22/09/2011

Je ne le quitterai pas tant qu’il aura du cancer.

montmartre2.jpgPolaroïd 02 : 59

C’est l’alignement de mots qui m’aura finalement empêché de dormir. On m’avait pourtant toujours appris à détourner l’oreille lorsque les conversations se font trop personnelles. La curiosité ou la mauvaise éducation m’auront malheureusement rattrapé.

J’aime pourtant insidieusement ces conversations volées, qu’elles soient de comptoir, de zinc ou d’alcôve. J’aime entendre à vif ces opinions, fussent-elles nauséabondes, tragiques ou non-inervées, ces épidermes excités par la fureur du monde ou d'une substance fermentée, ces échanges linguistiques que certains n’hésitent pas à qualifier comme ‘‘ l’expression du niveau zéro de la réflexion’’. Je les aime parce qu’elles sonnent juste. Comme des talons qui claquent dans une rue désertée. Comme l’odeur de la nuit sous cette lumière saupoudrée, d’un lampadaire blafard.

‘‘Je ne le quitterai pas tant qu’il aura du cancer’’ aura-t-elle susurré.

Je ne sais toujours pas s’il faut s’en réjouir ou en pleurer.

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