08/12/2011

C'est l'heure des comptes

pic.jpgPolaroïd 12 : 28

C'est l'heure de l'existence médiatique, c'est l'heure d'exister un peu tout court. Son nom quelque part, mieux s'il est imprimé à l'encre. Pas pire si l'encre est numérique. La qualité se mesure en adresses uniques. Mieux encore, en initiales. IP. Pire, en chiffres décodés par un robot. L'unicité mesurée au nombre de gens connus est révolue. Place à l'existence éphémère. Celle des sondages, celle des amis, celle du réseau.

C'est la victoire de l'existence à tout prix, c'est l'heure de l'intégration virtuelle. L'information avant les autres, et qu'importe le contenu tant qu'il est avalé par ses congénères. Qu'importe les faits tant qu'on avale. "Merci de les recracher", s'adonnent-ils à fantasmer. La présence, l'occupation par peur de disparaître de la toile. Sacrifice de l'un d'eux pour des centaines d'autres.

Pourtant certains résistent toujours à l'occasion d'expulser des phonèmes. Certains s'excusent, d'autres raccrochent après s'être vautrés dans de vaseuses mélopées. Une minorité d'entre eux se taisent. Ceux-là mêmes asthmatiquement anachroniques qui imposent le respect, malgré la haine éphémère inspirée. Pour cette seule raison. Comment ne pas les apprécier? Ceux qui choisissent l'ombre. Non pas parce que la lumière est absente, mais parce qu'elle n'est pas légitime.

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