04/06/2011

Magenta

photo-1.JPGDes corps si lourds. Même la gravité paraît agréable. Les verres sont vides et les bouches sèches. Quelques traces de vin aux commissures de lèvres, preuve tangible de l’acte. Quel acte ?

La noyade. Pour mieux oublier. Elle avale la vie pour se remplir. On aimerait lui dire, à elle, à lui ou un autre, mais on n’y arrive pas. Tout simplement pas.

Ce bruit si dense n’est plus celui des basses, mais celui du pouls sur une tempe. La sienne. Les corps se dégagent, s’éloignent et glissent lentement. Il aurait rêvé la lumière chaude, elle sera blafarde. Sa peau n’était pas blême, ses yeux, par contre, étaient vitreux.

Instant suspendu dans le temps, érection épidermique et afflux capillaire. Ni morsure de l’aube, ni brûlure de l’âme. L’hypocrite sentiment de se perdre à deux. Pour un lambeau de peau, pour un bout de vie. Une sensation furtive d’existence. Celle-là même qui avait déjà tant pris. Sans prévenir, ni laisser de numéro.

 

Elle ne lui laissera pas, pour autant, le sien.

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