15/10/2013

Avaler, les lèvres closes.

Olivier francey,britney,spears, GenèvePolaroïd 01:00

Il suffisait pourtant de les nourrir. La meute carnassière et aboyante aime ronger l'os. Une vraie prostituée. Chuchoter à leurs oreilles. Incurver les angles et distordre les lignes. Ce ne sont que des gueux de l'information. Porter la parole, était-ce si difficile? N'était-ce pas leur unique tâche? Leur raison d'exister?

 

Mais non. Plutôt prêcher la muette. Paradoxal, n'est-ce pas pour des communicants? Affamer la bête, déjà tant affamée, en espérant qu'elle se rassasie. Sans viande, pas de cadavres. Tant mieux s'ils ont cessé d'officier dans le fossoyage. Parier sur la bêche avariée, tranchante comme une lame émoussée.  

 

N'était-ce pourtant pas l'ère des interprètes. De l'hyper-communication, transparente, limpide, "entre nous" chuchotent-ils, avant de ricaner. L'hégémonie de la com, des intermédiaires, des tampons, de ceux qui transforment la boue en eau, puis l'eau en vin. Allelujah. Face aux bouches ouvertes, pupilles éblouies, jambes fébriles et cils tremblants, qu'ont-ils fait? Répondre que le temps était au silence, ou tout du moins à sa promesse. Ils ont bien raison. Cent fois raison. Avale.

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