27/05/2012

Elle

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Elle a bon dos, lorsqu'elle vous le tourne. Complaisante, peu curieuse, bonne ou encore "d'investigation" (les guillemets, élément grammatical de lâcheté), elle est si subjective lorsqu'elle vous égratigne. Si partiale lorsqu'elle vous écorche. Erronée? On ne l'espère pas. Approximative? Peut-être.

Lorsqu'elle s'en prend à vos ennemis, elle est si gracieusement critique, encensée, brillante. Ses sbires? Intelligents, frondeurs et persévérants. Tant pis si aujourd'hui, ils sont si complaisants, sans aucun doute manipulés et orientés. Le vent est si agréable lorsqu'il souffle dans la nuque. Chaud? Une caresse érotomaniaque.

Rappelons juste que l'homme fait le portrait. Pas le sbire.

22/05/2012

De l'art de se préoccuper

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Merck-Serono rapatrie à Darmstadt. Le Département de l'économie et de la santé tient une conférence de presse sur les "cleantechs". Hasard du calendrier. D'accord.

Des entreprises "très importantes pour la diversification de l'économie", chantera de manière incantatoire, à deux reprises sur le plateau de Genève à Chaud ce lundi soir, Pierre-François Unger, ministre du dicastère concerné.

Etonnant de se rappeler à quel point la levée de boucliers, lorsque la conseillère administrative Sandrine Salerno s'était exprimée dans le magazine de la Ville de Genève sur le même thème, avait été massive.

Etonnant surtout de constater (et sans juger du fond des arguments des uns et des autres) avec quelle rapidité, il s'agit aujourd'hui de penser la nature du développement économique genevois. C'est vrai que quelques centaines d'emplois biffés en une des médias transforment les rires narquois en sujets de préoccupation. Tout simplement magique.

 

 

Note: 23.05 Les services du Département susmentionné me signale que l'intérêt de l'Etat pour les cleantechs ne date, ni d'hier, ni de l'annonce du départ de Merck-Serono. Qui précise également que la conférence de presse était agendée depuis longtemps. Bien.

Reste que les mots alignés tels que «diversification du tissu économique genevois» ou «modèle de développement» semblent fleurir dans les cavités buccales des édiles. Sûrement le printemps.

 

 


16/05/2012

Les diagonales

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Je tire des diagonales alors que d'autres tirent des droites à l'équerre. Mes phrases se concluent par des "peut-être" lorsque les autres aboutissent par des "sûrement". A l'inverse, ils s'abreuvent des odeurs alors que je lèche les mots, souvent amers mais souvent justes.

Je préfère ma femme aux autres, lorsque d'autres choisissent le désir parce qu'il est plus facile de ravaler sa salive que sa langue. A réveiller mes propres sens plus que se vautrer sur des corps inanimés, je préfère nager que me noyer. Je suis, je suis, je suis. Il l'est.

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07/05/2012

Qu'enfin, nos oreilles puissent ouïr correctement

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Très Cher Monsieur Oppikofer, rédacteur en chef du magazine "Tout l'Immobilier,

J'ai cru tout d'abord avoir mal lu ou être victime d'une sombre drogue qu'une fille de l'Oural (ou d'ailleurs sur le continent africain, c'est entendu) aurait versé dans mon verre. Après double relecture, vos propos tenus sur un réseau social célèbre ne m'apparurent plus comme sibyllins. Vous déclarez "implorer" vos amis de Léman Bleu de disposer de sous-titres "en français" lorsque "c'est Medeiros qui parle". Entendons par ce nom, le raccourci qui mène à Carlos Saraiva Medeiros, conseiller municipal MCG et accessoirement vice-président du parti éponyme.

Et bien sachez que je compatis plus que sincèrement avec votre grief. Que l'on bannisse les lusitaniens des plateaux de télévision, que l'on coupe la parole aux gens de petite taille, si peu adaptés aux écrans plats de haute définition et enfin, que l'on corrige la balance des couleurs lorsque l'invité supporte un teint pâle ou blême. Censurons les toxicomanes des reportages de Temps Présent lorsque la logorrhée se fait vaseuse, changeons la bande-son de ce misérable accordéon tzigane et remplaçons-là par de la musette.

Qu'enfin, nos oreilles puissent ouïr correctement. Parce que confondre Sandrine Serono avec une autre magistrate, c'est du plus mauvais genre.

Bien à vous, Olivier Francey.

04/05/2012

J'ai pensé à elle

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J'ai pensé à elle. Au fond de teint qui coule et au mascara qui déborde. Aux cheveux désordonnés et aux mots insufflés avec pudeur. J'ai pensé à la retenue, à la pudeur et aux gestes manqués. J'ai pensé à son sourire béat sur la plage, sur un vélo ou un tracteur et aux messages désordonnés. A l'insistance des virgules et la pesanteur des mots, aux fautes grammaticales reprochées en échange de contenu trop épidermique.

Aux silences soutenus, aux vérités avalées et aux protections linguistiques. A cette façon si particulière de nier, de mentir parfois et de se taire souvent. Aux moments, à l'instant si infâme parce qu'éphémère. Aux jeux, à la honte et aux masques.

J'ai pensé aux dîners ratés, aux ambitions coupées, aux soirées noyées dans l'ennui. A la jouissance des absurdités et du désir. N'ai-je pas souri alors? Peut-être. Un regret. Certainement.

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01/05/2012

Dopplegänger

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Rares sont les moments de vérité. Fréquents sont les instants où, enfouis sous les larmes ou les centimètres de fond de teint, sous la soie ou la dentelle, sous les mots usés et les verbes écornés par l'habitude, ils s'adonnent à la trahison. Qu'elle soit d'épiderme, de lexique ou de gestes. Le moment est précieux, surtout qu'il sera nié. Si rapidement. Enfin! Une faiblesse sur un tapis de mensonge cristallin. Enfin un évitement, une faille, une rature. Contre tout ce qu'ils prétendent, s'épanchant dans la honte vite oubliée.

Sa main droite sur sa taille: "Je t'emmène voir un documentaire". Sa main gauche ailleurs. L'inverse étant tout aussi vrai. Son regard là-bas alors que son corps dit ici. Celui-là même qui se ferme alors qu'il se prétend proche. Les exemples ne manquent pas. Les trahisons sont si délicieuses lorsqu'elles s'attrapent. Il fuit et bat retraite, alors qu'elle évite et esquive.

Le jeu est si délicieux. Mais terriblement ennuyant. Presque? C'est bien cela le pire. De se dire qu'on leur ressemble.

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