29/09/2012

Aux délices de la cathode

5461943104_5a4b00ce3b_z.jpgPolaroïd 23 : 36

Dilatées, engorgées ou brisées dans des opales trop exposées aux délices de la cathode ou de la vitrine, on aimerait que les veines mentent. Surtout lorsqu'elles ne font que rappeler notre propre solitude, avachis comme des singes à contempler son reflet, quand ce n'est pas son propre... vide. On se moque, on rit sans se soucier du ton jaune pâle que délivre cette façade dentaire. Une rasade de rouge dilatera encore un peu plus ces tubes bleutés. Le temps de tituber autour des caniveaux pour trouver la proie. La proie? Celle qui passe, dirons-nous.

Ainsi danse la gitane sur les effluves d'un mauvais Guerlain, jusqu'à vous écorcher le palais lorsqu'il s'agira de cacher l'odeur. Pas à coup de dentifrice, ni d'échantillon parfumé. A grande gorgée de Roxycide. C'est vrai, il y a trop d'eau dans la Javel.

Il est temps de rentrer, les poches vides. Il est surtout temps de mentir. Serrer, se taire, espérer. Que les veines mentent, faisant cesser toute palpitation. Un "je t'aime", de ceux qu'on lance par précaution, devrait suffire.

23:46 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook

22/09/2012

Eux

pic-3.jpgPolaroïd 23 : 14


J'ai pensé à lui. J'ai pensé à elle.

A leur phobie des impôts impayés, à la seule fois où ils ont pris l'avion, aux chansons qu'ils chantèrent après avoir délicatement abusé d'un digestif italien. Aux retours d'usine, aux discussions animées sur le patronat, les riches et les frontaliers. Aux engueulades, aux grillades en forêt près d'Arziers. Aux mêmes histoires que l'on s'amuse à raconter différemment. A leurs souvenirs de vélos et leurs Pola jaunies.


Aujourd'hui, le dos courbé et les mains magnifiquement flétries, je les surprends main dans la main. Je me sens con.

23:18 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

15/09/2012

Comme les lâches se lèchent

pic-2.jpgPolaroïd 00: 11

 

En fait, à constater avec quelle régularité les lâches se lèchent, ou alors comment le hasard du calendrier les font se lécher comme ils se lâchent, je ne sais plus vraiment à quel Saint me corrompre. Dieu seul sait avec quelle ferveur je devrais génuflexier, mais ni l'attraction ni l'attirance ne suffisent à atteindre l'échafaud.

 

On prend, on laisse. On perd, on crache. On aime jusqu'à montrer les dents, les mêmes qui se tarissent dès que l'échec pointe son nez. Sec, aride, vieux et triste comme une maladie orpheline. Ce n'est ni le baiser ni l'aumône qui me perd, c'est plutôt les caresses et autres promesses jetées comme des dés.

 

"Mais ne serais-tu pas juste un crétin?", lança-t-elle. "Peut-être", répondit-il dans toute la ferveur bienveillante qui le perdra. Elle n'avait pas tort. Il ne s'en souviendra pas.

01:13 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

08/09/2012

Quand Bender et Varone partagent tous deux une passion pour les pierres

pic-1.jpgPolaroïd 11 : 16

 

L'information tombe à 10 heures 57 sur un vieux téléscripteur crachotant. Nul besoin d'en préciser la source, elle est limpide comme un torrent. Le message invite à visionner les archives de Canal 9, télévision d'état valaisanne. L'émission? "Croire", c'est son nom. L'invité est un certain Philippe Bender, historien libéral-radical et fils du conseiller d'Etat Arthur Bender (1965-1979). Philippe Bender, c'est aussi celui qui qualifie le parcours politique de Christian Varone de "page blanche".

 

Ironie du sort ― pour celui qui, disons-le, affiche une certaine animosité envers le chef de la police valaisanne ― puisque les deux hommes ont désormais un nouveau point commun (hormis d'appartenir officiellement au même parti): celui d'avoir tous les deux un caillou dans leur valise. A la 38ème seconde de la 5ème minute, Philippe Bender avoue avoir toujours sur soi (ou "sur son bureau à Berne") un "petit objet". Oh, rien de très précieux. Un petit bouquetin en pierre vieux de deux mille ans retrouvé dans une tombe romaine près de Mazembroz.

 

Comme quoi. On peut se détester et partager une passion pour l'archéologie.