30/05/2013

Ces si petits riens

Olivier, Francey, Britney, Spears, GenèvePolaroïd 20 : 20

Je le regarde. Le col serré, la peau moite et perlée de ces gouttes de sueur légèrement avinées. «Du vaudois», me dis-je alors. Le double-menton est agité à intervalles réguliers de spasmes frénétiques. Il rit. Ah?

Je ne peux m’empêcher de regarder ce maudit bouton de chemise prête à exploser. J’y pense. Fasciné. Lui, persiste dans le regard moitié vitreux, moitié pervers, les dents lavées à la fange. L’air porcin n’est pas rafraîchissant mais suscite néanmoins une vague empathie. Là. Quelque part. Au fond de l’estomac.

Je l’écoute. Oh oui, je l’écoute. Il me dit que le trac, «il ne connaît pas». J’ai envie de lui répondre que cela viendra avec le talent. Il me demande alors «à quoi on reconnaît le talent».

A la colère.

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24/05/2013

Essayez de nourrir un chat

Olivier, Francey, Britney, Spears, Genève, ObamaPolaroïd 00:54

Regardez-moi. Mes pieds, mes ongles vernis, mon visage, mes nuits ou mon chien, je m'en fous. Violez ma sphère privée, ou violez-là tout court, tant que j'existe. Tant qu'à faire, autant désirer l'existence numérique. Les mots remplaceront les lèvres que l'on écharpe, et celles que l'on déchire. Je me prélasse de la douce mélopée des mots, des 140 caractères, gorge et trachée béantes. Faites-moi exister de vos regards doux et de vos regards posés. Je veux entendre la douce mélopée avant de me coucher. Et vous livrez ces derniers instants, en vous laissant légèrement suintants. 

 

Regardez-moi. Moi, moi, moi. N'importe comment, n'importe où. Dites-moi que je suis beau. Dites-moi que je suis belle. Je veux l'attraction sans la gravité. Sans les habitudes, sans efforts, sans salive.

 

"Essayez de nourrir un chat. Et il vous adoptera." Oui. Done.

 

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05/05/2013

Et alors?

Olivier, francey, Britney, Spears, Genève, ObamaPolaroïd 23 : 12

Les connivences de caniveau. Celles qui se traitent à la bonne parole, aux idées vraies, au siège du sage, à la raison. Aux alliances, aux chevalières rubis taillés en trois points, aux répartitions de territoire tant qu'on bouffe le dessert. L'abricotine? "C'est pour moi", lancent-ils toutes dents dehors. 

 

Les autres bouffent du bitume. La distribution de muguets, la bénédiction des motards, les manifs au parlophone, la stigmatisation facile, les roses et encore les roses, les ballons ou les abonnements téléphoniques offerts aux premiers connectés. Oui d'accord, les hurlements, les aboiements, les coups médiatiques. Et alors? 

 

Nul doute que ceux qui siègent, le derrière confortablement bien assis, méritent la chaise. Probablement. Ils ne sont pas tous crétins, Dieu soit loué. L'arrogance de la hauteur ne les a tous pas encore atteints. Quant aux autres, ils demeurent les premiers à hurler au populisme. C'est à ça qu'on les reconnaît. Ils ne sont pas plus malhonnêtes que les autres. Ils jugent juste qu'ils n'ont pas besoin de fouler le pavé. C'est tout. Mais c'est déjà ça.


Et à ceux qui se demandent pourquoi préférer les fâchés? Parce qu'ils nous font rêver. Un jour. Jamais. C'est pareil.

03/05/2013

Cours de communication

Olivier, Francey, Britney, Spears, GenèvePolaroïd 20:57

Lektion eins.

Elaboration du message. Simple, voire très simple (une idée, une phrase, un slogan) et compréhensible pour la cible. On ne parle pas aux roturiers comme on parle aux bourgeois.

Lektion zwei.

Choix de la cible. Rien ne sert de convaincre les convaincus. Rien ne sert de convaincre ceux qui ne le seront jamais.

Lektion drei.

Maximisation du nombre de personnes atteintes par le message émis, au vu des moyens à disposition. Moins d’argent est souvent synonyme de plus d’idées. N'hésitez à forcer le trait, vous mettre tout nu, ou dire des gros mots.

Lektion vier.

Relayer les critiques des adversaires peut s’avérer utile. Posture d’attaqué à privilégier. La rumeur dit que les "gens" préfèrent les victimes aux bourreaux. 

Lektion fünf.

Ne pas hésiter à mentir. Une majorité croit toujours à l'adage "Il n'y a pas de fumée sans feu". Pratique, facile, pas cher.

Lektion sechs.

Ne pas perdre de vue son but. La victoire. Si cela doit passer par des assassinats, coups bas et autres subterfuges, surtout ne pas hésiter. Qu'importe les biens-pensants. Qu'ils écrivent des livres pour dire tout le mal qu'ils pensent des mauvais joueurs.

Lektion sieben.

Il s'agit de gagner. La seule intéressante question: c'est pourquoi? 

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