03/06/2011

Isabel Rochat: la drogue est sa priorité

test-de-rorschach-2.jpgPolaroïd 14 : 09

Isabel Rochat annonce la couleur ce matin dans le 20 minutes : sa priorité ? C’est la lutte contre la drogue. C’est bien.

J’aurais répondu la lutte contre l’insécurité, même si c'est vrai, je ne suis pas magistrat. Puisqu’en toute évidence, ce n’est pas directement la drogue qui inquiète le citoyen genevois, mais bien ses conséquences. Je m’étonnais et m’étonne toujours du traitement médiatique de ces deux corps retrouvés au parc Geisendorf. Qu’en disaient-ils, ces médias ? Que cela faisait ‘’tache’’, que les écoles se situaient à proximité, et que ce père allait changer ses filles d’établissement. C’est vrai, au final, on s’en fout de savoir si tu te drogues. Que tu crèves aussi, mais pas près de chez moi, merci. Un peu comme construire un éco-quartier à Plan-les-Ouates.

Bon, je ne dis pas que moi aussi, je n’irai pas m’insurger à la porte du département de la ‘’Sécurité’’ (parce que l’environnement est définitivement accessoire), si mes enfants étaient susceptibles de croiser des cadavres, des seringues et des gens sans dents. Ça fait tache.

Ce matin donc, et sous la plume de mon confrère Raphaël Leroy, la magistrate ‘’fait le point’’. Ne me méprenez pas, j’apprécie le courage de la ministre, dont l’ancien président du parti libéral disait qu’ ’’avec elle, Genève aura au moins un homme au gouvernement’’. C’est juste que je n’arrive pas à la croire. Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Meilleure coordination entre la police et les gardes-frontières ? Quels gardes-frontières ? Quels moyens ? Quel budget ? Combien ?

Vidéosurveillance ? Une étude est en cours. A en croire Isabel Rochat, les études et les consultations sont ses outils de gouvernance. Comme s’il fallait obtenir l’approbation de la population pour agir. Comme s’il fallait des études et des consultations pour savoir ce qui préoccupent les genevois.

Renvoyer les dealers ? Comment ? Avec quels accords d’extradition ?

Je n’arrive pas à la croire, elle ne me convainc pas. Sentiment totalement subjectif qu’elle ne peut qu’améliorer, ici et là, quelques détails. L’esthétique. Je ne doute pas de sa volonté, je crains seulement que sa marge de manœuvre soit limitée à faire appel à une entreprise de communication. Et des espoirs. Je dois me tromper, c'est sûr.

Commentaires

Evidemment, notre police fait déjà a mon avis le maximum dans le cadre juridique qui est et avec les moyens qu'elle a ... sa cheffe ne peut que faire de la communication et motiver ses troupes à ... se raser.

Écrit par : djinius | 03/06/2011

Il est vrai que l'ancien chef des stups de la police genevoise, Louis Demartin avait une réputation internationale !

Écrit par : Corto | 03/06/2011

Pertinente analyse M. Olivier.

En ma qualité de citoyen, j'ai l'impression que la présidente du DSPE compte sur une certaine longévité politique pour agir, ce qui à ce jour est loin d'être une certitude.

A l'entendre, on pourrait croire que son premier mandat est consacré à l'étude, à l'apprentissage, à l'observation, au dégagement des priorités. Quatre ans pour comprendre mais surtout s'imposer à la tête du département, pour maîtriser la patate chaude.

A n'en pas douter qu'il y aura probablement un effet d'annonce l'année prochaine, qui servira de bilan en préparation des futures élections, juste pour viser un second mandat.

Ce deuxième mandat pourrait, je dis bien pourrait, être celui des décisions qui fâchent, des têtes qui tombent ou qui changent dans l'ensemble du département. Il pourrait aussi être celui de la présentation, de la préparation et de la mise en place d'une nouvelle police, composée de simples fonctionnaires qui seraient rentrés dans le rang, dans une entité vue sous un angle politique issu de quatre années de réflexion, mais sans véritable identification avec les attentes et les besoins des hommes de rue, qui ne sont là que pour obéir, car les écouter c'est bien, les entendre c'est mieux.

Viendrait aussi, dans la continuité car il faut du temps au temps, un troisième mandat qui verrait aboutir ou s'écrouler ce trop long travail qui n'aura pas, dans l'urgence des besoins, répondu aux attentes de la population.

Douze années de gouvernance, durant lesquelles les chiffres et les statistiques seront venus troubler cette quiétude opaque qui dissimule l'insécurité.

Le mieux n'est-il pas l'ennemi du bien ?

Walter Schlechten, habitant de La Croix-de-Rozon.

Écrit par : Walter SCHLECHTEN | 04/06/2011

@ Walter SCHLECHTEN,

C’est juste bien vu cette amusante et pertinente vision de ce qu’est la priorité de cette brave dame.
En filigrane, on peut y voir qu’elle a une façon judicieuse d’interpréter et de mettre au premier plan l’aspect sécuritaire de sa fonction. La sécurité de son emploi, bien entendu.

Écrit par : Benoît Marquis | 04/06/2011

"J’aurais répondu la lutte contre l’insécurité, même si c'est vrai, je ne suis pas magistrat. Puisqu’en toute évidence, ce n’est pas directement la drogue qui inquiète le citoyen genevois, mais bien ses conséquences."

C'est évident.

Voilà des lustres que l'on mène à travers le monde une lutte contre le trafic de drogue. Avec quels résultats ? Aucun. On trouve tout ce que l'on veut. Les USA consomment, par habitant, plus de marijuana que les néerlandais. Le Tribunal criminel de la ville de New-york croule sous les consommateurs de marijuana, passibles d'amende, lesquels ont été, il est vrai, battu ces dernières années par les consommateurs d'alcool sur la voie publique. Les drogues se démocratisent, se multiplient. Echec sut toute la ligne. Sauf pour les trafiquants qui se sont enrichis démesurément, qui ont recyclés leur bénéfice dans toute l'économie et le système politique, qui profitent d'un système que l'on dirait inventé pour eux : une répression qui maintient les prix tout en n'empêchant pas la vente. Le système répressif est objectivement complice.

Quelles conclusions en tirer sur le plan local ? Pourquoi consacrer le temps compté des forces de police surchargées à pourchasser le dealer où qu'il se trouve. Pourquoi aider en ce faisant les trafiquants ? Il faut lutter contre les conséquences en matière de sécurité et c'est tout. Il faut tacitement réglementer mais ne plus prohiber activement à tout va, sauf si on tombe par hasard dessus.

A côté de cela, il faut prévenir, il faut éduquer et il faut se concentrer sur la préservation des jeunes. Et il faut raisonnablement aider.

Comprenez-moi un monde sans drogue c'est mieux, mais c'est illusoire. Interdire la prostitution, la drogue, l'alcool ça ne marche pas.

Écrit par : CEDH | 04/06/2011

Walter, parlez-nous de Louis Demartin, le connaissiez-vous personnellement ?

Écrit par : Corto | 04/06/2011

Monsieur Schlechten, ancien président de l'UCPG, syndicat de la police cantonale genevoise en uniforme pour faire simple, nous a fait savoir que selon lui :

"Il pourrait aussi être celui de la présentation, de la préparation et de la mise en place d'une nouvelle police, composée de simples fonctionnaires qui seraient rentrés dans le rang,.."

Et bien cela serait une bonne chose. Les gendarmes sont des fonctionnaires. Ô combien utiles certes, mais des fonctionnaires comme tout les fonctionnaires et dont le salaire est adapté aux conditions de travail si l'on tient compte des faibles exigences en matière de formation pour postuler à la fonction. Mais il est aussi dans la société d'autre personnes Ô combien utiles. Par exemple, les électriciens. Pas d'électriciens dans le secteur haute tension, plus d'économie genevoise.

Rentrés dans le rang.

Il serait temps, en effet, qu'ils rentrent dans le rang. Qu'ils arrêtent de donner de vouloir donner des ordres aux pouvoirs politiques, législatifs et exécutifs, ou au pouvoir judiciaire, démocratiquement élus et seulement pour quelques années. Les élus ne sont pas nommés à vie par cooptation, eux ! Que les chefs successifs de leur syndicat cessent de tenir des propos intolérables. Qu'ils arrêtent de faire des grèves illégales, illégales dans les moyens d'action, mais aussi au fond, puisque à l'appui de revendications politiques et non de revendications syndicales.

Tout mettre sur le dos du politique, c'est trop facile.

Je crains que le temps soit venu de constater que la gendarmerie, puisqu'il s'agit d'elle, ne peut plus être réformée. Qu'il faut créer un nouveau corps de police en uniforme, formé de policiers à recruter sur des critères plus exigeants. Cela aura l'avantage de ne plus faire fuir les bons candidats, effrayés par la mentalité régnant au sein de la gendarmerie, et de ne pas attirer les cinglés du flingue et autres semi illettrés qui se bousculent au portillon pour devenir gendarme aujourd'hui et que l'on élimine tant bien que mal. Et que l'on ne vienne pas me dire que l'inculture est nécessaire au gendarme pour être proche de la population, à ce rythme là, les enseignants et les médecins dès lors qu'ils doivent aussi être proche de la population, devraient être recrutés à la sortie du cycle d'orientation. Et bien sûr ceux des gendarmes qui sont aptes à rejoindre ce nouveau corps de police -et qui le veulent- doivent le pouvoir. D'ailleurs, il en est beaucoup, mais évidemment loin du syndicat auquel ils appartiennent nominalement.

Le politique n'y est pas pour rien. Sa faiblesse, sa pusillanimité, du Grand Conseil au Conseil d'Etat, mettent en danger la population. Il faudra bien un jour crever l'abcès.

Écrit par : CEDH | 04/06/2011

Walter ne semble pas apprécier le fait que je lui rappel le souvenir d'un collègue syndiqué !

Écrit par : Corto | 05/06/2011

Les commentaires sont fermés.