25/01/2013

L'ivresse

Olivier, Francey, Britney, Spears, François, LongchampPolaroïd 00 : 00

Il s’est regardé au petit matin, les lèvres sèches, la mine déconfite en se remémorant ce moment de grâce. Les lèvres supérieures collées à des gencives en bonne état, se remémorant des blancheurs immaculées au point de ne point avoir envie de les déflorer, il s’est assit dans un bus. L’esprit tâché de plénitudes qu’on hurle comme on vomit, c’est-à-dire à peu près n’importe quand et n’importe comment, il est rentré chez lui.

Les secondes suspendues, les bains de minuit, les hôtels cinq étoiles, les bars libidineux, l’odeur du lac collé à la peau et les balades vers rien à vélo, n’étaient plus que de lointaines tombes. Enterré dans un lit, ne lui restait que des impressions furtives, dont il ne s’en souviendrait pas. D’ailleurs pourquoi ?

Or, le jour tant redouté arriva. Celui d’attendre, les lèvres non pas sèches mais collées, des réponses. De celles qui n’arrivent jamais. Les réponses ? Nulle syllabe ne fut une seule fois ébruiter entre ses lèvres.

Face au silence, il se mit à interroger. «J’aimerais savoir ce que je n’ai pas été suffisamment», beugla-t-il comme un porcin qu’on égorge. «Dis-moi pourquoi mon odeur t’insupporte ?», questionna-t-il enfin.

Quand conclura-t-on enfin que poser la question suffit à y répondre ?  «Groink, groink.» Merde, je suis démasqué. Oui. Il fallait y penser avant.

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