03/02/2012

Se faire avoir

pic.jpgPolaroïd 00 : 30

Deux ou trois mots lancés en l'air comme un claquement de fouet. Quelques battements de cils. Un ton. Un brin de voix. Une remarque insolite. On n'est jamais autant séduit que par soi-même. La séduction est imparable, quand c'est l'autre qui s'auto-affectionne. C'est l'économie de la suffisance et de la performance. Suffit-il de livrer le colis, à la bonne destination. Suffit-il de faire germer la graine. Faire semblant? Un plus. Le mensonge du trou, le mensonge du manque, le mensonge du but et de la cible. Qu'importe l'autre, il faut avoir. Posséder est un peu léger. Aimer est une aberration. Aimer est une faiblesse non assumée. Qu'importe les morales, les formes vindicatives et les déclarations.

Et puis on se fait avoir.

Prévoir la porte de sortie, éviter les voies sans issues. La fébrilité est contrôlée, les faiblesses? Tuent. Lorsqu'il faut expulser des syllabes, on se tait tout autant, tétanisé par la peur de la faillibilité. Il faudrait dire, pourtant on se tait. Parce que terriblement rassurant. Aucune chance de se faire avoir. Mais surtout "aucune" tout court.

On aimerait se noyer dans la froide crudité, se pourlécher de l'imperfection pour enfin être nu. On aligne pourtant toujours les mots. Paravents utilitaires. Et lorsque l'on voudrait crier, ne sortent que des amalgames moelleux de phonèmes. Adipeux. Conformes au courage.

00:59 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Aimer est une faiblesse non assumée? Et puis on se fait avoir?
Difficile à démêler les fils.
Mensonge ou incertitude?

Écrit par : Nina | 03/02/2012

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