18/03/2012

L'absurdité

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Ils regardent l'horizon comme nuls autres. L'immuabilité paradoxalement désirée et réconfortante mais toujours autant haïe. Chaque parallélisme des aiguilles se fait rassurant,  comme si chaque heure qui s'écoule est une victoire sur la vie. Oui mais surtout sur l'oubli. C'est toujours une de plus. Ces gens-là se sentent, suintent et s'aiment. A en crever.

C'est la fébrilité incarnée, tantôt dure, tantôt mièvre. Leur faillibilité les rend irrésistibles, paradoxalement terriblement attirants dans leur rassurante certitude. L'aptitude à toujours refermer leurs mains sur des sacs de sable troués est lourde. Et l'ingurgitation sporadique de Xanax devient pénible. Surtout à force de suivre leurs lèvres répéter incantatoirement qu'ils sont "comme tout le monde".

Chaque jour qui s'écoule semble être une victoire sur la fatalité, celle qui les a assez défiés avec une impudence de façon somme toute relativement effrontée. Ô trois fois rien. Des cellules qui se multiplient, une vilaine peau, des spasmolytiques inefficaces, une inattention malheureuse ou une chute inopinée. Le hasard devrait les intéresser, mais ont de la peine à se faire à l'absurdité. Surtout quand elle se relativise.

C'est vrai qu'elle est crétine, l'absurdité. Pure, limpide, glaciale. On voudrait s'en débarrasser, mais qu'est-ce qu'elle colle. Comme fixer l’horizon. En pensant que.

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