29/06/2011

Céline, ô Céline

14715105_p.jpgPolaroïd 16 : 51

Un mardi 28 juin. Le mercure caresse les trente degrés, faisant ainsi naître, ex nihilo ou ad nauseam, quelques gouttes de sueur suintantes irrémédiablement attirés par la pesante gravité.

Emergence perturbée par un son, une fréquence : non pas celle de la particule humide fracassant ses os sur le sol, mais bien la voix connue d’un collègue : Philippe Revaz. Longueur d’onde : 94.9 MHZ.

Autre voix familière, celle d’Yves Nidegger, conseiller National. Un saut dans le futur et sur le site de la RSR m’apprendra qu’il fût ‘‘l’étoile filante de l’UDC genevoise’’. A l’affirmation-question de mon collègue, à savoir si poser son postérieur sur un siège à la Cour des Comptes est moins flamboyant qu’un autre à Berne, Yves Nidegger rétorquera, avec un certain talent, ‘‘qu’on peut tout à faire vivre sans être tous les soirs à Forum ou toutes les semaines à Infrarouge’’.

La sudation excessive sera stoppée dans ses excès lorsque le journaliste évoquera la volonté quasi zurichoise de voir émerger Céline A. au détriment de celui, encore prénommé dernièrement sur nos ondes par feu René Longet, ‘‘l’homme dangereux qui a défendu Kadhafi’’.

‘‘Céline, ô Céline’’, me suis-je dit en me remémorant cette pleine page couleur dans l’Illustré. L’Amazone, les nervures saillantes de l’animal au regard hagard mais doux. Ne manquait alors que le claquement d’une solide cravache pour me réveiller de ma douce torpeur. La précieuse et dernière goutte estivale s’abattant sur le carrelage fera office de doigts thérapeutiques, comme on réveille ainsi l’hypnotisé.

''Au fait, hormis prendre la présidence de l’UDC genevoise, qu’a donc fait Céline A. ? Pourquoi diable est-elle ‘‘l’étoile montante’’ ?'' ai-je pensé dans un bref moment de lucidité.

Tentant de dissimuler (et sous l’impulsion probable de la gêne), ces ignobles traces de l’été, réapparurent à mon esprit la phrase suivante mais fallacieuse : ‘’la nature a horreur du vide’’. Qui a dit que lorsque une étoile mourrait, une autre naissait?

16:55 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

27/06/2011

Les Hauts de Hurlevent

9774.jpgPolaroïd 12 : 41

J’entends encore certains membres du parti démocrate-chrétien et des radicaux hurler lorsqu’il a fallu évoquer une alliance UDC-Entente lors des dernières élections au Conseil Administratif de la ville de Genève.

Aujourd’hui ? Cette même Entente accepterait le ‘‘deal’’ (sous réserve de l’accord des comités directeurs). Enjeu ? Soutien de l’UDC Yves Nidegger à la Cour des Comptes, contre un ticket Christian Lüscher (PLR) – Luc Barthassat (PDC) aux élections fédérales.

Mais quel chemin a donc emprunté le PDC qui, pourtant, avouait déplorer ‘‘cette demi-alliance contre nature qui dénote un certain strabisme au sein du [feu] parti Libéral’’ ? Quelle illumination a traversé le PDC qui refusait l’association avec l’UDC, au nom ‘‘des valeurs’’ qui la séparent du parti blochérien ? Qu’en pense Pierre Maudet, celui-là même qui se disait ‘‘prêt à faire des compromis, mais pas de compromissions’’ ?

Alors c’est vrai, on peut changer d’avis. Ils diront sûrement que les enjeux ne sont absolument pas les mêmes.

Mais de grâce, que ces mêmes personnes arrêtent de clamer ‘‘qu’il n’y a jamais d’alliance de circonstance’’.

 

''Je m'attardai autour de ces tombes sous un ciel serein, suivant des yeux le vol des papillons de nuit sur la bruyère et les campanules; j'écoutais souffler le vent léger sur l'herbe et je me demandais comment on pouvait imaginer que ceux qui reposaient dans cette terre tranquille pussent dormir d'un sommeil troublé''.

Mauro Poggia a osé

pic-1.jpgPolaroïd 11 : 43

Mauro Poggia était l’invité de notre rédaction ce matin. Avec toute la lucidité qui caractérise la branche non sanguine du MCG, l’avocat aura expulsé ceci : ‘‘La nuance est souvent plus compliquée que le slogan’’.

On ne peut que lui donner raison!  Douce réminiscence d'un 15 mai et d'un slogan: ‘‘A force de faire ch… les Genevois avec les pistes cyclables, bloquons les 70'000 voitures de frontaliers’’.

22/06/2011

Le compte est bon

pic.jpgPolaroïd 17 : 11

Le MCG soutient le président du Parti socialiste genevois à l’élection à la Cour des Comptes. Information révélée ce matin par l’agence Décaprod. Bien.

C’est vrai, pour un parti ‘’ni gauche ni droite’’, le MCG peut avoir l’outrecuidance de soutenir n’importe qui. Un bègue, une veuve, un avocat ou une danseuse. C’est vrai aussi, le parti socialiste peut, tout autant, accepter la main tendue, dans la plus grande chrétienté, surtout si elle est aimable et caressante. ‘’Sans rien demander en retour’’ déclarera le MCG. Amen.

Nul doute que René Longet ne soit passé par la case ‘’expiation’’ et ‘’confessionnal’’, se remémorant avec honte les propos, jadis expulsés : ‘’Eric Stauffer fait du banditisme politique’’, ‘’le MCG séduit la population étrangère en lui servant un discours xénophobe’’, ‘’les Genevois en ont marre des grandes gueules, ils veulent être gouvernés par des personnes fiables, compétentes et qui ont du cœur ’’.

Autant d’expulsions liturgiques qui résonnent dans la Cour avant que le Saint ne pénètre la chapelle. Finalement, René Longet s’est trompé. Eric Stauffer a du cœur.

21/06/2011

Rien

piaf.jpgPolaroïd 17 : 36

Il y a deux solitudes. La choisie et l’autre. Celle qui révèle les gouffres et l’autre qui dévoile les manques.

Diamétralement opposés, unis dans la déficience.

Le premier ne respire que sa propre haleine, abuse des hiatus réconfortants, lape le miroir tout en s’y contemplant. Le second décidera de s’entourer, le ronflement hypnotique de la foule le rassure, la présence sur une image finira par l’asseoir. L’un pleure sur le carrelage, noir et blanc, de sa cuisine, épluche son répertoire téléphonique pour ne finalement joindre personne. Le second frénétiquement, dans un état quasi épileptique, composera tour à tour chaque alignement de numéros de son téléphone jusqu'à ce qu'on lui réponde.

L’un ne veut séduire que lui-même, l’autre tout le monde. L’un s’en fout, l’autre pas.

C’est à coup sûr, ce qui distingue l’un de l’autre. Des différences qui sont toutes deux fatales. Ils mourront seuls.

17:41 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

20/06/2011

Pas de ‘‘Flottille de la liberté II’’ pour nos trois Conseillers Nationaux.

henri-riviere.jpgPolaroïd 18 : 07

Carlo Sommaruga (PS), Jean-Charles Rielle (PS) et Josef Zisyadis (POP) ne partiront finalement pas sur la ‘‘Freedom Flotilla II’’ ou ‘‘Flottille de la liberté II’’. ‘‘Problèmes d’agendas’’ sont les raisons invoquées par les trois Conseillers Nationaux.

Par ailleurs, selon Anouar Gharbi, le président de l'association Droit pour tous, à Genève, le chanteur Michel Bühler, lui aussi invité, ne pourra pas y participer, pour cause de concert.

Anouar Gharbi sera notre invité, demain mardi 21 juin sur notre antenne, 7h12, pour réagir à ces défections.

 

15/06/2011

La pluie et le beau Temps

fessee-01.jpgPolaroïd 14 : 47

Le quotidien Le Temps est un journal merveilleux. Mardi 14 juin, 100 ème journée internationale de la femme, commémoration de l’inscription de la loi sur l’égalité entre les sexes, 40ème année d’anniversaire de l’obtention du droit de vote du sexe faible.

Qu’en disent nos confrères du Temps ?

En page 4, ‘’Berlusconi encaisse’’. D’accord, mais quoi ? Une gifle, une main aux fesses, une poursuite judiciaire pour harcèlement sexuel ou détournement de mineurs ? Non. Un revers électoral ! Un peu plus bas, ‘’les braises brûlent’’. Non pas entre patrons et employées prêtes à se faire trousser, mais bien ‘’sous la cendre de la révolte verte’’ en Iran.

Maigre espoir en page 6 avec une ‘’irrésistible ascension’’. Ce ne sera ni une protubérance turgescente suscitée par l’apparition providentielle d’une bonne, ni de l’émergence d’un mouvement féministe, mais bien celle du premier ministre turc Recep Erdogan.

Sursaut cardio-vasculaire en page 12, on apprend que l’infidélité conjugale est ‘’aussi’’ dans nos gènes. La page 24 finira par achever tout forme de lumière dans nos yeux: on apprend enfin que nous aussi, les hommes, avons droit à nos crèmes hydratantes, anti-rides, autres anti-cernes et anti-âge. La marque World Wild Men en est responsable, ‘’des produits faits par des hommes pour les hommes’’, se vantera la marque citée par le journaliste.

Un peu comme le Temps, un 14 juin.

Majid Pishyar est agaçant

fingerboard.jpgPolaroïd 12 : 34

Majid Pishyar est agaçant.

Nous l’apprenions ce matin de la Tribune de Genève en page 12 que le président du Servette FC, Majid Pishyar avait ‘’gelé’’ le versement des salaires des employés de sa nouvelle bijouterie Gilbert Albert.

Motif de l’acte, selon les propres lèvres de son avocat et accessoirement ex-chancelier d’Etat et président administrateur de Palexpo, Robert Hensler : ‘’Majid Pishyar a été très déçu par le manque d’engagement d’une partie du personnel. Pour encourager leur mobilisation, il ne lui restait plus qu’un seul moyen: retarder le versement des rétributions’’.

Encore plus étonnant encore, Robert Hensler rajoute : ‘’ les mesures incitatives du patron s’écartent il est vrai sensiblement de la loi. Celle-ci n’autorise qu’un retard de dix jours dans le paiement des salaires. Et ce délai est déjà dépassé’’.

Que Majid Pishyar, et disons-le clairement, fasse appel aux menaces et à un ultimatum, pour inciter le gouvernement genevois à investir 2,5 millions pour le centre de formation est une chose. C’est encore son droit, il demeure un investisseur privé, non sans rappeler que l’Etat lui a presque amicalement mis à disposition, l’exploitation du stade de la Praille pendant 32 ans.

Mais que ‘’magique Pisyhar’’, visiblement adepte du chantage, retarde le versement de salaires pour motif de ‘’manque de motivations’’ est totalement inacceptable.

Nul doute que notre ministre de l’emploi ne courbera pas l’échine et fera respecter nos lois. Même si l’avocat de l’un fût le chancelier de l’autre.

N’en demeure pas moins que Majid Pishyar, à force d’agacer, est agaçant.

13/06/2011

Les schtroumpfs roms

8_YPx40.jpgPolaroïd 21 : 22

Il est vrai, c’est schtroumpfant. Un schtroumpf rom.

Parmi les schtroumpfs roms, il y a le ‘’schtroumpf rom’’ farceur, tapis au coin de l’entrée d’une banque, prêt à vous schtroumpfer à la gorge pour vous rappeler à quel point vous êtes schtroumpfissime et lui pas.

Le ‘’schtroumpf rom grognon’’, qui vous schtroumpfe sa désapprobation quant à votre inexistante générosité, le ‘’grand schtroumpf rom’’ qui a du mal à schtroumpfer tous ses schtroumpfs, la ‘’schtroumpfette rom’’ qui essaie de vous schtroumpfer de ses beaux yeux clairs, le ‘’schtroumpf rom bricoleur’’ qui, avec deux bâches et un bout de bois, a schtroumpfé une maison. Enfin, il existe toute une autre multitude de ‘’schtroumpfs roms’’.

Parmi eux, existe le ‘’schtroumpf rom’’ musicien. Dernièrement, il s’est vu schtroumpfé dans les rues de Genève dans le cadre de l’opération menée par la ville de Genève: ‘’jouez, je suis à vous’’. Opération qui consiste à mettre gratuitement à disposition du public, des pianos à des points stratégiques de notre cité. Là, sous nos yeux enschtroumpfés: deux musiciens du voyage et deux jeunes genevois aux commandes de l'instrument ainsi mis à disposition.

Ce qui est enschtroumpfant, ce sont les réactions des passants ou les commentaires sur les réseaux sociaux. D’un coup, le ‘’schtroumpf rom’’ est ‘’sympa’’, ‘’incroyable musicien’’, ‘’capable de s’adapter quand il le faut’’.

C’est vrai. C’est un peu moins schtroumpfant un schtroumpf rom. Surtout quand on constate que c'est aussi un schtroumpf.

 

12/06/2011

Le passé

2379635326_9a43c690a0.jpgLe passé.

Comme une ombre. Sublimes ailes de l’obscur, parfois pourchassantes et harcelantes. Rongeurs invétérés, traces chimériques et fardeaux.

‘’La nature est mal faite’’, dira-t-il en repensant à quel point son cerveau dénature la réalité. ‘’Pas n’importe quelle réalité’’. Celle de l’épiderme, de la douleur, de la trahison, du mensonge et de la lâcheté. Elle ne ment que rarement, cette réalité-là.

Il ne se souviendra pourtant que de l’accélération organique ponctuelle d’un organe, des promesses de l’aube et de notre traître épiderme, de ces regards qui nous trahissent, gorgés d’amour jusqu’à la lie, des mots expulsés contre notre gré.

Aigres réminiscences vers le mièvre capitonnage du confort. Inconfortables et dérangeantes comme on remplace des traces par des vérités. Ou des mensonges, c’est selon.

00:06 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

11/06/2011

Sommaruga, Rielle et Zysiadis ou l’art de faire du bateau

shapeimage_1.jpgPolaroïd 23 : 28

Je sais, je me faire insulter. Mais je me réjouis de les entendre sur ce sujet.

Pour tout vous avouer, je ne suis ni pro ni anti palestinien. Pour tout vous avouer encore, je n’y ai jamais foutu un seul de mes pieds. Un peu plus du côté de la frontière libano-israélienne. Un peu plus du côté israélo-libanais. Y compris dans les camps palestiniens.

Enfin, pour tout vous avouer, je me pose beaucoup de questions quant à cette flottille poétiquement intitulée ‘’Freedom Flottilla II’’, escapade humanitaire composée, à ce jour, de 20 bateaux représentant 20 pays.

Qu’on souhaite ‘’libérer’’ la Palestine, que ses affinités avec les choix du gouvernement israélien se rapprochent de zéro, ne me posent aucuns problèmes. On est encore libre de défendre les causes qu’on veut, y compris celle de vouloir faire du bateau ou de vouloir cesser de rembourser le dépistage du cancer du sein pour les femmes. On s’en fout, on nous rembourse le dépistage du cancer de la prostate.

Revenons à nos moutons blancs.

Si j’ai bien compris, parmi les moussaillons de cette flottille helvétique: quelques conseillers nationaux, à savoir Joseph Zysiadis (POP), Carlo Sommaruga (PS) et Jean-Charles Rielle (PS). On l’aura bien compris, le geste est symbolique. 4'000 tonnes d’aides humanitaires ne sauveront pas le peuple palestinien des misères qu’il endure. ‘’Pourquoi ? Comment ?’’ n’est pas le sujet de ce présent billet. Leur but ? Dénoncer le blocus de Gaza et réaffirmer la souveraineté des palestiniens sur leurs territoires. D’accord.

Vous me direz : ‘’c’est mieux que rien’’. Je vous l’accorderai sans concessions. Non, ce qui me dérange, c’est la présence de nos trois conseillers nationaux. C’est vrai, à titre individuel, ils sont encore libres de défendre n’importe quelles causes. C’est vrai également, on peut, tout à fait, aussi symboliquement expulser une fois par année ou deux, notre indignation.

C’est juste que j’ai beaucoup de peine, en général, avec les gens qui défendent 160'000 causes par année. Comment peut-on sauver la Palestine et, dans le même créneau horaire, voter la sortie du nucléaire, le droit de recours, et les bilatérales III ?  Soit on s’engage pour ‘’libérer la Palestine’’ (comme si le conflit israélo-palestinien se résumait à cela) et on arrête de siéger à Berne, soit on s’occupe de ce pourquoi on a été élu.

De un, je pense sincèrement, et s'il s'agit du but, qu’il y a beaucoup mieux à faire pour aider le peuple palestinien, ou la pacification israélo-palestinienne. A Genève, terre d'accueil de l'ONU et au parlement, par exemple. De deux, l’activité qui consiste à monter sur un bateau frôle l’opportunisme politique. Mais, je réitère: je me réjouis de les entendre sur ce sujet.

10/06/2011

Mégaphone ou 70 minutes rafraîchissantes

lrg_bugle_megaphone.jpgPolaroïd 12 : 29

Mégaphone, c'est le nom de la nouvelle émission de la TSR où les ‘’citoyens’’ interpellent les politiques. Le concept n’est, de loin, pas nouveau, mais reste passionnant.

Cinq conseillers nationaux (Géraldine Savary, Oskar Freysinger, Christophe Darbellay, Isabelle Moret, Antonio Hodgers) face à cinq romands, sélectionnés avec intelligence. Des questions simples, celles qu’un jour ou l’autre, la plupart d’entre nous se sont posées. Des hésitations charmantes dans leur formulation, mais qui ont le mérite de sonner juste.

Moins de hargne également du côté des réponses, on ne répartit pas de la même manière à un électeur qu’à un ennemi politique.

Bien loin du champ de guerre qu’est l’émission Infrarouge, septante minutes de Mégaphone sont apparues mercredi soir comme rafraîchissantes.

Juste une délocalisation.

pic-1.jpgRien. Juste une délocalisation. C'est son droit.

Le départ de la société genevoise EndoSense, implantée à Meyrin, pourrait menacer 80 emplois.

Quelle ironie de constater que l'entreprise avait reçu en 2006 de la part de Genève, le prix de la jeune industrie. Quelle ironie de lire dans un communiqué de presse que la société se félicite de son excellente collaboration avec les HUG. Non sans rappeler, que l'un de ses fondateurs, le cardiologue Vitali Verin, a été employé aux Hôpitaux Universitaires Genevois.

C'est vrai, on vit dans un monde libre, avec la liberté d'aller où on veut. Libre de soulever des fonds, liberté à son patron, dans un entretien accordé à Bilan le 5 mai 2010, de déclarer qu'on compte ''engager une dizaine d’employés supplémentaires d’ici à la fin de cette année.''

''Puis, en 2011, nous allons encore augmenter nos équipes de 10 à 20 personnes. Ces embauches s’avèrent nécessaires afin d’augmenter nos capacités de production.'' rajoutera-t-il.

On organise alors des réunions avec le personnel, les versions s'entrechoquent: processus participatif pour l'entreprise, terrible sélection pour garder les ''plus motivés'' de l'autre.

Rien. Juste une délocalisation.

08/06/2011

Le poids des mots

photo-3.JPGOn les désire alléchants, glissants et liquides, ils seront pesants et collants, loin de la liquoreuse texture de la grâce.

La problématique est récurrente. Les mots, parfois, lorsqu’ils ne sont pas expulsés dans le but de conquérir, c’est à dire de la façon la plus orale qui soit, conservent leur propriété humidifiante. Le courage finira par accomplir son tri.

Le problème avec les mots, comme les décisions, c’est qu’ils ne sont souvent précieux et justes, que lorsqu’on les crache avec honnêteté. Qu’importe s’ils sont inexacts (on peut se tromper), soufflés par la bouche adipeuse d’un élu déchu (on peut être aveugle) ou par une vieille trébuchante sur du verglas (on peut avoir du cœur).

Comme des choix, l’impression de se tromper inéluctablement lorsqu’ils sont le fruit de connexions neuronales et non pas de l’organe poitrinaire.

On peut se tromper, mais pas circonvenir. On peut aussi malheureusement, soi-même, véhiculer la rumeur. On peut enfin critiquer, juger, tenter d’assassiner. Ne restent, au final, que deux obligations : celle de la reconnaissance de l’erreur et de la supériorité hiérarchique des tripes sur le miroir.

18:43 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

06/06/2011

S&G

Simon & Garfunkel, Madison Square Garden, 2009. Sound of Silence. 1’09’’

Ils finiront par disparaître. L’un avant l’autre ou l’autre après, mais qu’importe. ‘’Ils ne s’aimaient plus’’ racontait la rumeur. Je n’en sais rien. A en croire leurs yeux, les vieux amants ne se quittent jamais.

Certains sûrement parieront sur un retour marketing. Qu’importe encore. Au final, ne restera qu’une chanson. Emblématique, évocatrice, réminiscence de ce qu’on aura bien souhaité lui attacher. Une chanson. Une simple chanson. Mais écrite à deux.

 

21:22 Publié dans Rien | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook