09/03/2012

Pourquoi Eric Stauffer n'accédera pas aujourd'hui au Conseil d'Etat

_42595_Eric_Stauffer.jpgPolaroïd 19 : 52

Pourquoi Eric Stauffer ne caressera demain pas le fauteuil de conseiller d'Etat?

C'est une question de journaliste. C'est une question à laquelle la teneur des réponses avancées sont de facto manichéennes. Deux options. La honte et le discrédit. Ou les remerciements avec les lauriers et les tapes amicales dans le dos. Dans les deux cas, c'est une erreur. Qu'importe.

La question est apparue, somme toute assez de manière fortuite, à l'issue d'un repas dans un établissement relativement discret au sein d'un quartier populaire de la rive droite où se réunissait ce soir-là, par l'un de ces hasards que l'on abhorre, le bureau du Grand Conseil.

Pierre Maudet venait alors de déclarer sa flamme à la presse, sans oser critiquer, ne serait-ce qu'un cheveu populiste ou agrarien, ni même expulser dans un courage sans faillle, un seul nom. (C'est vrai, une voix est une voix. Ne nous fâchons pas.) Le bougre avait réussi à convaincre. En étant simultanément un candidat de "rupture", tout en prétextant le contraire. Conférence de presse, lumière, caméras, discours et effet d'annonce. Une réussite? Probable. Voire "certaine", disent les commentateurs. Surtout en vue de ceux qui se sont adonnés à l'art de l'attente, du mutisme, des négociations, des garanties. Une erreur. Se faire désirer en politique en est une. On décide, on contrôle. Surtout vis-à-vis de son propre président de Partei.

Bref. Les uns évincés, les autres battus d'avance, subsistait asthmatiquement la question de savoir: Eric Stauffer sera-t-il un jour conseiller d'Etat? "Un vote de rupture", prédit le président omnipotent du MCG. La rupture? Il se trompe. Enfin, je le pense (et Diable sait que je peux me fourvoyer). "Les gens en ont marre des magouilles, des connivences, du copinage, des lâches, des... et des...  et des...", lance-t-il. Certes, d'accord. Mais pas suffisant.

Les électeurs voteront pour la figure du père, de la mère, du rassembleur, de l'apaisante nourricière. L'apaisement contre les tumultes de la rage, le contrôle contre la hardiesse, les lignes contre l'opposition. "La dignité, Monsieur, la dignité", s'exhortent-ils à expulser.

Se trompent-ils? Non. Surtout contre ceux qui estiment que le lancer de verre d'eau est un épiphénomène. Il ne l'est pas. Aujourd'hui. La mode ne joue pas en sa faveur.

20:59 Publié dans Politique | Lien permanent |  Facebook