03/10/2011

A en croire Sandrine Salerno, je ne suis pas une personne sensée.

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Sandrine Salerno était interrogée hier à Forum sur la question de l'implantation des multinationales à Genève. En fin d'entretien (puisque débat, il n'y pas eu), la question a été posée par ma collègue Nathalie Ducommun, à savoir ''avez-vous demandé à ce chargé de communication de votre département de faire de la propagande politique, d'écrire pour le parti socialiste'' ? La réponse est immédiate: ''clairement non!'', rétorquera la Conseillère administrative.

La socialiste pose alors la question : ''lorsqu'on travaille pour une présidence, une direction de département au niveau politique, dans son activité de communication, existe-t-il un volet de communication politique?''. Sandrine Salerno répond à sa propre question: ''Et bien oui! (...) mais faire de la communication politique pour une magistrate, ce n'est pas encore la même chose que de faire de la communication politique pour un parti. Et cette différence, cette frontière, pour toute personne sensée, elle est claire!''.

Et bien, malheureusement non! Cette différence n'est en tout point pas évidente.

Suis-je si naïf de concevoir que les idées d'un élu sont souvent les mêmes que son propre parti et dès lors, communiquer pour soi, c'est aussi communiquer pour les autres? Que penser de la présence, en période électorale, d'un magistrat de droite dans le calendrier de son département? D'un élu très à gauche qui multiplie les conférences de presse pour attirer l'attention des médias? Ou d'un autre qui réunit une task-force pour alimenter son blog, facebook, et autres twitter?

La question sous-jacente est limpide: quel type de communication peut-on accepter de financer avec l'argent du contribuable?

Soyons clairs, je comprends bien qu'on communique pour dire à quel point notre département est efficace et fantastique, qu'on informe les citoyens des progrès réalisés, ou qu'on souhaite ''se rapprocher des habitants et habitantes de cette ville''. Je comprends fort bien également qu'on engage des collaborateurs de son propre parti pour effectuer des tâches de communication.

Mais dire ''que la frontière entre la communication politique d'un département et la communication politique d'un élu (en campagne) appartenant à un parti, est claire'', est à mon sens, insensée. Comme moi, à en croire Sandrine Salerno hier.

Commentaires

Merci pour ce rappel salutaire de ce qui devrait être une évidence.
A mon sens Mme Salerno, drapée dans son incroyable arrogance, ne se rend même pas compte de ce qu'elle dit. Un peu comme un Mark Muller p.ex.
Notre république est dans de bonnes mains...

Écrit par : AlexT | 03/10/2011

Cher monsieur, vous n'êtes peut-être pas naïf mais faussement innocent de croire que les idées d'un-e- élu-e- sont les mêmes que celles de son parti. Elles se recouvrent, mais se distinguent aussi, voir les forment, et dans le cas de madame Salerno comme des autres conseillers administratifs d'ailleurs que vous citez, il se trouve que ces personnes sont à la fois des hommes et des femmes politiques, des élus, mais aussi des membres d'un exécutif et des militant-e-s, en plus d'autres identités. Il se trouve que ces différentes identités se recoupent. Il y faut de la distinction, clair. Dans le cas de madame Salerno, il faut relever qu'elle n'a jamais demandé à l'un de ses employés de faire de la propagande pour le parti socialiste et fait preuve de cette clarté en sanctionnant sa conseillère personnelle.

Écrit par : thevoz | 03/10/2011

Très cher Monsieur Thevoz.

En effet, rien n'atteste que la magistrate n'ait demandé à l'un de ses proches collaborateurs de travailler pour le PS. Ceci dit, pour la précision, rien n'indique que la personne ayant demandé à C. W. de poster des commentaires sur le site de la TDG, n'ait "fauté" plus d'une fois. Il se peut donc tout à fait, que ce ne soit qu'une erreur de parcours.

Mais avouez-le M. Thevoz, il n'y a pas de ligne de démarcation claire entre la communication politique d'une institution, d'un département et celle d'une personne, associé à un parti. Exemple: le discours de Pierre Maudet dans le calendrier de la voirie était-il "institutionnel" ou "électoraliste"?

J'appelle cela la zone grise.

Amicalement, Olivier Francey

Écrit par : Olivier Francey | 03/10/2011

Cher monsieur Francey,
Le discours de monsieur Maudet dans le calendrier de la voirie était très clairement, dans la zone grise, "institutionariste"

Bien à vous

Écrit par : thevoz | 03/10/2011

Cher monsieur Francey,
Le discours de monsieur Maudet dans le calendrier de la voirie était très clairement, dans la zone grise, "institutionariste"

Bien à vous

Écrit par : thevoz | 03/10/2011

Salerno dégage ! Démission !

Écrit par : Victor Winteregg | 04/10/2011

"M. Müller, les autorisations de constuire abusives délivrées par votre département (*) ne constituent-elle pas une dilapidation de l'argent du contribuable à des fin d'enrichissement de vos camarades de parti du PLR ?"

(*) Le TA en à cassé déjà au moins 4 ...

Écrit par : djinius | 04/10/2011

1. Le CA a tranché: avec son chargé de communication, SS a clairement abusé.

2. Pour la propagande électoraliste printanière, force est de constater en ces beaux jours d'automne, que la dénonciation arrive un peu comme la grêle après la vendange...

3. Quand à abuser aujourd'hui, d'une publication officielle gouvernementale, pour chanter l'Internationale contre les internationaux, pour lancer un appel à la lutte et à la violence, dans la Genève de la paix du travail oui, cela mérite réactions, cela mérite sanction. Le mépris n'y suffira pas.

Réagissez donc autant que vous êtes, avant que le plan Salernosc n'ait décidé, dans les coulisses, dans les bureaux, et à votre insu de votre destin!

Écrit par : VOXGENEVENSIS | 04/10/2011

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