14/01/2012

La vraie affaire de Mark Muller ou comment prendre des vessies pour des lanternes

7468023-trois-lanternes-chinoises-physalis-alkekengi-cherry-de-la-vessie-lanterne-japonais-ou-hiver-cherry.jpgPolaroïd 21 : 58

La vraie affaire de Mark Muller.

Que le conseiller d'Etat se batte, s'empoigne, s'enlace ou ni l'un ni l'autre relève du domaine privé pour autant que cela n'influe pas sur la vie politique. Point final. Des querelles de fin de soirée, il y en a des tonnes, on n'en fait pas tout un plat. Cette affaire met-elle en danger la capacité de Mark Muller à diriger son département? Non. Quant à la manière dont il le dirige, c'est une autre question.

La vraie affaire, bien moins croustillante mais beaucoup plus problématique, est ailleurs.

Rappelons que suite au futur projet d'écoquartier du MàD, l'établissement est censé trouver avec la Ville et/où l'Etat une solution de relogement. Une solution dont l'issue pourrait être favorable ou funeste selon les décisions du magistrat. Que le conseiller d'Etat ait des amis? Tant mieux. Qu'ils soient socialistes, radicaux ou agrariens, ou même qu'il s'agisse d'Eric Stauffer, qu'importe.

Les questions sont simples. Mark Muller aurait-il du se dessaisir du dossier immédiatement au premier janvier, après que l'altercation ait eu lieu? L'amitié entre une employée et le conseiller d'Etat était-elle appropriée alors que le magistrat empoignait la question du relogement de ce même établissement?

Je sais que les affaires de toilettes sont nettement plus alléchantes que les autres, mais de grâce, intéressons-nous à l'essentiel. Parce que c'est ça, la vraie affaire Mark Muller.

Commentaires

Au contraire de vous, je considère qu'un magistrat doit savoir se tenir, car à chaque instant de son mandat, en particulier lorsqu'il est dans un lieu public et que cela lui plaise ou non, il porte son étiquette de magistrat.


Tout ce que j'ai pu lire c'est qu'une des ses amies a été insultées, poussée et frappée par le barman; sans aucune référence à un quelconque lien professionnel entre celle-ci et le MàD.

S'il y a eu conflit d'intérêt, Muller est dans de sales draps vu tout ce qui précède, et lire une telle déclaration de sa part : "J’ai péché par naïveté. J’ai pensé que l’affaire en resterait là." me laisse penser qu'il se comporte comme une sainte-nitouche. Comme si en 2011 on ne lui a rien reproché de sérieux. J'espère vraiment qu'il sera débraqué avec Rochat l'an prochain.

Écrit par : Patrick | 14/01/2012

Une procédure de "recall" doit absolument être mise en place dans la constitution.

Écrit par : Johann | 15/01/2012

Mark Muller est un mec, un vrai, qui a des couilles ! Bravo !

Écrit par : Victor Winteregg | 15/01/2012

Un autre aspect de l'affaire pose problème. Si j'ai bien compris une interview qu'il a accordée à un journal, il se trouvait dans les toilettes du personnel de la boîte avec son amie, pour ne pas attendre dans une file aux toilettes ordinaires du MàD. Son amie lui aurait réservé ce traitement VIP vu sa qualité de Conseiller d'Etat (au demeurant chargé du relogement du MàD) et l'aurait escorté dans les WC du personnel pour que celui-ci ne soit pas étonné.

On y croit ou on n'y croit pas.

Mais, à supposer que ce fût vrai, on se trouve alors dans une affaire d'avantage obtenu en raison de sa fonction. Et c'est grave, même si ce vespasien avantage est minuscule, il constitue néanmoins un pisse, pardon, un passe-droit.

Écrit par : Henri Martin-Chappuis | 15/01/2012

«on se trouve alors dans une affaire d'avantage obtenu en raison de sa fonction.»

Mais on rêve! On est sur quelle planète?

Ya toujours eu des avantages en raison du rang et de la fonction. On découvre ça aujourd'hui pour accabler quelqu'un.
À supposer que le pape débarque au MàD et qu'il ait soudain un besoin pressant. Le laisserait-on faire la queue dans une file? Idem pour le Dalaï Lama ou la Présidente de la confédération.

Bon, MM n'est pas le pape mais c'est tout-de-même un ministre de la République. Et un barman sous quel prétexte que ce soit n'a pas à invectiver un ministre de la République.

À l'avenir, je conseillerais à tous les Mark Muller de se déplacer (même en privé) avec huissier ou garde du corps. Comme-ça le problème de "castagne" serait légalement délégué.
Ce n'est qu'en Suisse que les ministres doivent affronter les quolibets, rancoeurs et jalousies à mains nues.

Cette histoire est emblématique au manque de respect toujours croissant que certains manifestent envers l'autorité.

Maintenant, si d'aucuns veulent déboulonner M. Müller ou Mme Rochat pour leurs actions ou inactions politiques, qu'ils le fassent par la voie démocratique.

Écrit par : petard | 15/01/2012

@petard
Les exemples que vous donnez montrent bien que, dans le cas Mark Müller, il y a eu avantage obtenu au vu de sa fonction.

Ni le Saint Père ni le Dalaï Lama ni Doris Leuthard ne sont en charge d'un dossier concernant le MàD.

Par ailleurs, quand vous affirmez : "Cette histoire est emblématique au manque de respect toujours croissant que certains manifestent envers l'autorité." Je dirais plutôt qu'elle montre au contraire le manque de respectabilité affiché par certains membres d'autorités. Mark Müller a eu un comportement indigne de sa fonction, qu'il ait eu tort ou raison sur le fond, en se colletant avec un barman dans une boîte de nuit. Je peux vous assurer que cela n'arriverait ni au pape ni au Dalaï Lama ni à Mme Leuthard. Et en démocratie, l'autorité ne jouit pas d'une toute-puissance royale, chacun peut critiquer ses membres qui se montrent indignes de leurs fonctions, où ils ont été élus en se vantant de peur respectabilité.

Écrit par : Henri Martin-Chappuis | 15/01/2012

Ce n'est pas là la question. Petard a raison, et Henri Martin etc.. etc machin machine Chappuis, a aussi raison. la question est que le bon sens de base est parti. Alors on est chef de la BNS et on spécule sur le dollar, on est conseiller d'état et on va boire des coups à 5h le matin dans une boîte de nuit. Plus de repères. Bientôt le chef du DMS prendra des actions dans la boîte de construction des chasseurs de combat qu'il s'apprête à choisir et pensera que c'est normal, le chef de l'Intérieur investira dans les bordels parce qu'il s'apprête à les libéraliser, etc...
Les Suisses sont gentils, mais un peu cons, il faut bien l'avouer...
Un peu beaucoup.

Écrit par : Géo | 15/01/2012

@Henri Martin-Chappuis

J'ai vraiment de la peine à vous suivre...

Je n'ai pas dit qu'il n'avait pas profité d'un "avantage". Mais si l'AVANTAGE pour un ministre de la République, d'aller soulager un besoin pressant dans les WC privés d'un établissement public, plutôt que de faire la queue comme M. Toulemonde devant les WC publics relève de la corruption... on est bien barré dans ce pays! Il devait se pisser au froc le ministre?

Et qu'il soit en charge du dossier du MàD, mais qu'est-ce que ça peut bien faire?

«Mark Müller a eu un comportement indigne de sa fonction»

Il aurait dû se laisser casser la gueule par le barman, c'est ça!

On est pas sorti de l'auberge, avec cette mentalité. Pas étonnant que dans ce coin de Suisse romande il ne se passe pas une semaine sans une attaque à main armée.

Jusque à preuve du contraire, ce n'est pas Mark Muller qui a "tiré" le premier.

Écrit par : petard | 15/01/2012

Ce que j'adore dans tout ce chenil c'est que, comme d'habitude, tout le monde se permet de pérorer et d'y aller de son avis alors que personne ne sait vraiment ce qu'il s'est passé...
Si Mark Muller doit démissionner - ce que je souhaite - c'est parce qu'il s'entête à mener une mauvaise politique... Une politique exécrable devrais-je dire d'ailleurs.
Les petits "père-la-vertu" eux, devraient nous lâcher la grappe avec leur politiquement correct à la noix.
:-)

Écrit par : pierre gauthier | 16/01/2012

Un conseiller d'Etat, qui président ce même Conseil en 2010, qui commence l'année 2012 en se battant dans un établissement public, n'est selon notre cher journaliste O. Francey, pas "une vraie affaire" en soi. Et bien, qu'est-ce que sera une "vraie" affaire...

Écrit par : Julien Cart | 16/01/2012

C'est vrai, un conseiller d'état avec les deux bras dans le plâtre est bien obligé de se faire accompagner au WC. Faut pas en faire une histoire et exagérer...on est é Genève, ne l'oublions pas.

Écrit par : schtroumpf coquin | 16/01/2012

Nos ligues de vertu locales sont décidément enragées sur cette microscopique histoire... "La morale, dernier recours de la bêtise", disait Nietzsche.

Écrit par : Yves SCHELLER | 17/01/2012

Quelle tempête dans un verre d'eau.
Pour moi le vrai problème c'est d'avoir appris cette histoire, il y a encore pas si longtemps quand les journalistes avaient un tant soi peu de raison, de pudeur et d'éthique, personne n'en aurait parlé et cela aurait été très bien comme ça. La transparence absolue, c'est l'arme des moralistes qui, bien entendu, sont eux parfaits. Comme si on pouvait vraiment demander à nos hommes politiques d'avoir en plus de leur compétence une vie privée exemplaire. Ben voyons !
Mais bon, c'est tellement bon de juger nos pairs, on se sent tellement meilleurs après….
Ceci dit, je pense aussi que Mark Muller le politicien est une des plus grande erreur de casting du PLR depuis bien longtemps mais ça c’est une toute autre histoire….

Écrit par : Vincent | 17/01/2012

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