01/05/2012

Dopplegänger

pic.jpgPolaroïd 00 : 23

Rares sont les moments de vérité. Fréquents sont les instants où, enfouis sous les larmes ou les centimètres de fond de teint, sous la soie ou la dentelle, sous les mots usés et les verbes écornés par l'habitude, ils s'adonnent à la trahison. Qu'elle soit d'épiderme, de lexique ou de gestes. Le moment est précieux, surtout qu'il sera nié. Si rapidement. Enfin! Une faiblesse sur un tapis de mensonge cristallin. Enfin un évitement, une faille, une rature. Contre tout ce qu'ils prétendent, s'épanchant dans la honte vite oubliée.

Sa main droite sur sa taille: "Je t'emmène voir un documentaire". Sa main gauche ailleurs. L'inverse étant tout aussi vrai. Son regard là-bas alors que son corps dit ici. Celui-là même qui se ferme alors qu'il se prétend proche. Les exemples ne manquent pas. Les trahisons sont si délicieuses lorsqu'elles s'attrapent. Il fuit et bat retraite, alors qu'elle évite et esquive.

Le jeu est si délicieux. Mais terriblement ennuyant. Presque? C'est bien cela le pire. De se dire qu'on leur ressemble.

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