20/01/2012

Le fumet de la fin

pic-2.jpgPolaroïd 02 : 15

Quelle angoissante effluve quand on s'efforce de ne pas l'humer. Même si, contre toute rationalité, sommes-nous obligés de la ressentir. A corps et à chairs défendants? Jamais. L'arôme anciennement enivrant qui se transforme un lourd défilé de Polaroïds aux couleurs fanées. L'odeur jadis des certitudes remplacée subrepticement par la saveur des "si" et des "je le savais". La septicémie soudaine qui remplace les "un jour" par "aujourd'hui".

Il n'y a qu'une certitude, celle-là même considérée à tort comme impie, le désir. Le désir d'elle, de lui, de l'autre ou de l'ailleurs. Celui qui cause la perte, qui enflamme les épidermes, qui engendre les deuils, les fins et les remords. La pesanteur des chapitres qui se tournent, les livres que l'on replace dans la bibliothèque. L'angoisse d'y mettre un terme, parce que personne ne croit plus aux renouveaux. Ni aux erreurs. Le pardon est vulgaire. Les doutes? Bannis.

Il faut assumer, la colonne vertébrale est rigide, la posture est droite. Et dans un processus bien connu de cicatrisation, il n'est plus question de comprendre. Il est question de mentir. A soi-même dans un exercice totalement schizophrénique de justification a posteriori de ses actes. Pour certains, ce n'est que la victoire de la rationalité, pour d'autres? La fatalité, le destin; alors que ce n'est que la fin. Abrupte et sèche, injuste et froide, mais surtout terriblement vraie.

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