28/10/2011

Cet horrible réseau social.

67861697.jpgPolaroïd 19 : 47

Cet horrible réseau social. Qui n'a de social que l'apparence, le corset. Sitôt ôté, ne subsiste que des os pointus s'extirpant maladroitement de chairs nues, mués par l'extension de deux sacs spongieux atrophiés. L'attirance n'est que plus forte lorsqu'elle était cachée, soumise aux tentations de l'imagination. Fétichiste existence numérique, mais surtout numéraire, qui s'accomplit dans la plus abominable des caresses, celles de touches plastifiées. Elles auront, elles, au moins, remplacé le latex.

Dans un bruit assourdissant, les pupilles avalent sans déglutir, les réponses se font pauvres en quelques mouvements disgracieux de phalanges arthrosées, le champ lexical se résume à des cliques et des ''pokes''. L'image est sous contrôle. La plastique? Irréprochable.

Elle se gargarise des dernières rumeurs, tout en pinçant ses lèvres lorsqu'elle sauvegarde les photos de vacances de son ex petit ami. Croise les doigts lorsqu'il s'agit de partager son humeur aux centaines d'amis. Ceux-là mêmes qui avouent, à demi mots, qu'elle a pris du poids. Qu'importe, elle ne les voit plus.

Elle n'y voyait qu'une gigantesque partouze 2.0. rassurante. Ce n'est juste que la victoire de l'onanisme. Elle s'en rappelle parfois, lorsque, éprise de douleur, genoux dénudés à même le sol glacial de la cuisine, elle n'arrive pas à composer une seule combinaison de chiffres sur son téléphone.

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