18/01/2012

Le devoir d'exemplarité ou le royaume des hypocrites

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On croit rêver. Le retour de la morale incarnée charnellement, dans ce que certains s'amusent à sortir de leur tiroir de circonstance: le devoir d'exemplarité. Plus hypocrite, tu meurs. L'exemple, c'est quoi? Une femme qu'on chérit, des enfants blondinets et des sorties au grand théâtre? Des positions itérativement répétées de missionnaire et des consommations modérées d'alcool? La course à pied au petit matin, les légumes à midi et un lavement le soir? Fil dentaire après repas, et lecture de Gibran ou de Levy au coucher.

Non. Il suffit de regarder. Les cravates alignés dans la plus digne des verticalités cachent des auréoles nauséabondes sous des aisselles détrempées. Les cachets mentholés ne font office que de paravent aux haleines éthanolées. Sans évoquer l'horizontalité des traits sur des miroirs lustrés, ni les tentatives poisseuses de membres préhensibles sur des postérieurs bombés.

On croirait les voir brandir des crucifix de la main gauche, le texte saint de la droite, les cornes cachées sous une prothèse capillaire et la queue poilue réfugiée sous un imperméable sombre.

Allez, soyez honnêtes. Le vrai devoir d'exemplarité que vous jetez en public en vous léchant la lèvre supérieure, ce n'est que pour mieux dire : "Faites n'importe quoi, mais que cela ne se sache jamais." Ainsi, on ne pourra plus vous taxer d'ignobles hypocrites. C'est déjà ça.

Commentaires

Le royaume des hypocrites. Vraisemblablement. Mais probablement pas pour les raisons que vous évoquez.

Il ne m'apparaît en effet pas totalement illégitime d'exiger d'un Conseiller d'Etat un minimum d'élégance. Pas au nom de la morale, mais parce que chacun sait que cela figure dans son cahier des tâches. Il est possible d'être en désaccord avec cela, mais c'est ainsi et cela n'a rien à voir avec la nécessaire préservation de la vie privée des personnes publiques

Ce qui choque dans le cas particulier, c'est que les reproches formulés à Mark Muller ne sont qu'un prétexte pour le contraindre à démissionner.
Un prétexte pour son parti qui ne l'a pas soutenu ces derniers mois et qui n'a jamais osé prendre une position claire sur les projets qu'il défend. Qui sait, par exemple, quelle est la position du PLR sur le projet de plan directeur cantonal ?
Un prétexte pour les médias parce que l'épisode de l'empoignade est plus "vendeur" que l'examen, même critique, de la politique qu'il mène et la manière dont il la pratique.
Un prétexte pour le Conseil d'Etat qui a échoué dans ses objectifs de Saint-Pierre, qui n'a pas pris ses responsabilités lors de la répartition des départements et qui est aujourd'hui totalement désuni

Écrit par : Cyril Aellen | 18/01/2012

Gothique en décembre, l'Olivier est (un brin) acide en janvier! Vivement février...

Écrit par : Bertinat | 18/01/2012

"L'exemple, c'est quoi? Une femme qu'on chérit, des enfants blondinets et des sorties au grand théâtre? Des positions itérativement répétées de missionnaire et des consommations modérées d'alcool? La course à pied au petit matin, les légumes à midi et un lavement le soir?"

La rédaction en chef lit-elle vos billets ?

Écrit par : pellet | 18/01/2012

@Cyril Aellen: J'aime votre théorie du "prétexte". Mais tel n'était pas le dessein de mes propos. C'est juste que cette chape de morale - dont s'enduisent certains politiques offusqués - a le dont de m'irriter. J'aimerais pouvoir vous donner des noms de quelques hommes et femmes politiques dont le comportement est peu exemplaire.

@Eric Bertinat: Février sera résolument un mois de bourgeonnement. Je serai donc romantique.

@Pellet: Il s'agit comme vous l'aurez constaté d'un blog, et non d'un article version papier, ce qui permet d'adopter un ton plus léger et personnel. Ceci étant dit, je crains ne pas comprendre le sens de votre question, sauf si bien évidemment, mes "exemples" vous semblent déplacés et vulgaires. Je tiens enfin à vous rappeler que le contenu de ce blog n'implique en aucun cas la Tribune de Genève.
Bien à vous, Olivier Francey

Écrit par : Olivier Francey | 18/01/2012

@Olivier Francey: J'avais bien perçu votre irritation. Je la comprends. Vous n'avez néanmoins pas besoin de me donner de noms: les comportements privés des hommes et femmes politiques ne m'intéressent absolument pas.

Écrit par : Cyril Aellen | 18/01/2012

@ Cyril Aellen. D'où l'utilisation du conditionnel.

Écrit par : Olivier Francey | 18/01/2012

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