05/04/2012

Pourquoi faire, déjà?

pic.jpgPolaroïd 23 : 59

Ses lèvres empourprées semblent trop souvent s'accrocher à la pellicule invisible qui recouvrent ses cigarettes. Les quelque esprits encore lucides qui se cachent derrière des volutes de fumée disent souvent qu'elle a trop aimé la vie. La vie lui est poisseuse. Et elle a su riposter. La vie. Pas elle, elle est bien trop bête.

Des cratères violacés, des gerçures aux allures de cicatrices quand elle aimerait que ce soit des rides. Mais les rides, elle ne les compte pas en plaisir, elle les comptent en échec. Les mélodies n'apparaissent qu'à son esprit, c'est une autre mélopée qui résonne dans son corps. Pas même celle de la haine, de la revanche ou de la douleur. Celle de l'ignorance, celle du vide, celle de l'habitude. Là où on s'acharne à trouver des explications, il n'y a que de l'incompréhension. Là où l'on s'attelle à creuser, on continue à creuser. Là où l'on cherche des causes, on ne trouve que des vides.

Lorsque les échanges se limitèrent à des mots d'une banalité culpabilisante, ils finirent pas se transformer par des regards faussement complices. Jusqu'au jour, où les phonèmes et les mouvements du muscle droit supérieur d'un oeil gauche s'éteignirent.

Et vint le jour où l'on changea de trottoir. Sans un remords, ni un souvenir. "Pourquoi faire, déjà?"

 

It's hard to explain

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