25/06/2012

Questions pour un champion

MT.jpgPolaroïd 19 :41

Je ne livre aucun nom. Pas même un couple, pas même un clan.

Je dégaine et tire. Sans recharger. Sur des cibles dont je préfère taire l'identité. "Oui mais vous savez, le 20 Minutes, c'est un journal fast-food", irai-je déclarer. Il faut abattre, quitte à ce que cela soit l'un de mes pieds. Qu'importe.

Je ne suis pas candidat, ai-je déclaré au Temps. Mais à disposition de mon parti. "Pour élaborer une stratégie, dit-on".

Je ne suis pas un punching-ball.

Je suis. Je suis. Je.

 

"Souffrez Monsieur le maître Dieu que je finisse une question avant d'y répondre", expulsera l'interrogeant. "Souffrez Monsieur le maître Dieu que vous y répondissiez", se laisserait-on presque à vouloir ajouter, dans une quête sûrement désespérée d'un peu de hardiesse.

22/06/2012

La gauche la plus bête du monde

pic.jpgPolaroïd 23 : 52

Quel délectable spectacle a offert le parti socialiste genevois. La pulpe des doigts est encore humide, à force de se les être pourléchés. Douze minutes de bonheur, ce sera la durée de l'état de grâce qu'auront insufflé Manuel Tornare et Romain De Sainte-Marie, ce vendredi soir sur l'antenne de la RTS.

Un président de parti dont la parole est itérativement coupée par son conseiller national "qui concocte des stratégies en trois jours". Moi, ajoutera-t-il. Un frontal Manuel Tornare qui s'autorise à moucher son président: "On n'a pas besoin de sociologues de l'Université de Genève pour expliquer ce qui s'est passé, comme certains jeunes technocrates du parti nous font comprendre", dira sa Sainteté. A la question adressée au président du PS, à savoir si l'ancien Maire ferait un très bon Conseiller d'Etat, ce n'est pas le président du PS qui répond. Non, c'est le silence. Trois secondes. Et Dieu sait si ces secondes là sont interminables en radio.

Les anachroniques "Camarades par ci et Camarades par là" suscitent désormais des sourires chez les uns. Mais des rictus épineux au PS. Si Manuel Tornare a presque flingué au colt 45 toute chance d'une candidature en 2013, Romain De Sainte-Marie, lui, a failli vis-à-vis du statut qui est le sien. Président. Ce soir, on a entendu le jeune contre l'ancien.

Même si, au final, la seule véritable faille, c'est d'avoir accepté de débattre en public des problèmes internes du parti socialiste. A ce titre là, la droite est abilitée à décerner le prix qu'elle aurait obtenu l'année passée. Celui de la gauche "la plus bête du monde".

15/06/2012

La puanteur

jacuzzi_40671.jpgPolaroïd 12 : 04

La zone d'exclusion? Vous avez bien entendu. Exclusion. Cinq mètres? C'est la taille du périmètre choisie par la Municipalité de Lausanne pour éloigner les mendiants "des distributeurs, horodateurs et autres lieux où l'on sort son porte-monnaie". Bravo. Moi je dis bravo. Qu'on éloigne ces gueux, organisés en réseaux souterrains nauséabonds. Dites la mafia, j'avale. Le crime organisé? Je gobe. "Les endroits de quiétude (parcs, places de jeux ou cimetières) seront aussi prohibés", nous dit-on. Fichtre oui! Qui n'a pas été houspillé à la sortie de funérailles par un vil "roumain"? (Hein quoi, ils ne sont pas roumains?) Quel chérubin n'a pas été dérangé par un "S'il vous plaît Monsieur" à la sortie d'une balançoire ou d'un toboggan en forme d'éléphant?

Un seul problème subsiste. Comment empêcher les ignominieux félons d'alpaguer vocalement l'honnête citoyen lorsque le dit bandit se trouve à plus de cinq mètres? "Qu'on lui coupe les cordes vocales", dira sans doute le pragmatique. Pourquoi ne pas imaginer qu'en lieu et place de placer des Mosquitos contre les jeunes, que l'on puisse installer les mêmes appareils contre les Roms (parce que "mendiants", c'est un peu faux-cul, vous me l'accorderez)?

La Municipalité lausannoise souhaite "créer la coexistence la plus pacifique possible" entre les mendiants et sa population? Le conseiller municipal Marc Vuilleumier (POP), responsable de la sécurité publique, évoque le "compromis". Mais Diable, ne faites pas semblant et cessez de jouer les pisse-froid! Qu'on les pende par les pieds, qu'on les expulse en vol-charters ou en calèches. Faites preuve d'imagination! Le napalm, le gaz orange voire des petits coups de bâtons ou de taser.

D'ailleurs, c'est quoi déjà la portée d'un taser?

12:04 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

13/06/2012

Elles, au moins, elles ratent les trains

pic.jpgPolaroïd 00 : 11

Quel plaisir de te lire. Toujours un commentaire bien placé, une remarque pertinente, une vision. Sur le monde, sur la vie, les gens qui t'entourent. Non, en fait sur tout. La littérature, la poésie, la philosophie grecque, Godard, Lynch, Beigbeder et Barack Obama. La politique hexagonale n'a pas de secrets pour toi, la Berne fédérale? Tu la connais. Comment? On ne le sait pas. Qu'importe, les gens te commentent. N'est-ce pas amusant, toutes ces personnes qui commentent des commentaires? A quand, ceux qui commentent des commentaires sur tes propres commentaires? Suis-je bête. C'est déjà le cas.

Tu postes comme on tire, tu dégaines les tweets comme on crache. Ne te reste, que comme ultime douille, qu'à lécher les propres commissures de tes lèvres. A croire que l'idée de rester sur le quai t'est insupportable. Il faut avaler, aspirer sa salive par des légères succions épileptiques avant de plonger. Tête baissée. C'est certain, on ne rate pas les trains. On les prend, on ne cesse de saisir, il faut attraper.

Il faut surtout exister, c'est bien cela même qui t'est reproché. Tu en sais beaucoup trop sur tout. Un peu comme ces "je t'aime" lancés à la première qui fait convulser ton coeur meurtri. Et qui se dégonflent aux oreilles des dix qui suivent.

Elles, au moins, elles ratent les trains.

00:18 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

11/06/2012

La légitimité des langues qui s'étreignent aux ondes

maltese_doggy-12550.jpgPolaroïd 20 : 15

"J'ai pour habitude, comme n'étant affilié à aucun parti politique, de ne pas opérer mon cri sur la foi de présomptions, de rejets, d'aprioris. Mais sur les idées qui sont exprimées. Et je dois dire que dans ce registre, c'est à dire essentiellement celui de la sécurité et celui de la répression, au regard de la délinquance qui sévit dans le canton de Genève, ni la politique proposée par les trotskystes de l'époque dirigés par Monsieur Moutinot, ni par la droite supposément incarnée par Mme Rochat ne proposent de politiques efficaces, raisonnables, concrètes. (...) Ce n'est pas une question de coquetterie, mais encore une fois, je trouve que beaucoup de prises de position qui sont adoptées à l'égard de Monsieur Stauffer, rappellent celles qui sont prise en France à l'égard du Front National."

Me Dominique Warluzel, interrogé ce soir par Philippe Revaz, Forum, RTS.

 

Au fait, Lolita Morena, elle en pense quoi?

 

 

09/06/2012

A s'asseoir. Pas à changer

pic.jpgPolaroïd 17 : 55

Passionnante, l'élection complémentaire au Conseil d'Etat. Passionnante, parce que portée sur les nervures, les failles, les plaies et les peaux des candidats. "Une élection sur la personne", entend-on dire. Ils ont presque raison, peu d'entre eux sont des personnages. Un seul l'est. Médiatiquement, bien entendu.

Aguichante aussi à constater avec quelle véhémence les médias sont conspués, pour leur partialité, pour leur choix, pour leur prise de position. A croire que les éditoriaux "thèse-antithèse-synthèse" putréfiants sont excitants. Ils ne le sont pas. Tout simplement pas. Ou simplement lorsqu'ils soufflent un autre vent. Ils ont pris parti pour celui-là? Tant mieux. Ils critiquent celui-ci? Que n'avez-vous pas compris dans le mot "éditorial"?

Alors d'accord, on pourrait parler "égalité des chances, visibilités égales". Ce sera une autre fois.

C'est avec délectation que l'on assiste à la scène, et avec fascination que l'on subit le jeu ou comment la fébrile importance des enjeux peut autant attiser les braises, celles-là mêmes qui se comptent en mois. A quoi bon?

A s'asseoir. Pas à changer. Un pas dans une commissure vaut mieux qu'une porte fermée. Certes.

01/06/2012

Plutôt crever assassiné que flagellé

2012-06-01_173537.jpgPolaroïd 00 : 00

C'est l'heure du sacrifice. Plutôt mourir sous les coups, les balles ou les lames des fomentateurs, des cercles et des réseaux que mettre fin à sa vie soi-même. Plutôt pointer l'ennemi (et qu'importe s'il l'est ou pas) que de se couper le doigt, de scier la branche putride et moisie. Prenez ce martinet expiatoire et fouettez-moi! Plutôt crever assassiné que flagellé. Merde, je veux crever en héros. En victime. Que le sang coule, le mien de préférence. Les électeurs s'en délectent.

Je veux être l'ennemi et le sauveur, le juste et le cabossé. Je suis seul contre tous, contre le système, contre les édiles et les élites. En fait, je suis contre tout. Sous le feu des néons calorifiques que je m'évertue à lécher, je brille et me consume.

Je suis meilleur dans l'opposition. J'aime trop la lumière. Celle qui va me noyer. La revanche est souvent un mauvais carburant. Accompagnée de la soif, elle tue.

23:41 Publié dans Politique | Lien permanent |  Facebook