31/08/2011

Non, Pierre Maudet ne se bat pas!

peaceandlove49591.gifPolaroïd 10 : 50

Pierre Maudet ne se bat pas.

Non, il ne se livrera pas à des ''guéguerres'' sur un sujet aussi important que la sécurité, déclare-t-il en page 4 du Matin d'aujourd'hui. ''Qui minimise l'insécurité?'', s'interrogent nos collègues Winnie Covo et Fabiano Citroni. Le Conseiller administratif n'y ''répond'' pas. Non, il préfère rappeler que la majorité de gauche lui a refusé dix postes de policiers municipaux.

Pierre Maudet ne se bat pas contre Micheline Calmy-Rey. ''Est-ce normal qu'il ait fallu qu'un fils de diplomate se fasse agressé pour que la Conseillère Fédérale intervienne?''. Non, le magistrat ''retiens de son courrier qu'il y a une préoccupation'', tout en précisant qu'il ne distingue pas le diplomate de la personne ''normale'', lui.

Pierre Maudet ne se bat pas, non plus, contre le canton, ''un sujet trop important pour rentrer dans cette logique''. On aurait presque cru à une collaboration ville-canton dans le domaine de la sécurité, pensant naïvement que cette dernière relevait de la chaîne causale. Pas du tout, rétorque le radical: ''nous sommes pas dans un modèle de cogestion''. On l'aura compris. Chacun pour soi. Mieux pour la paix des ménages.

L'aspect préventif, c'est lui. Les tags, l'affichage sauvage, l'éclairage, la salubrité, la fermeture nocturne des préaux. Discours immuable, l'homme est fidèle, on ne le lui reprochera pas.

Pour quoi combat-il alors? A le lire, pour vingt policiers municipaux supplémentaires. Les tags, l'affichage sauvage, l'éclairage, la salubrité, la fermeture nocturne des préaux.

30/08/2011

Les exquises substances.

800px-Billard.JPGPolaroïd 14 : 50

Ce serait quand même délicieux que le Mouvement Citoyen Genevois ait raison.

Qu'un fils de diplomates cherchant à se sustenter d'exquises substances réussisse à réveiller de sa torpeur bernoise notre ministre des affaires étrangères. Qu'il suffise d'un fait divers relaté par la presse et d'un email envoyé à trois mille fonctionnaires internationaux pour enclencher la machine. Que la genevoise de coeur prenne son stylo pour rappeler à quel point notre ville est ''un pilier important de la politique étrangère de la Suisse'', nous remémorant au passage, que les ''fils de'' n'ont pas tous le même poids. Que ce même fils de diplomates, outre une couverture dans l'Illustré, par une sublime chaîne causale, fasse expulser des hommes en uniforme de la bouche de la Conseillère d'Etat, dont on se demande toujours si elle était douée en arithmétique ou si son nouveau porte-parole excelle dans le rattrapage de lapsus.

Qu'enfin, l'été se termine.

Que l'activité brûlantes des rotatives et des vieux Neumann n'aient qu'à crachoter qu'un seul et unique mot: l'insécurité.

26/08/2011

Politiciens, fermez vos braguettes!

pic-1.jpgPolaroïd 00 : 20

J’aime l’éditorial de Sandra Jean, dans Le Matin du 24 août.

Je l’avoue, deux jours de protubérances épidermiques, de fermentation et de masticage intensif de la mandibule auront accouché de ce misérable papier. C’est long. La rédactrice en chef du quotidien orange rappelle à quel point nos politiciens doivent être ‘‘irréprochables’’. Elle a raison, à en croire ceux qui ont franchi la ligne, et surtout quand ils sont valaisans. Le titre est explicite : ‘‘politiciens, fermez vos braguettes’’.

Angle d’attaque ? Quoi qu’il se soit passé dans la suite 2806 d’un Sofitel New-Yorkais, la carrière de DSK est brisée. Selon elle, il ne faut retenir de cette histoire qu’une seule chose : ‘‘c’est que tous ces messieurs surexposés médiatiquement n’ont qu’à bien se tenir et garder leurs attributs bien au chaud’’.

Ce que j’aime encore plus, ce sont les exemples cités par la journaliste et imprimés en page deux du quotidien, à savoir : ‘‘Bill Clinton, Silvio Berlusconi, Arnold Schwarzenegger, j’en passe et des meilleurs’’. Comme si des ‘‘j’en passe et des meilleurs’’ allait assouvir ma soif de curiosité.

Ce que j’aime, c’est que le saxophoniste continue à dispenser ses conférences dans le monde entier, rémunérées grassement ;  que le Cavaliere, jusqu’à preuve du contraire, est toujours président du Conseil, détenant le record de longévité sous la République italienne ; et qu’enfin, l’ex gouverneur-cyborg traîne toujours son endosquelette à Genève pour promouvoir son association factice ‘‘R20’’.

Ce que j’aime, c’est que Nassifatou Diallo sera toujours suspectée d’avoir menti ou d'avoir fomenté un guet-apens. Au mieux, elle touchera des billets verts. Ce que j’aime, c’est qu’il n’est pas sûr que la carrière de l’ex directeur du FMI ne soit enterrée, au pire, écartée de la ligne droite.

Ce que j’aime enfin chez Sandra Jean, et aussi sordide que cela puisse paraître, c’est qu'elle pense qu'ouvrir des braguettes, referme des portes. A en croire les ''politiciens'' auxquels elle fait référence, surveiller sa braguette n'est défintivement qu'une option, pas une porte close.

 

25/08/2011

Les 300 hommes d'Isabel Rochat

annex2020day20doris20cad.jpgPolaroïd 15 : 08

300. Le chiffre est lancé, comme on tire une balle. Isabel Rochat annonçait hier la création d'une réserve opérationnelle affectée aux missions urgentes. Il fallait dégainer, pas question de laisser pour lettre morte, l'appel de Micheline Calmy-Rey. Il fallait dégainer, pas question d'expulser du petit calibre. Du lourd, du 300 millimètres.

Amusant communiqué de presse du Conseil d'État lorsqu'il déclare que ''les réponses ne doivent pas être dictées par la pression de l'urgence mais s'inscrire sur le long terme''. Le gouvernement a raison, surtout, quand trois lignes plus bas, il annonce avoir ''demandé à la cheffe de la police que la mise en œuvre des mesures [suivantes], issues des recommandations Phénix, soit accélérée''.

A croire presque que les termes ''urgence'' et ''accélération'' sont des antonymes pour le Conseil d'État.

Une oreille encore abasourdie par le projectile s'est alors rapproché du transistor. Une voix limpide et espiègle s'y est extraite, celle de Pierre-Antoine Preti: ''ces 300 hommes supplémentaires ne fouleront le terrain qu'à la fin de la réforme de la Police, soit pas avant deux ou trois ans au final'', murmurera mon collègue de la RSR. Pour l'heure, cette brigade d'intervention supplémentaire ne serait composée que d'une vingtaine de policiers. ''Effectif qui n'est d'ailleurs pas définitivement chiffré à une semaine de sa mise en place'' rajoutera-t-il, dans un malicieux fredonnement.

Éteignant ma radio encore hébété, j'ai remarqué que si la fumée s'était dissipée, l'odeur, elle aussi, avait disparu.

24/08/2011

La rentrée? Elle sera sécuritaire.

pic.jpgPolaroïd 19 : 00

Je ne sais toujours pas trop ce qu'est l'insécurité. Ni ce qu'est un ''sentiment'' d'insécurité. Sûrement parce que je ne me suis pas encore fait ''car-jacké'' ni agressé. Tout juste bousculé par une odeur nauséabonde d'un dessous de bras exsudant dans un tram bondé. Ou une main sale au détour d'un office postal ou d'une banque. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir traîné dans les quartiers mal réputés, de lire avec assiduité les faits divers, le profil FaceBook de Michel Chevrolet ou de Lee Ramirez, et sillonner le parc Saint-Jean à la nuit tombée pour inéluctablement finir par converser avec des pelleteuses.

J'avais pourtant bien appris ma leçon: la droite de l'échiquier politique m'avait enseigné l'insécurité, avec ses termes imagés et autres adjectifs faisant appel aux consonnes fricatives uvulaires voisées. La gauche? Le sentiment d'insécurité fourni avec le manuel: trois cent pages de la chaîne causale qui mène l'agneau immaculé au malfaisant chacal.

Toujours rien. Aucune palpitation ventriculaire. L'ECG est plat. J'ai eu beau grandir dans la même rue que Micheline au Grand-Lancy, toujours pas de battements convulsifs ni de grave constat de détérioration. J'imagine alors qu'être Conseiller Fédéral peut troubler les fonctions cognitives, c'est vrai, pour sa défense, je ne suis pas fils de diplomates. Une érosion? Je le concède, sans m'habituer néanmoins à la consommation régulière de Xanax. Inéluctable? Je m'y résigne. Pas malin pour un sou, j'ai quand même deviné que la pose de caméras aux frontières allait nous permettre d'attraper de vils brigands, même si je ne comprends toujours pas comment la douzaine d'hommes qui compose la brigade volante allait les arrêter. J'ai aussi bien compris que la situation était grave, à en croire le renforcement de la présence policière la nuit, annoncée aujourd'hui par Isabel Rochat. Visiblement, elle est grave depuis deux semaines.

En clair, je n'y comprends plus rien. J'ai cru à une année sans nucléaire et au retour des centrales à gaz et autre énergie hydro-électrique, à une année sans femme de ménage, une autre sans la Grèce, après? Sans l'Europe.  Heureusement, après avoir écouté Roberto Broggini, Céline Amaudruz et Christian Antonietti à Forum sur la RSR ce soir, j'ai tout compris. Limpide. Cette rentrée? Elle serait sécuritaire.

22/08/2011

Ziegler est-il devenu ''fou''?

keyimg20080327_8901549_0.jpgPolaroïd 20 :14

Jean Ziegler était l'invité du 19:30 ce soir. Interviewé par Darius Rochebin, le sociologue a raconté sa visite du bunker du guide de la révolution libyenne, en précisant subtilement qu'il avait été invité par Mouammar Kadhafi ''avant qu'il ne soit fou''. Habile usage de la langue, ''tactique de dédouanement'' diront d'autres. Quelques minutes plus tard, le journaliste lui demandera s'il exprime des regrets aujourd'hui. Après un long silence expiatoire, l'homme de gauche s'excusera alors ''de lui avoir serré la main'', un jour.

J'aurais rêvé de demander à Jean Ziegler à quelle date Mouammar Kadhafi serait devenu fou? Après Lockerbie? Après le vol 772 au-dessus du Niger? Après les infirmières bulgares? Après Max et Rachid?

Si le leader libyen est devenu fou cette année, alors les excuses de Jean Ziegler sont acceptées.

Les bonnes audiences de Gilles Marchand

girl-thumbs-up.jpgPolaroïd 16 : 45

Gilles Marchand s'exprimait hier dans les colonnes du Matin Dimanche pour commenter les mauvais chiffres de TF1 et  ''la fin de la télévision traditionnelle''.

''L'érosion des parts de marché de la première chaîne européenne est-elle bénéfique à la première chaîne romande?'', s'interroge notre collègue Ivan Radja en page 39.

Réponse du patron de la RTS: les bonnes audiences de la TSR (30% de parts de marché entre 18 h et 23 h), voire très bonnes en ce qui concerne les journaux d’actualité (entre 55% et 60%), sont surtout la conséquence d’une «stratégie efficace, soit une chaîne sur deux canaux, et de la bonne complémentarité entre ceux-ci».

Je m'étonne de cette réponse, non pas sur les résultats ainsi exposés en trophée, mais sur ses causes.

Gilles Marchand a raison: on doit reconnaître la relative résistance de la TSR par rapport à ses concurrentes, soit environ une perte de 6% de parts de marché depuis 2007 sur le créneau horaire 18h-23h. Non sans préciser que la TSR a fait appel massivement, me semble-t-il, à l'achat de séries étrangères pour rester concurrentielle. Une démarche qui n'est visiblement pas du goût de certains qui s'interrogent de savoir si cette acquisition compulsive relève bel et bien du rôle d'un ''service public''. Mais là n'est pas le propos.

Non, l'étonnement est ailleurs.

Comment Gilles Marchand peut-il se féliciter des parts de marché quasi communistes obtenues par ses journaux d'actualité quand on on connaît la position monopolistique de la TSR en matière d'information télévisuelle? Un peu comme si Ariane Dayer se félicitait des 523'000 lecteurs du Matin Dimanche.

16/08/2011

La limpide explication d'Isabel Rochat

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Isabel Rochat était l’invitée aujourd’hui du journal du matin sur la première.

La ministre en charge du département de Justice et Police commentait la lettre reçue de Micheline Calmy-Rey, laquelle s’inquiétait de la ‘’détérioration de la sécurité à Genève’’. Une missive qui fait suite à l’agression d’un fils de diplomates survenue en juillet dernier. Nul doute que la Conseillère Fédérale tenait à démontrer qu’elle avait empoigné le dossier à bras-le-corps, qu’elle tenait à réassurer les instances internationales, et qu’elle avait bien tenu compte de l’email ‘’d’alerte’’ envoyé aux trois milles fonctionnaires que compte la Genève internationale. Quitte à spéculer, la démarche de la socialiste semble plus relever d’une attitude politico-médiatico-diplomatique que d’une réelle inquiétude.

Dans une longue logorrhée probablement alimentée par un texte et des chiffres sous les yeux, Isabel Rochat s’est fendu d’un discours quasi inchangé depuis plus d’une année. Je ne l’en blâme pas mais m’interroge sur quelques points.

Qu’est-ce la détérioration de la sécurité à Genève ? De quoi parle-t-on exactement ? De cambriolages ? D’agressions physiques ? D’incivilité ? D’un sentiment ou de la ‘’réalité’’ des chiffres ?

Justement sur ces chiffres, la Conseillère d’Etat évoque une tendance à la baisse des agressions : ‘‘-16% sur les lésions corporelles simples, -7% sur les lésions corporelles graves, et en règle générale, les infractions pénales accusent une baisse de -3%’’ déclare-t-elle. Piquée à vif par notre collègue, Simon Matthey-Doret, qui rappelle l’article paru aujourd’hui dans la Tribune de Genève en page 15, à savoir : ‘‘vous dites Isabel Rochat, baisse des agressions à Genève, (…) je lis, Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la Police, ne cache pas que les plaintes ont explosé en début d’année, agressions en hausse cette année, etc, 46 agressions, vous n’avez pas du tout les mêmes chiffres ?’’

Réponse de l’intéressée : ‘‘Non, écoutez, moi je parle des chiffres qui sont des statistiques nationales’’. La magistrate ne répondra finalement que partiellement à la question évoquant les priorités du Conseil d’Etat, les coups de pieds vers Berne et autre réorganisation de la Police, dans une tentative de noyade plutôt brillamment exécutée pour un auditeur à 7h40 du matin.

Les chiffres sont-ils en hausse ou pas ? Nous ne le savons toujours pas. Quelques minutes plus tard, le couperet tombe. A la question : ‘‘Isabel Rochat, là, vous reconnaissez donc que ce genre d’agression est en augmentation ?’’

‘‘Bien sûr’’, rétorquera-t-elle.

Magie du journalisme, une magistrate peut facilement en moins de 7 minutes déclarer à la fois que la tendance est à la baisse, et à la fois qu’elle est à la hausse. Evidente limpidité lorsqu’on compare des poires et des pommes.

15/08/2011

Micheline atteinte d'hyper-réactivité.

boulier-300x212.jpgPolaroïd 23 : 40

C’est quand même incroyable.

Il suffit de l’agression d’un fils de diplomate pour que Berne s’inquiète de la ‘‘détérioration de la sécurité à Genève ces derniers mois’’. Bravo, merci. On repassera pour la réactivité.

Non pas que j’appartienne à la caste de ceux qui pensent que cette République soit devenu un coupe-gorge, ni de celle des opportunistes de tout bord. Non ! Genève a tout simplement changé, et il est illusoire désormais de penser qu’elle ne retrouvera ses apparats des années 80.

Mais c’est quand même incroyable. Cela fait maintenant plusieurs années que la situation s’est détériorée. Inéluctable ? Je n’en sais rien, mais je vis avec. Mais ce ne sont pas les réponses qui manquent : augmentation de l’effectif des gardes-frontières, plus de présence sur le terrain comme le réclame l’UPCP (Union du Personnel du Corps de Police) au détriment de l’administratif inoculé par la réforme du code pénal.

Ce qui est incroyable, c’est que ‘‘le département fédéral des affaires étrangères fasse part de sa préoccupation quant à la détérioration de la situation de la sécurité à Genève ces derniers mois’’ aujourd’hui. Derniers mois? On croit rêver.

En fait, pour faire très court, l’agression d’un fils de diplomate vaut plus qu’un autre ? Bien sûr que non. Enfin à en croire la réactivité des services de Micheline Calmy-Rey, je n'en suis pas si sûr. On dira qu'elle a fait son travail.

11/08/2011

L'omniscience

91615-33587.jpgPolaroïd 15 : 34

Il sait tout. Sur tout.

Krach boursier ou attitude de la BNS, émeutes en Angleterre ou en Syrie, mort d'une star a posteriori de l'UDC valaisanne ou d'un célèbre inconnu de la télé-réalité: ses opinions s'expulsent en rafale comme des vérités. Aucunes réponses ne lui manquent, même ses hypothèses suintent la certitude. Il crache comme on tire, le barillet version hollywoodienne: 12 balles à tête creuse pour un chargeur de 8.

A se demander comment il fait pour s'écouter tout en parlant, ou pour expectorer tout en avalant. On aimerait qu'il se taise. Un ''je ne sais pas'' aux commissures de lèvres suroxygénées. Une fois. Une seule.

15:36 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook