26/07/2011

Amy, Facebook et le mur des lamentations

459-878-xxl.jpgPolaroïd 13 : 45

Elle est sublime la mort. Quand on est jeune, qu'on chante parfois juste et surtout quand on est célèbre. Avoir 27 ans peut également aider à l'expulsion de fluides lacrymaux. L'être humain aime ainsi humer l'odeur de la malédiction ou lécher les pieds de la légende au détriment de la statistique, sans se demander combien sont ceux qui ont rendu leurs âmes à 28, 19, 32, ou 67 ans. On s'en fout, c'est pour le mythe.

FaceBook, c'est le nouveau livre des condoléances. Par milliers, des messages larmoyants, des ''repose en paix'', des dégoulinants ''si jeune''. C'est vrai, une londonienne fumant du crack vaut toujours un peu plus que 76 vikings anonymes assujettis à la bière, blonde de préférence. C'est vrai aussi, le toxicomane à Cornavin? On ne lui filera pas une pièce, ni un bout de pizza froide. A vrai dire, pas même une ligne sur notre mur, on s'en fout.

En fait, qu'on soit touché par la mort d'une chanteuse, ou de millions d'africains à corne ne pose pas de problèmes. Qu'on l'exprime? Pourquoi pas, c'est toujours bon de participer à un simulacre de deuil collectif. Et ensuite?

Ensuite rien. Donner dix francs à Quai9? Cinquante à la chaîne du bonheur? Non. Ensuite rien. Un mur imaginaire qui se déroule, pour finir inéluctablement par s'effacer. Entre deux commentaires baveux sur la famine ou ''ces gens qui partent trop tôt'', une ou deux photos de moi à la plage, ou du dernier concert de Cali à Paléo.

On peut pleurer le monde. On peut faire. Ou alors avoir le courage de dire tout simplement: on s'en fout. C'est toujours moins pire que faire semblant.

14:10 Publié dans Rien | Lien permanent |  Facebook