11/04/2012

La dilution politique des responsabilités

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La tendance est la hausse. On dénombre plus de 700 personnes affiliées de près ou de loin à la communication (parfois interne) à Berne, pour environ 120 journalistes. A Genève, ils se multiplient aussi (Rassurez-vous, les communicants, pas les autres). Rares sont les conseillers d'Etat qui vous répondent directement, rares sont les services qui outrepassent leur sacro-service de communication. On est pas loin de passer par le formulaire AR-123 pour chaque infime demande.

Un fait est limpide: les buts que visent d'une part les "officiers de communication" et les journalistes sont bien différents. Les premiers espèrent faire passer leur message lorsque les deuxièmes sont censés recueillir les faits et des réponses. Sans réelle surprise, les intérêts des uns croisent parfois ceux des autres. Ne soyons pas dupes, au final, il ne s'agit souvent que de savoir qui de l'un ou de l'autre se fera abuser. Ni plus, ni moins.

Reste que cette relation (somme toute relativement malsaine lorsqu'elle effleure la connivence, pire l'amitié) devient de plus en plus compliquée. Sûrement parce que la communication est devenue sans surprise une arme politique, bien plus efficace que la compétence. Et parce n'importe quelle information, mal ou faussement relayé par un média n'est pas sans conséquences. D'accord.

D'autres pistes semblent également se dégager. Soit l'effroi suscité par la question est réelle, soit le journaliste n'effraie plus personne. Dans le premier cas, rien ne vaut la dilution de la responsabilité politique dans une hiérarchie tout aussi vaseuse, où personne n'est responsable (ou au mieux, tout le monde l'est un peu moins). Dans le deuxième, il n'y a plus rien à espérer.

Ah si. Que le journaliste outrepasse les services de communication. A défaut d'espérer qu'ils soient compétents.

Commentaires

Moi je réponds toujours contrairement à toi !

Écrit par : Mitch | 11/04/2012

Bien vu, mais ce qui est étonnant, c'est que de nombreux journalistes deviennent après quelques années des responsables de la communication ou porte-parole et passent de l'autre côté de la barrière. En fait cette inflation démentielle des services de communication est simplement la démonstration par A+B de la faiblesse du monde politique ou économique, incapable de répondre directement à ceux qui font un métier pourtant très concret : informer le citoyen.

Écrit par : A. Piller | 11/04/2012

Est ce que la situation est vraiment aussi tendue?
Que les membres du gouvernement tentent d assurer la cohérence des informations transmises me semble compréhensible, mais que ce soit en ligne directe ou par des intermédiaires cela devrait se faire dans une relation respectueuse tout en gardant une certaine distance. Ne pas se faire avoir, ne pas mélanger privé, publique, faits ou attirances. Indispensable mais parfois délicat

Écrit par : Nina | 11/04/2012

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