27/02/2012

Si c'est sûrement l'échec du doute, c'est surtout l'échec du silence

pic.jpgPolaroïd 23 : 17

C'est la grande messe humaine. Les bras se lèvent et les mains s'effleurent. Les corps et les langues se sont mélangés pour le meilleur comme pour le pire. L'abattage, disent aujourd'hui certains. Les mêmes qui n'auront jamais daigné prendre les armes et les autres qui vous le rappellent vivement. J'aimerais croire que c'est la victoire de quelque chose, alors que ce n'est que le reflet d'une autre: la copulation. Ultime et incestueuse comme le veut tout rapport entre membres de la même espèce. Celles de toutes les opinions, de toutes les rumeurs générées par un vieux fantasme de cabinet. Pire encore, c'est la suprématie des commentaires, véritables machines à bave, mais véridique exutoire, à remplacer les prostituées comme soupape sociale.

La consécration du 2.0. et des blogs, des groupes formés sur les réseaux sociaux. Les réseaux de soutien, de haine et ceux d'humour. Animés par ceux qui semblent plus intéressés par le clic, par le nombre d'adresses IP et le nombre de gloses que par les actes. Ceux qui vous insultent au lieu d'agir. Ceux qui hurlent à la sacro sainte morale alors qu'ils n'arrivent ni à expulser des syllabes ni des lignes. De trams, de prose ou d'autres. Qu'ils m'insultent ni changent rien. Ils disent. Je fais. Aussi mais surtout.

Ils avouent ne pas juger, mais parlent tous. Pire encore, ils ont des opinions. Qui ne valent que ce qu'elles dénotent. Une opinion. Celle qui devrait rester au comptoir ou prendre corps dans l'action.

En fait, si c'est sûrement l'échec du doute, c'est surtout l'échec du silence. En attestent ces présentes lignes.

23:47 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook