10/10/2011

L'étrange prestation d'Isabel Rochat.

sarah-palin-palm-video.jpgPolaroïd 09 : 42

Etrange prestation que nous a livrée Isabel Rochat, hier soir, sur le plateau du 19:30 de la TSR. Invitée à commenter (notamment) le coût du renvoi des étrangers dans leurs pays, la Conseillère d'Etat en charge de la Sécurité et de la Police est apparue effrayée à l'idée de prendre la parole. Discours hésitant, réponses courtes, à en croire qu'il s'agit là, d'une technique pour éviter les bévues. C'est vrai, pour sa défense, l'exercice n'est pas facile, surtout quand on pense à la terreur que semble susciter la pupille de la caméra et l'adrénaline du direct chez la magistrate.

Sur l'interview lui-même, aucunes réponses apportées. Les ''vols spéciaux'' sont-ils inhumains? Isabel Rochat n'y répondra pas, aussi simplement que la question ne lui sera pas adressée. Pour l'anecdote, la TdG avait enquêté sur les renvois forcés à Cointrin (ici), il était apparu alors que le DSPE (donc Isabel Rochat?) n'avait même pas connaissance du nombre exact de vols à départ de Genève. Efficacité de la procédure? La libérale évoquera l'idée que ''la sécurité n'a pas de prix'', en précisant (sans chiffres) qu'un renvoi coûte moins cher à la société que la simple présence d'un ''étranger'' (ah bon?) sur notre territoire, sans pour autant nous donner le montant total du coût du renvoi de ces individus.

En clair, hier soir, à 19h35, je ne savais toujours pas qui étaient ces étrangers en attente de renvoi. Ont-ils été condamnés? Quelle proportion d'entre eux a commis des actes criminelles? Quelle est la durée moyenne de détention administrative par individu? Qui paie? Combien? Ces vols spéciaux sont-ils efficaces, si oui, sur quels critères?

Enfin, plus grave encore: avoir plus de questions que de réponses après 5 minutes et 19 secondes de reportage et d'entretien. Sans compter cette désagréable impression que notre ministre maîtrisait son sujet, à coup de notes de service ou ''d'antisèches'' calligraphiées au stylo bille Mont-Blanc sur une main tremblante. Ce n'est qu'une impression, je pourrais me tromper.

Commentaires

Il y a, hélas, une inexactitude dans votre texte: Mme Rochat utilise un stylo Watermann. Nous enquêtons pour connaître la marque de l'oreillette.

Écrit par : Pascal Décaillet | 10/10/2011

Merci Monsieur Décaillet pour votre remarque. Selon toute vraisemblance et de source approximative, l'oreillette ainsi incriminée serait fabriquée à Collombey, près d'une raffinerie.

Écrit par : Olivier Francey | 10/10/2011

Effectivement, M. Françey, la prestation de Mme Rochat a été lamentable, voire pitoyable sur le plateau de la TSR. Elle ferait mieux d'éviter les médias à l'avenir, ce serait tout bénéfice pour son parti.

Écrit par : Cramia | 10/10/2011

Et que dire des commentaires concernant la situation du Procureur Général ? le son de ma TV s'est subitement arrêté (un bug)

Écrit par : Blanc | 10/10/2011

Isabelle demande la parole pour ne rien dire ! La speakerine le lui a bien fait comprendre !!!

Écrit par : Corto | 10/10/2011

En fait c'est que font les politiques, mais quand il n'ont pas préparés de réponses hors sujet, c'est ce qui arrive !!!

Écrit par : Corto | 10/10/2011

Sur votre photo, c'est Sarah ? Je crois qu'elle, au moins, a eu la lucidité de de jeter l'éponge.

Les politiciens genevois semblent assez hermétiques à la notion d'autocritique, et incapables d'assumer et de tirer les conséquences de leurs échecs. Manque d'humilité ?

Écrit par : Punica Fides | 10/10/2011

Quel est le rapport avec la photo de Sarah Palin?

Écrit par : Déblogueur | 10/10/2011

Punica, nous sommes dans une ville de banquier, même les juges ne peuvent pas concevoir qu'un banquier puisse avoir tort, alors les silences banquier et politiques font la paire à Genève, l'autre soir j'ai assisté à un rodéo en pleine ville entre une rolls dernier modèle et des flics, le mec devait rouler à 200 km/h, sans blaguer, le lendemain pas un mot nul-part, comme avec les 3 russes qui ont tués un retraité à 300 km/h bourrés !!!

Écrit par : Corto | 10/10/2011

@ Corto
Tandis que si cela avait été un Suisse, il aurait eu un retrait de permis et sa photo dans tous les journaux... Lamentable !!!

Écrit par : Maltese | 11/10/2011

Le poisson pourrit par la tête, dit-on.

Écrit par : Punica Fides | 11/10/2011

Il y a toujours un moment où la vacuité des arguments des journalistes finit par agacer les lecteurs et victimiser les personnes incriminées.

A force de lire votre dégoût pour Mme Rochat, on finit par s'en rapprocher.

Mme Rochat a été élue par le peuple, elle repassera devant celui-ci dans deux ans. Je ne voterai pas pour elle, mais, de grâce, cessez de jouer les petits procureurs de province à chaque micro-événement. Ce faisant vous renvoyez l'image d'un journaleux qui se réjouit par avance de la chute d'une élue du peuple, comme certains spéculateurs devant celle de l'Euro.

Écrit par : krassov | 14/10/2011

@ Krassov: Très Cher Monsieur,

Je comprends fort bien vos arguments. Mais alors que sont censés faire les journalistes, que vous prénommez amicalement les "journaleux"? Doivent-ils se taire en attendant la sentence populaire? J'estime, au contraire, qu'il est important de relever les lacunes de communication d'une Conseillère d'Etat, qui semble souvent ne pas maîtriser ni ses dossiers, ni ses chiffres.

Je n'ai, par ailleurs, aucune forme de dégoût vis-à-vis de Mme Rochat. Je reconnais son courage, sachant qu'aucuns de son propre parti et des plus anciens Conseillers d'Etat, n'ont eu le courage de reprendre le Département.

Je vous concède que relever la prestation de la libérale sur une chaîne nationale pourrait relever d'un micro-événement, raison pour laquelle il existe des blogs. Sauf erreur, pas un seul journaleux n'en aura parlé dans les médias.

Que dire enfin de votre critique quant à la vacuité de mes arguments? Vous ne m'avez fourni les vôtres. J'estime pour ma part avoir donné suffisamment d'arguments et posé les questions auxquelles je n'ai eu aucunes réponses. Faute pouvant être imputée à l'intervieweur? Peut-être.

Très cordialement, Olivier Francey

Écrit par : Olivier Francey | 14/10/2011

@ M. Francey

Qu'elle ne soit pas à l'aise dans la communication n'est pas fondamental au regard des autres facettes de l'exercice de pouvoir.

Prenons un autre élu cantonal, au hasard, M. Hunger.

Attiré par tout ruban d'inauguration, il semble n'exister que par la communication.

Mais après 10 ans d'exercice du pouvoir qu'a-t-il maîtrisé en terme de développement économique? Les Genevois payent-ils moins pour leur assurance maladie? En quoi ses trois mandats ont-ils permis au PDC de décoller éléctoralement?

C'est sur ces points que nous devrions opiner, pas sur la com des candidats et encore moins sur leur niveau de courage. A ce propos, Mme Rochat n'avait pas sa langue dans la poche lorsqu'il s'agissait de justice et police, lors de la campagne interne pour le conseil d'Etat : "il faut-je ferai" répétait-elle. Au PLR, on applaudissait tout en se rongeant les ongles.

J'arrête ici, j'ai mal aux doigts.

Écrit par : krassov | 14/10/2011

Je peux vous répondre sur un point.
Les réfugiés viennent et s'inscrivent à Val Orbe. De là ils sont dispatchés entre les cantons.
En attendant que leur statut soit décidé, ils sont parqués dans des abris. Puis lorsque la décision arrive une lettre leur est adressé pour leur dire quel jour il devront partir avec toutes leurs affaires. Je me suis occupé dans la transmission de ces courriers.
Mais il y a encore autre chose. Les personnes qui peuvent rester mais pas de manière définitive. Des fois certains restent 2 ou 3 ans avant que l'ordre soit donné.
Autant dire que le départ de chez eux s'ils ont un appartement ou de l'abri est assumé par un organisme de fondation privé qui reçoit une subvention de l'état.
Ensuite les étrangers sont remis à la police pour le départ. Le coût du vol je n'en ai aucune idée.

Ce qu'il faut tout de même savoir c'est que Genève exécute un ordre qui vient directement de Berne. Je pense qu'elle a autre chose à faire que de se préoccuper de cela.

Quand vous travaillez dans ce domaine on voit la réalité. Pas celle des journaux. Dans ces réfugiés il y a de tout. Des gens qui ont fuit, des gens menacé de mort, des criminels et des gens qui n'ont rien chez eux et qui essaie de faire vivre leur famille depuis ici. Il y a des gens malade qui ne peuvent pas être soigné chez eux. Et contre toute attente il y a aussi des gens qui vivent en étant diplomate ici et tout du jour au lendemain il y a un coup d'état dans leur pays et ils sont laissés à l'abandon.
Il n'y a pas de généralité il y a plein de cas différents.

Écrit par : plume noire | 18/10/2011

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