31/01/2013

Cette muqueuse dont on aimerait se débarrasser

Olivier, Francey, genève, britney, spearsPolaroïd 01 : 05


Mais on croit rêver. Vraiment. Le retour de la morale. L'inquisition. Celle-là même dont on se délecte, suave et liquoreuse. "Quoi? Le retour de l'adultère et de la luxure", putréfient-ils en se lançant des phonèmes désapprobateurs. "Quoi? Le vice", s'essaiment-ils à cracher pour justifier leur misérable existence. "Miséricorde. Honte à vous", finissent-ils par régurgiter.

 

Alors d'accord, les coulisses stimulent les glandes salivaires, cette muqueuse dont on aimerait se débarrasser mais dont on aime laper les contours. Si douce, si amère, alors qu'on aimerait arborer des lèvres blanches. Sèches, cela va de soit. Quant aux autres vices, les vrais, on les tait. Dans un silence de brique, bien enrobés. Abhorrés. "De mauvais goût. C'est la vie privée", crachent-ils dans les bonnes soirées. Celles où l'on aime se regarder sur un air de Traviata. Ces vices-là, se taisent. Comme l'addiction à la cocaïne, la chaleur des bêtes ou encore les amours interdites à la Mishima. Mais alors le reste, qu'est-ce qu'on aime s'étaler! 

 

Qu'est-qu'on aime lécher les histoires des autres. Avec la langue et les papilles pour mieux signifier aux autres qu'on savait, nous aussi. Symbole de notre participation collective à l'événement. C'est vrai. Qu'est-ce qu'on aime exister. Surtout quand il n'y a rien d'autre à dire. Surtout quand on n'est pas concernée. Ou de loin. Très loin. On s'en réjouit.

01:13 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook