27/01/2012

Expulser des syllabes tant le silence est insupportable

pic.jpgPolaroïd 00 : 14

Il faut alimenter la machine à dire. Expulser des syllabes tant le silence est insupportable. L'occasion de briller alors qu'il faudrait se taire. L'occasion de mentir alors qu'il suffirait de clore ses lèvres. Ceux-là mêmes qui s'offusquent du traitement que leur servent les médias alors qu'ils battent la campagne en répandant à tout va qu'on les conspue. Ceux-là mêmes qui devraient se réjouir que personne ne s'occupe d'eux, mais qui pourtant vous le reproche. Ils aiment trop la lumière. Mais la leur. La belle, l'éclairante. Sans les ombres ni les rides. Sans les miroirs de l'aube.

La complaisance est objective, la critique est toujours orientée. "On me veut du mal", gémissent-ils avant de vous regarder de leurs yeux embués et de leur profond sens de la trahison. Amusant lorsque ce sont les premiers à sortir les dagues et leur langue fourchue.

Il faut toujours s'allier d'une relative amitié avec ceux dont la langue ne pend jamais, ou ceux pour qui l'espace auditif doit être clairsemé. Quant aux autres, rien qu'à regarder la poisseuse crasse de leur clavier téléphonique ou des infimes particules épidermiques sur un écouteur suffit à comprendre. Tout ce qui sera dit sera retenu contre vous.

Chez eux, le crachat est un réflexe. Il faut alimenter la machine à dire. Expulser des syllabes tant le silence est insupportable. On devrait détester. On a pourtant pitié. Tant bien même qu'ils vous saluent, alignant une rangée parfaite de dents blanches. Peroxydées.

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