13/09/2011

En ville de Genève? On doit taire l'identité des copains.

Au Pied de cochon.jpgPolaroïd 17 : 11

Rappel des faits: la Cour des Comptes épingle un dysfonctionnement concernant le recrutement d'un collaborateur de la Ville de Genève. Pourquoi? La réponse est double.

Parce que, premièrement, cet employé, engagé temporairement, aura coûté 50'000 francs à la collectivité pour avoir rendu un fichier Excel de 400 adresses, qualifié d'inutilisable dans le cadre du projet dans lequel cette tâche s'inscrivait. Deuxièmement: parce que ce collaborateur temporaire est du même parti que le magistrat du département et son directeur, aujourd'hui éloignés de la verte vie politique.

La problématique est simple: la Cour des Comptes a tenu à pointer du doigt un ''dysfonctionnement'' et non pas une personne. L'employé n'a donc pas été condamné. D'ailleurs, certains diront même qu'il aura bien fait d'en profiter. Soit. Respect de la vie privée? Soit encore.

N'y a-t-il pas alors un devoir d'information publique à révéler son identité sachant que ce chanceux travailleur exerce toujours une fonction politique? Qu'il est peut-être président d'une importante commission? Pas sûr, ''il n'hésitera pas à t'attaquer pour diffamation'', me prévient-on.

En clair. On engage un copain, on lui donne 50'000 francs pour taper d'un seul doigt sur un clavier, le manchot livre un travail inutile, le magistrat s'en va (sûrement en Valais), le directeur se fait expulser dans les Carpates (pardon, démissionne), et la Cour des Comptes hulule.

Ensuite? Rien, le vide, le néant, un téléphone qui ne sonne pas ou personne pour vous rappeler, des journalistes qui se taisent ou pire encore, qui se contrefoutent de savoir de qui il s'agit.

C'est dommage, je vais finir, moi aussi, par être le copain de quelqu'un d'autre.

Commentaires

Ben oui, ça fait envie, non?

Écrit par : MM | 13/09/2011

Plus sérieusement, qui est étonné, à l'évocation de ces cas de figure?

Écrit par : MM | 13/09/2011

Alternative: mobilisez-vous, avec d'autres journalistes, et faites pression sur le Parlement pour qu'il modifie la loi sur la Cour des comptes en conférant à cette dernière un pouvoir de sanction à l'égard de l'administration...

Écrit par : Norbert Müller | 14/09/2011

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