09/01/2013

Ne t'arrête pas.

Girl_With_a_Fake_Face_by_Tinfoil_Hat.jpgPolaroïd 00 : 08


C'est ma nouvelle Mecque. Mon nouveau temple. Ma nouvelle loge. Devant des milliers de fans, de curieux ou d'ennemis, je peux enfin m'exprimer. Je dis au monde ce que je pense tout bas. Enfin une audience, des oreilles, des tympans accommodants et des pupilles dilatées par la concupiscence. Des relais et du bruit. Je salive au premier commentaire, je grogne au douzième, je jouis enfin lorsque que j'en ai assez. Tout en gardant un oeil sur ceux qui me blessent, et à ceux qui m'adressent. Je ne leur en veux pas. J'existe. Merci.

 

Créature boutonneuse, de cire, de silicone ou de chair, du coin de bar ou avachie par tant de lourdeur existentielle, de celles qu'on ne regarde même pas, même pas lorsqu'elle est bousculée (sauf soumise à un trop vulgaire pardon), je revis enfin. Dans le magma numérique, je critique, je livre ma vision du monde, mes affaires courantes et mes pensées. Je vomis lorsqu'il s'agit d'apparaître courageux, mais me tait lorsqu'il s'agit de se confronter. Quelle belle gerbe. 

 

J'aime qu'on parle de moi, en bien ou en mal, pensant qu'on ne parle jamais des insignifiants. Or, on parle d'eux. Pas parce qu'ils ne le sont pas, juste parce qu'on n'avait rien d'autre à discuter. Comme le temps, la texture du vin ou la longueur de la robe de la serveuse. Qu'importe, c'est mon temple. Je m'y sens bien. Et je continue d'y vomir.

 

Vous me le rendez bien. Merci.

Les commentaires sont fermés.