15/11/2011

De l'erreur de penser qu'il s'agit de préférer

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Je m'étonne des propos tenus par le magistrat en charge de la Solidarité et de l'Emploi, en page 6 du Temps (15 novembre 2011). Pas de tous, non. Juste quelques mots. A la question de savoir s'il était "étrange" qu'un exécutif favorable à la libre circulation puisse avoir "appelé ce printemps à une préférence cantonale à l'embauche", le Conseiller d'Etat rétorque: "nous n'avons jamais utilisé une telle expression et avons toujours soutenu la libre circulation".

Que l'homme n'ait jamais susurré l'abject alignement de ces mots? Soit. Qu'il n'ait jamais accolé les termes "préférence" et "cantonale"? D'accord. Qu'il exprime son dégoût pour cette union contre-nature aux médias. Bien.

Mais que signifie alors l'alignement suivant: "Nous voulons éviter que des cas comme l’engagement de nombreux frontaliers par la Fondation des parkings ne se reproduisent" ? Que doit-on comprendre par: "Quant à l’Etat, depuis juillet, aucune demande de permis n’est sollicitée sans la preuve qu’aucun chômeur ne correspond au profil" ? Ou "Avant d’engager de l’autre côté du continent, il faut avoir le réflexe de vérifier si des chômeurs peuvent répondre aux besoins"?

Si ce n'est qu'à compétence égale, on engagera un genevois? Non. Vous n'avez jamais utilisé une telle expression.

J'implore donc votre miséricorde. Une erreur de syntaxe, un alignement fallacieux et une abominable copulation sémantique m'auront fourvoyé. Comme d'autres, comme la Tribune, le Courrier, le GHI, Léman Bleu, la communauté genevoise d'action syndicale, la fédération des entreprises romandes. Maudits soient-ils!

Commentaires

Mais pour une fois que M. Longchamp a quelques bonnes idées, pourquoi lui chercher noise, M. Francey ? N'est-ce pas logique qu'une communauté accorde, en priorité, un emploi et un revenu à celles et ceux qui la financent par l'impôt, animent sa vie sociale et dépensent leur avoir sur place en faisant vivre leurs concitoyens ? Voulez-vous encore plus de trafic, de pendulaires, de pollution et... de chômage à Genève ? Quelle est la logique de "claquer" 1.5 mia pour faciliter encore plus l'afflux de cette main-d'oeuvre qui de toutes façons a un avantage concurrentiel par rapport aux genevois (loyers énormément moins élevés, taux de change favorable, etc.) et induit ainsi une sous-enchère salariale ? Le titre du "Temps" de hier était évocateur : "Lausanne-Annemasse sans changer de train" Les vaudois vont apprécier... Mais bien sûr, ce n'est pas "politiquement correct", sauf pour le MCG, de tenir de tels propos. On pourrait juste reprocher à M. Longchamp de ne pas avoir le courage d'affirmer haut et fort que les mesures d'accompagnement des bilatérales étaient insuffisantes pour protéger la main-d'oeuvre indigène et qu'en attendant qu'elles soient adaptées, une protection de "préférence nationale" s'impose, non ?

Écrit par : Alain | 16/11/2011

Inventons un parfum: "Préférence". De la main droite, vaporisons-nous. De la gauche, bouchons-nous le nez.

Écrit par : Pascal Décaillet | 16/11/2011

Face à une hausse alarmante du taux de chômage, ne tenons pas rigueur à François Longchamp, soit au Conseil d'Etat in corpore, de recommander - un peu tardivement il est vrai - aux administrations publiques d'engager en priorité des chômeurs inscrits à Genève, car il n'existe aucune administration publique voisine française qui daigne engager un Suisse. Continuer à engager à tour de bras des non-résidents au lieu de chômeurs est tout simplement irresponsable. Malgré les bonnes intentions de François Longchamp, certaines administrations continuent inlassablement à écarter les candidatures de chômeurs pour favoriser le copinage provenant de France ou de Navarre. Les chômeurs en paient le prix fort, mais qui paiera les pôts cassés lorsque la machine sera grippée ?

Écrit par : Aurélien | 17/11/2011

Faites ce que je pense qu'il faut faire sans que je puisse ouvertement vous dire de le faire. Voilà la démarche de celui qui est coincé entre des obligations internationales et la réalité locale.

Écrit par : CEDH | 17/11/2011

@Aurélien
Le problème c'est que cette idée ne provient pas de M. Longchamp. Qu'il tente de se l'accaparer en ergotant sur les mots est en effet assez déplaisant.

Écrit par : Andres Gomez | 18/11/2011

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