20/11/2013

Pourquoi sanctionner les clients des prostitués est une erreur

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 02 : 13


Mardi soir, en commission, les députés de l'Assemblée nationale ont adopté la proposition de loi socialiste, laquelle vise à sanctionner les clients de prostituées d'une amende de 1500 euros, 3000 euros en cas de récidive. La proposition de loi abroge par ailleurs le délit de racolage public, tend à faciliter l'accès à un titre de séjour et à un logement dans le voeu d'aider la réinsertion des personnes se prostituant. Enfin, l'obligation d'un "stage" de sensibilisation aux "conditions d'exercice de la prostitution" est également prévue. Les élus auront à en débattre le 27 et/où le 29 novembre prochain. 

 

Voilà pour le projet de loi. Et voilà pourquoi il est contre-productif. Pas sur tout, bien sûr. Tant c'est une évidence qu'il faut encourager, par tous les moyens, la porte de sortie.

 

Interrogée, n'importe quelle jeune fille ou homme ne répondra jamais qu'il ou elle imagine plus tard faire de la prostitution son métier. Jamais. Ou presque, doit-on ajouter par souci des exceptions. C'est rarement une vocation. Plus souvent une malédiction, un fardeau, la fatalité. D'accord. Qu'on lutte contre le proxénétisme, le trafic de marchandises humaines, la violence faite aux femmes et aux hommes est elle aussi une évidence. Mais prétendre y répondre par une pénalisation des "consommateurs" est une erreur. Pourquoi? Parce que celles et ceux qui n'ont aucun autre choix que s'y adonner continueront... à vendre leur corps. Ô que oui. Mais alors dans quelles conditions? La clandestinité. Ce sera leur réponse. Et cette réponse là n'est en aucun cas préférable à la lumière blafarde des lampadaires des quartiers chauds. Ni aux tubes néons des salons de massage. C'est là se donner bonne conscience.

07/11/2013

L'aube

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00 : 26

Il faut bien apparaître, exister, signifier. Putain si l'inexistence est si insupportable, miséricorde si l'inexistence est tant effrayante. "Mais oui rappelle-toi, j'existe." Là quelque part. A la merci d'une publication, d'un geste, d'un mot. Obsession digitale quand je ne peux toucher ta peau. Compulsion virtuelle quand ma vie est vide. Pendu à tes mots, mêmes désagréables tant qu'ils me sont adressés. Appels qu'on envoie en rafales, qu'importe celui qui me répond. Je veux coucher, bordel. Celui-ci. Celle-là. Dis-moi que je t'importe. Dis-moi que je compte.  

 

A chaque fois, l'impression de la première passe, ne restent que les amis, les vrais, de ceux qui restent au petit matin. La gueule ouverte dans le caniveau. 

 

Et déjà, l'aube. Attisé par les premiers rayons. De ceux qui réchauffent. L'aube nouvelle. Les souvenirs de la veille, à la gorge. Les désirs qui se réveillent encore, comme si tout cela n'avait servi à rien. Dis-moi que je compte. Aujourd'hui. Et encore demain.

05/11/2013

Ces gens-là

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 00 : 04

 

C'est quand même incroyable à quel point, à vous entendre, la presse ou les médias en général, sont contre vous. C'est quand même dingue à quel point ils vous détestent tous, les dents acérés, la gencive jaunie par un excès tabacologique. Auquel il faut ajouter une névrose ou deux. 

 

Mais que vous ont-ils donc fait? Bien sûr! Ils vous haïssent tous. Toujours le bon mot pour vous rappeler à quel point vous avez fait faux. A quel point vos propos sont erronés, à quel point ils ont si souvent raison, eux, les gardiens de la morale, les donneurs de bonne leçon. Quelle bonne raison de les haïr! Quelle bonne raison de les enjoindre à vous remplacer. A gauche, ils virent à droite. A droite, ils penchent à gauche.

 

Mais alors pourquoi, n'hésitez-vous pas plus à renoncer à les appeler lorsqu'ils servent vos intérêts. Ô, pas tous. Certains n'en ont pas besoin. Mais les autres. Oui, les autres qui composent le numéro comme on part aux toilettes. Une urgence. De quoi oublier tous les adjectifs précédemment utilisés, les qualificatifs nauséabonds et les rances rancoeurs. 

 

Il y ceux qui composent et ceux qui répondent. Il y a ceux qui s'abstiennent. Ce qui les différencie? La mémoire. Monsieur. La mémoire.