02/12/2011

C'est la langue râpeuse de la rumeur

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C'est la langue râpeuse de la rumeur. Onctueuse caresse salée, juste assez salissante. Qu'est-ce qu'on aime s'en délecter en se pourléchant d'humides babines retroussées. Inlassable sensation lorsqu'on lèche. Moins quand on est léché. On tente bien, d'un geste maladroitement innervé de s'en débarrasser. On ne fait qu'étaler la crasse sur ses joues joufflues.

La rumeur comme réponse à ce qu'ils cachent, mais surtout à ce qu'on ne comprend pas. La rumeur, parfois témoin jaloux d'une existence qui consiste en une succession de vides et de draps abandonnés à la froideur du matin. Comme elle, on imagine que la chaleur du lit n'est pas le fruit d'une auto-combustion, mais bien de celui ou celle qui nous a quitté. "Il n'y a pas d'amour sans corps", pense-t-elle légèrement décoiffée. "Aussi absurde que l'odeur des vapeurs de l'aube", murmure-t-il en refermant la porte de son appartement. Et pour cause, il ne la reverra pas.

Perfide persiflage d'alcôves ou putride épitaphe de cabinet. Se glisse lentement entre les syllabes ou les vers, s'incarne dans des yeux levés au ciel ou des interprétations de silences. Entre les notes et les chaires. Exaltante sensation à en être le témoin, mieux si on le passe.

Et puis, au petit matin, la langue se fait pâteuse cognant maladroitement contre les parois d'une cavité asséchée. On décide alors de l'embrasser goulûment jusqu'à ce que cela dégouline. Ainsi nous voilà rassasié. Amen.

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