il aimerait être moins lâche. Un peu. Il se trompe.

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03/02/2014

And this how it starts

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:13

Le graine aride de ta peau, tes courbes dont tu vantes si souvent les imperfections, les mots dont tu ignores la portée, ceux que tu tais et ceux qui t’échappent. Les odeurs que tu dissimules, les silences qui te rendent insaisissables. Il ne s’agit pas d’énoncer. Jamais. Comme s’agissant des hommages aux morts que tu ne connais pas, des sentiments fébriles et des ressentis amers ou des griefs acerbes. Le silence.

 

Parfois tu t’insurges. Délicieuse rébellion aussi précieuse que tu ne la partages jamais. «Il n’y a pas de récompense à attendre des commentaires», dis-tu. «Pas de sourires élargis, aucune dilatation d’organe à voir ses opinions approuvés ou combattues.» La satisfaction ne mesure pas au nombre de retours et d’insultes. «On ne dit pas tout, comme on tire une chasse d’eau.»

 

Les comportements obscènes, étymologiquement «ce qui n’a pas sa place sur scène», tu les évites. «La scène, aimes-tu rappeler, est devenue une partouze géante d’opinions et de commentaires. Rarement argumentées. Et dont on a fréquemment rien à foutre, comme le nouveau romand d’Alexandre Jardin». Ou la protection des zones humides dans le canton de Genève? Tu ris. 

 

Ta haine, tu la réserves, bienveillante, à ceux qui insistent sans savoir pourquoi. Ceux qui veulent dire, faire savoir et être écoutés. A la liberté d’expression, tu réponds «argumentation». A la spontanéité, tu rétorques un sinistre «et alors?». A l’émotivité? Tu te tais. 


Le silence. Ton arme face au monde qui se répand. Face à la peur. Ce qui dit échappe.

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