31/03/2012

La répulsion

900_repulsion_3x.jpgPolaroïd XX : XX

Qu'elle est suave cette haine-là. La salivante qui ne naît de rien, d'une perception désagréable, d'une épidermo-incompatibilité. A croire que les gènes s'insupportent. Lorsque même cette odeur (un gel douche Axe ou un vieux Guerlain) expulse les aliments, pourtant fortement agréablement ingurgités vers l'oesophage. L'aversion du rien, l'antipathie du tout.

Les essais itératifs de relative amitié se soldent par des syncopes vaso-vagales, les mots échangés par des incompréhensions, des tentatives par des ratages. On a beau se dire au fond, là, quelque part, qu'il n'est pas si laid. Rien n'y fait.

Même le rouge des lèvres ainsi humectées est repoussant, même l'extrême maigreur du bout de tissu pousse à l'évacuation de toute velléité de désir. Alors qu'on devrait succomber aux essais répétés, on ne fait que faillir à ce sentiment. La répulsion.

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23/03/2012

ps: I love you

pic.jpgPolaroïd 00 : 20

Est-ce vrai, Mme Anne Emery-Torracinta que vous auriez refusé, faisant fi de l'avis de votre parti, de confirmer la sanction contre le député Eric Stauffer dans l'affaire du verre d'eau? Est-ce si fallacieux de penser qu'un appui du leader du MCG au deuxième tour, et dans le cas où vous étiez désignée (et à la lueur de ce refus), aurait fait pencher la balance?

Est-ce tant ingénu de penser que vous, Mme Loly Bolay, vous vous seriez emportée contre la trahison de la candidate socialiste au Conseil d'Etat? Un affront, une félonie insupportable pour la militante que vous êtes. Et tant bien même que vous êtes "une vienne ensuite" si le siège de Manuel Tornare à la Berne fédérale devenait vacant?

Est-ce si médisant, M. Brunier de penser que votre combat pour la nature de la candidature, à savoir féminine, n'est révélateur que d'un autre désir? Celui-ci plus profond?

De quoi se réjouir, samedi lors de votre assemblée générale, ne trouvez-vous pas?

ps: J'arriverai vers 16h30.

 

18/03/2012

L'absurdité

6a00d8345195a769e20133f5e47631970b-800wi.jpgPolaroïd 00 : 04

Ils regardent l'horizon comme nuls autres. L'immuabilité paradoxalement désirée et réconfortante mais toujours autant haïe. Chaque parallélisme des aiguilles se fait rassurant,  comme si chaque heure qui s'écoule est une victoire sur la vie. Oui mais surtout sur l'oubli. C'est toujours une de plus. Ces gens-là se sentent, suintent et s'aiment. A en crever.

C'est la fébrilité incarnée, tantôt dure, tantôt mièvre. Leur faillibilité les rend irrésistibles, paradoxalement terriblement attirants dans leur rassurante certitude. L'aptitude à toujours refermer leurs mains sur des sacs de sable troués est lourde. Et l'ingurgitation sporadique de Xanax devient pénible. Surtout à force de suivre leurs lèvres répéter incantatoirement qu'ils sont "comme tout le monde".

Chaque jour qui s'écoule semble être une victoire sur la fatalité, celle qui les a assez défiés avec une impudence de façon somme toute relativement effrontée. Ô trois fois rien. Des cellules qui se multiplient, une vilaine peau, des spasmolytiques inefficaces, une inattention malheureuse ou une chute inopinée. Le hasard devrait les intéresser, mais ont de la peine à se faire à l'absurdité. Surtout quand elle se relativise.

C'est vrai qu'elle est crétine, l'absurdité. Pure, limpide, glaciale. On voudrait s'en débarrasser, mais qu'est-ce qu'elle colle. Comme fixer l’horizon. En pensant que.

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12/03/2012

Les frontaliers? Oui. Mais un peu.

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J'essaie de comprendre. Oui, monsieur. De toutes mes forces, je vous le jure. La préférence de nomination aux HUG, ça marche comment? "A compétences égales, nous préférerons un résident local", dites-vous. D'accord. But de la manoeuvre: "rétablir l'équilibre" entre collaborateurs frontaliers et résidents locaux intégrés au sein du tissu social genevois. Soit. Concrètement, comment se déroule le recrutement?

Alors que les postulants résidants sortants de nos écoles se font rares, comment combler la pénurie? Alors que les offres de "frontaliers" sont qualitativement équivalentes (j'imagine, puisque vous les engagez, ou pire, parce que vous comblez les trous), et de surcroît quantitativement plus nombreuses, comment comptez-vous procéder? Désormais que nous sommes en possession des paramètres, comment y parvenir?

Les chiffres sont connus. Vous les divulguez. Deux tiers des responsables d'unités de soins sont frontaliers, alors que la moyenne de l'hôpital est à 50%. Question. Supposons que dans le pipe-line d'entrée aux HUG, deux tiers des postulants sont des frontaliers, comment comptez-vous rétablir l'équilibre? Si 60 infirmiers et infirmières manquent chaque année pour compenser les départs à la retraite (comme l'affirmait André Laubscher, directeur des soins aux HUG), comment comptez-vous privilégier des résidents locaux, à compétence égales?

Dites-moi, par pitié, comment vous comptez procéder. Pour ne pas imaginer, un jour, qu'à compétences égales, vous choisirez la compétence inférieure. Parce qu'elle est résidente locale. Ce serait inimaginable, non?

09/03/2012

Pourquoi Eric Stauffer n'accédera pas aujourd'hui au Conseil d'Etat

_42595_Eric_Stauffer.jpgPolaroïd 19 : 52

Pourquoi Eric Stauffer ne caressera demain pas le fauteuil de conseiller d'Etat?

C'est une question de journaliste. C'est une question à laquelle la teneur des réponses avancées sont de facto manichéennes. Deux options. La honte et le discrédit. Ou les remerciements avec les lauriers et les tapes amicales dans le dos. Dans les deux cas, c'est une erreur. Qu'importe.

La question est apparue, somme toute assez de manière fortuite, à l'issue d'un repas dans un établissement relativement discret au sein d'un quartier populaire de la rive droite où se réunissait ce soir-là, par l'un de ces hasards que l'on abhorre, le bureau du Grand Conseil.

Pierre Maudet venait alors de déclarer sa flamme à la presse, sans oser critiquer, ne serait-ce qu'un cheveu populiste ou agrarien, ni même expulser dans un courage sans faillle, un seul nom. (C'est vrai, une voix est une voix. Ne nous fâchons pas.) Le bougre avait réussi à convaincre. En étant simultanément un candidat de "rupture", tout en prétextant le contraire. Conférence de presse, lumière, caméras, discours et effet d'annonce. Une réussite? Probable. Voire "certaine", disent les commentateurs. Surtout en vue de ceux qui se sont adonnés à l'art de l'attente, du mutisme, des négociations, des garanties. Une erreur. Se faire désirer en politique en est une. On décide, on contrôle. Surtout vis-à-vis de son propre président de Partei.

Bref. Les uns évincés, les autres battus d'avance, subsistait asthmatiquement la question de savoir: Eric Stauffer sera-t-il un jour conseiller d'Etat? "Un vote de rupture", prédit le président omnipotent du MCG. La rupture? Il se trompe. Enfin, je le pense (et Diable sait que je peux me fourvoyer). "Les gens en ont marre des magouilles, des connivences, du copinage, des lâches, des... et des...  et des...", lance-t-il. Certes, d'accord. Mais pas suffisant.

Les électeurs voteront pour la figure du père, de la mère, du rassembleur, de l'apaisante nourricière. L'apaisement contre les tumultes de la rage, le contrôle contre la hardiesse, les lignes contre l'opposition. "La dignité, Monsieur, la dignité", s'exhortent-ils à expulser.

Se trompent-ils? Non. Surtout contre ceux qui estiment que le lancer de verre d'eau est un épiphénomène. Il ne l'est pas. Aujourd'hui. La mode ne joue pas en sa faveur.

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07/03/2012

3

479px-00-d-men_entertainment_-_de_straatremixes_deel_3_front.gifPolaroïd 23 : 43

3. C'est le nombre de lignes au chiffre près qu'a consacré le gouvernement genevois à la disparition du conseiller municipal MCG, Soli Pardo, dans son dernier communiqué de presse de ce jour. A savoir: "Le Conseil d'Etat a adressé ses condoléances à la famille de Me Soli Pardo, membre de l'Assemblée constituante, conseiller municipal de la Ville de Genève et membre du Bureau directeur du Mouvement Citoyens Genevois, décédé le 3 mars dernier."

Vous me direz, c'est toujours trois lignes de plus qu'aura expulsé la Ville de Genève. Certes. Plus circoncis, c'est ardu. D'accord. C'est surtout navrant de constater qu'on préfère monopoliser un parlement pendant plus d'une heure pour féliciter le travail louable d'un élu méritant sur le départ. A ce stade, il "eût été préférable" se taire, pour reprendre la lexicologie du Conseil d'Etat lors de l'omission des funérailles de Monseigneur Genoud.

3. C'est le nombre d'élus socialistes déclarés candidats à la succession de feu Mark Muller. A savoir: l'onésienne Carole Anne-Kast, l'avusienne Anne Emery-Torracinta et le verniolan Thierry Apothéloz. Les autres papables? Ils se taisent. Calculent, se réservent, demandent des garanties, attendent "le bon moment". A vrai dire, c'est assez barbant. Tout autant que de voir Pierre Maudet dégommer ses ennemis sans les nommer. A savoir un certain E.S. et un parti moribond à l'acronyme populaire. On ne mélange pas les divas avec les torchons. D'accord. Mais les torchons, se souviennent-ils des crachats?

23:45 Publié dans Politique | Lien permanent |  Facebook

04/03/2012

Down the hills

pic.jpgPolaroïd 22 : 10

Je m'amusais à regarder sa main tremblante tirer sur une cigarette. Ce devait être une gauloise ou une brunette, même si la certitude est absente aujourd'hui. J'aimais par-dessus tout ses yeux. Doux et frondeurs de ceux pour qui les secondes n'effacent rien. Ni n'endolorissent. Le verbe était souvent irrévérencieux, les idées violentes. De fulgurantes envolées qui s'éteignaient au détour d'un café. "Avec plaisir", répondait-il à 7h12 du matin. Il le pensait.

Il détonnait par sa taille, étonnait par sa courbure d'échine. Une gueule. Une tronche.

Je me sens un peu con aujourd'hui. D'avoir appris à faire avec. Et de quotidiennement oublier l'essentiel parce que c'est ainsi supportable. Tout ça.

22:11 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook