14/01/2013

Donnez-moi ma com!

Olivier, Francey, TDG, Genève, Britney, Spears, Lolita, Morena, franc-maçonPolaroïd 23 : 29


La police municipale aura donc désormais le pouvoir d'arrêter les consommateurs de drogue.

 

C'est l'annonce faite aujourd'hui, de concert, par les magistrats Pierre Maudet, Guillaume Barazzone et Thierry Apotheloz. Lesquels ont dévoilé leur nouveau projet de loi sur les agents de police municipale (LAPM). Ces trois élus ont souhaité mettre l'accent sur les consommateurs et non pas sur les dealers. ( p. 6 LAPM: La détention de produits de stupéfiants en vue de consommation est particulièrement visé (...).) Pour être tout à fait précis, le projet de loi (article 5, al. 2) indique que les agents de police municipale (APM) sont "chargés notamment: (...) de la répression des contraventions à la législation sur les stupéfiants".


Fuckin' brilliant, disent les Anglais. Les agents de police municipale ne seront donc plus inutiles, lorsqu'il s'agira de combattre le Crime. Avec une majuscule, may I say

 

Seulement, on ne dit pas si les APM auront le devoir d'arrêter les dealers. Et pour cause: les APM ne sont pas armés. C'est en tous les cas, que laisse sous-entendre, en filigrane, le parole délivrée. (Pas d'arme = pas d'arrestation de méchants et violents dealers. Ou alors: laissez la police cantonale s'en occuper.) Donc, on s'attaque aux "sympathiques" consommateurs, ceux-là même qui sont un peu plus inoffensifs. D'accord.

 

Ainsi voilà pourquoi tout cela relève de la plus brillante opération de communication. Un consommateur de drogue intelligent n'achète pas dans la rue, il dispose de son propre dealer. Un consommateur moins intelligent l'achète dans la rue. Mais alors que fera notre APM? Procéder à l'arrestation du consommateur sans arrêter le dealer? Comment arrête-t-on un détenteur de drogue? Au faciès, à l'instinct, au flair? En attendant que l'achat soit scellé? Trouvez-moi un consommateur de drogue dans la rue et je vous l'arrête. Non. Les horaires de l'agent de police municipale seront-ils étendus, bien au-delà de minuit? Sera-t-il en service à la fermeture des boîtes de nuits, des clubs et des lieux alternatifs? Nous n'en savons rien.

 

Alors quoi? Devra-t-on constater une diminution du trafic automobile aux Pâquis et dans le secteur proche de l'Usine, et une réduction du tourisme pédestre près du Jardin anglais? Le consommateur sera-t-il désormais terrifié à l'idée d'acheter dans la rue (oui, mais seulement dans les heures ouvrables) ?


Allez. Comment dire au monde entier qu'on lutte contre les consommateurs, la drogue, la maladie de Newcastle et la misère dans le monde alors qu'en fait...  on communique?

Les commentaires sont fermés.