02/01/2012

Les bêtes et autres mammifères politiques

3091322044066.jpgPolaroïd 22 : 54

J'apprécie les hommes et les femmes politiques. Pour leur courage parfois, pour leurs adultères aussi, pour leur mauvaise foi, pour leur obstination, pour leur mensonge qui le rendent si familiers, pour leur intelligence ou pour leur bêtise incommensurable.

Aujourd'hui sur la RTS lors de l'émission Forum, quelle ne fut pas ma joie que d'ouïr le débat suivant: "La libre circulation, le sujet qui va enflammer la politique suisse en 2012?" N'est-ce pas jouissif de lire Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse, dans la SonntagsZeitung qui revendique le droit de thématiser la "libre circulation"? On se rappelle presque ce même parti revendiquer le droit de parler d'insécurité. C'est vrai qu'électoralement parlant, cela devient difficile de passer à côté, non? Aujourd'hui, difficile de trouver un homme politique pour la défendre, la libre circulation. Bon d'accord, "pas de préférence cantonale", dira un conseiller d'Etat radical, pas d'illégalité avec les accords de Schengen-Dublin, pas de nationalisme, pas de suivisme populiste. "Du bon sens", disent-ils en choeur. D'accord, je ne suis pas juriste.

Il n'y a plus personne. Aucun pour nous dire combien la Suisse a bien profité de la libre circulation des personnes, aucun pour nous dire qu'on en a bien profité lorsque tout allait bien. Aucun patron pour nous dire qu'à compétence égale, il engage un employé moins onéreux. Aucun pour nous dire qu'il faudrait être crétin pour ne pas le faire. Cela frise la schizophrénie. Délicieuse période de repli. Il n'y a pas de problème de libre circulation, juste des mesure d'accompagnement qu'il faut utiliser à bon escient.

Il faut "requalifier" les chômeurs. Ah? Parce qu'avant non? Non. Parce qu'avant, ça allait bien. Parce qu'en période prospère, cela n'a aucune sorte d'importance.

J'apprécie les hommes et les femmes politiques. Pour leur courage parfois, pour leurs adultères aussi, pour leur mauvaise foi, pour leur obstination, pour leur mensonge qui le rendent si familiers, pour leur intelligence ou pour leur bêtise incommensurable. Je préfère malheureusement toujours ceux qui suivent leur conviction à ceux qui suivent le vent.

Commentaires

et vous, que suivez-vous ?

Écrit par : Julien Cart | 03/01/2012

Monsieur Cart,

Je suis avec intérêt les conseillers municipaux qui prennent la parole, ce qui est encore la fonction première d'un homme politique. Je m'amuse aussi de constater que vous prenez du plaisir à critiquer simultanément le journal dans lequel je travaille, et les "journalistes" en vous demandant s'ils le sont encore.

Par contre quand il s'agit de s'indigner de la nouvelle place qu'occupent les blogs de ce même quotidien, vous êtes le premier. Qui des deux suit le vent?

Bonne année Monsieur Cart. En espérant qu'elle soit riche et prometteuse pour vous.

Bien à vous, Olivier Francey.

Écrit par : Olivier Francey | 03/01/2012

Les commentaires sont fermés.