26/09/2012

L'art de rater les trains

1666364690_small.jpgPolaroïd 23 : 42


On regardait passer les trains. Désormais, on écoute les 33 tours en mode 45. Pour être tout à fait honnête et ne surtout pas passer pour un vieux con (avec toute l'extrême affection portée aux vieux, aux cons, et à ceux qui cumulent les deux titres), on écoute aujourd'hui des MP3. Enfin. Juste un peu. Parce qu'après, on zappe.

 

Oui, on zappe, on buzz, on tweet, on ne poke plus parce que c'est ringard, on forward à la limiteEn d'autres termes, on relaie, on emphase, on exagère, on fait suivre. A croire que les règles ont été érigées pour les abrutis, il faut réagir vite. Quelle honte d'être le deuxième. Le troisième? La guillotine et les pierres. Mutilation génitale acceptée. Quelle importance porter à la véracité des propos? Aucune. On prétextera l'urgence de l'actualité, l'ardeur du monde. Peut-être, si ce n'était pour refléter l'angoisse de rater le train.

 

Pourtant, quel courage que de rater les trains. Putain, quel courage! Parce qu'à défaut de voler des baisers, rater le train ne fait de soi... qu'un sinistre imbécile. Un pisse-froid, un couillon, une buse. Ni plus ni moins. 

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