09/04/2012

La corde

56859657.jpgPolaroïd 02 : 00

Elle ne regarde que l'essentiel, parce qu'elle l'a dans la peau. "C'est l'apanage des abandonnées", devrait-elle se dire. Elle s'en défend pourtant. Avec véhémence, convaincant l'assemblée, la horde. Alignés comme des moutons attendant l'abattoir, ils s'avisent à imaginer, alors qu'elle manie déjà la faux. Ongles manucurées rouge Dior, et politesse rive gauche lointaine. Elle préfère les charnelles odeurs aux acerbes effluves synthétiques.

On devrait lui reprocher l'utilisation de sa féminité exacerbée, elle s'en fout. Elle veut de la réactivité épidermique, de l'inconscience amoureuse, pestant avec vigueur contre la langue, les mots, les concepts. Elle suinte lorsque les autres retiennent. Délivre quand d'autres gardent, lâche quand il faudrait serrer.

La corde, ce n'est pas sur le cou des autres qu'elle l'enroule.

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