18/10/2013

Salauds d'handicapés

Olivier, Francey, Tribune, GenèvePolaroïd 21 : 22

Pierre Jenni, feu candidat au Conseil d'Etat a raison.

La loi est la loi. Handicapé ou pas. Regardez! Dans mon taxi, une "grande majorité d'entre-eux ne sollicitent pas l'aide du chauffeur et développent une autonomie admirable"! Les autres? "Une petite minorité qui se victimise et fait sentir leur mal-être." Ah! Les pauvres qui s'apitoient sur leur sort!

Pierre Jenni a raison.

Eric Grassien savait à quoi s'il s'exposait "en installant un camping", dit-il. C'est vrai. Vous vouliez quoi? Qu'on lui apporte du Pastis et un écran plasma? C'est "pas cher payé", écrit-il encore, "pour un appartement à Genève". Ben quoi, c'est vrai. C'est pas cher.

Pierre Jenni a encore une dernière fois raison. Il ne va pas se faire des amis. Non. Ses propos sont infectes. Je le dis, je le pense. Qu'importe son intention originelle. Ici.

15/10/2013

Avaler, les lèvres closes.

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00

Il suffisait pourtant de les nourrir. La meute carnassière et aboyante aime ronger l'os. Une vraie prostituée. Chuchoter à leurs oreilles. Incurver les angles et distordre les lignes. Ce ne sont que des gueux de l'information. Porter la parole, était-ce si difficile? N'était-ce pas leur unique tâche? Leur raison d'exister?

 

Mais non. Plutôt prêcher la muette. Paradoxal, n'est-ce pas pour des communicants? Affamer la bête, déjà tant affamée, en espérant qu'elle se rassasie. Sans viande, pas de cadavres. Tant mieux s'ils ont cessé d'officier dans le fossoyage. Parier sur la bêche avariée, tranchante comme une lame émoussée.  

 

N'était-ce pourtant pas l'ère des interprètes. De l'hyper-communication, transparente, limpide, "entre nous" chuchotent-ils, avant de ricaner. L'hégémonie de la com, des intermédiaires, des tampons, de ceux qui transforment la boue en eau, puis l'eau en vin. Allelujah. Face aux bouches ouvertes, pupilles éblouies, jambes fébriles et cils tremblants, qu'ont-ils fait? Répondre que le temps était au silence, ou tout du moins à sa promesse. Ils ont bien raison. Cent fois raison. Avale.

10/10/2013

La bave

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00


Ne plus s'insurger. Face aux communications verrouillées, laisser s'échapper quelques filets de bave, pour rappeler, oui Monsieur, qu'on existe. D'ailleurs qui pour les briser? Feinte insurrection, lèvres closes face aux mensonges, balbutiements lorsqu'il s'agit de contester. Fainéantise et résignation.

 

Se laisser dicter l'agenda, se laisser dicter les propos, se laisser avaler. La glotte visible en disant merci. Ne pas fâcher, ne surtout pas prendre position. Relayer en toute objectivité. Le sig P-220 sur la tempe, la suintante objectivité en ligne de mire.

 

Putain. Ca va être long.  

 

06/10/2013

L'autre

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 02:11

Le temps des désirs, aussi éphémère que les frottements des peaux. A ce stade, on n'avale plus les mots, on se pourlèche les lèvres. Quelles lèvres. Suffisamment tremblantes mais pas asez closes pour ne pas expulser des promesses. Il fallait être si bête et tant épris pour y croire. Pour croire à ça. A elle, aux lendemains, au poids des mots et à la pesanteur des regards. Le coeur si gonflé, les artères tant encombrées, le pouls si arythmique que même le miroir nous a menti. Dans la ligne, à quoi bon se servir d'un rétroviseur? Dans le trou, quelle utilité à la corde? 

 

Y croire. Y croire fort. Pas cette fois. Par pitié, pas encore. 

 

Si. Encore. Sortie théâtrale. Une porte qui se claque comme des dents, avec pour seuls compagnons: un numéro de chambre, des draps froissés, et un mégot gisant dans un cimetière. On aura espéré du rouge à lèvres sur glace, ce sera le bout de plastique dans la corbeille. Ouf. Elle n'aura ni volé le stylo, ni le savon. Ni clefs de maison, ni portable. Ce serait si bête de devoir l'appeler. L'autre.

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04/10/2013

Communication zéro

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 02:14


C'est le syndrome "haut-dessus de la mêlée". Pas de communication, et qu'importe les attentes médiatiques. Le syndrome de l'élite, de l'indépendance, des contingences ignorées. Le syndrome de la Tour d'Ivoire, de l'innocence, et des "ah, bon. Mais pourquoi?". 

 

Sidérante méconnaissance du monde, éclairante vision de ce dernier, morale à l'appui. Salive d'incompréhension doublée de communication balbutiée. 

 

Lorsque les questions défient l'horizon, et même si c'est déjà trop tard, il faut nourrir la meute, gaver les oies. A ce niveau de compétence, on s'étonne de si peu de clairvoyance. Et on a raison de vouloir tuer.